DEUX VERS D'ALCÉE
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(ÂLCÉE, éd. Btifgk.)
Quel était ton désir et ta crainte secrète?
Quoi ! le vœu de ton cœur, ta Muse trop discrète
Rougit-elle de Texprimer?
Alcée, on reconnaît l'amour à ce langage.
Sapho feint vainement que ton discours l'outrage,
Sapho sait que tu vas l'aimer.
Tu l'entendais chanter, tu la voyais sourire, La fille de Lesbos, Sapho qui sur sa lyre
Répandit sa grâce et ses feux.
Sa voix te trouble, Alcée, et son regard t'enflamme ; Tandis que ses accents pénétraient dans ton âme,
Sa beauté ravissait tes yeux.
Que devint ton amour? L'heure qui le vit naître L'a-t-elle vu mourir? Vénus ailleurs peut-être
Emporta tes vœux fugitifs.
Mais le parfum du cœur jamais ne s'évapore ; Même après deux mille ans je le respire encore
Dans deux vers émus et craintifs.
LA ROp.
A HADAUE H...
Quand la rose s'entr'ouvre, heureuse d'être belle, De son premier regard elle enchante autour d'elle Et le bosquet natal et les airs et le jour.
Dès Taube elle sourit. La brise avec amour
Sur le buisson la berce, et sa jeune aile errante Se charge en la touchant d'une odeur enivrante ; Confiante, la fleur livre à toiis son trésor. Pour la mieux respirer en passant on s'incline ; Nous sommes déjà loin, mais la senteur divine Se répand sur nos pas et nous parfume encor.