‹ Contes et romans alsaciensChapitre 23 sur 42 · L'EXILE · texte numérisé non relu

L'EXILE

Tout est resté Français de cœur et d'espérance ! Croyez-moi bien, Laurent, à part quelques bandits Dont les noms parmi nous seront toujours maudits, Tout se redresserait à l'appel de la France. Mais quand entendrons-nous le cri de délivrance?...

Quand, du fond des vallons remontant jusqu'à nous. Le tonnerre lointain dira-t-il : «Levez-vous!... «LaFrance arrive!... .\llons, courez à sa rencontre.. ' Voici vos exilés... Debout!... Levez-vous tous... 1 Que tout cœur patriote à cet instant se montre... »

Oui, quand ?... En attendant, l'ennemi sous sa main Nous courbe jusqu'à terre et quelquefois nous brise, Et sa plus grande force est ce qui vous divise ! Vos luttes de partis font rire le Germain; U compte en proGter pour prendre le chemin

De la Champagne, ou bien de la riche Bourgogne, Et vous les arracher peut-être en quelques jours ! A quoi vous serviront alors tous les discours

De votre ordre moral et sa triste besogne"?... La France ne sera qu'une grande Pologne.

Ah ! que vous seriez forts, si vous étiez unis Dans l'amour de la France et de la République; Si vous ne pensiez tous qu'à la chose publique, .\ vos frères captifs, à vos drapeaux ternis... Les rêves du Teuton seraient bientôt finis.

Mais avant la patrie, on met ses privilèges.

Son roi, son prétendant, ou son ambition...

On pousse le pays à la division,

Quand les gens de Bismarck, embusqués dans leurs

Le fusil à la main, guettent l'occasion ! » [pièges.

Ainsi parla le juif. Et puis dans le silence Nous retombâmes tous, rêvant à nos malheurs, A l'Alsace-Lorraine... à notre décadence... A la grandeur passée !... et criant dans nos cœurs : «Français, unissons-nous!... Français, sauvons la

[France!...»

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