Ce martyre est conservé dans un vol. du Vatican
3. De ce martyre Ton n'a plus en copte qu'un fragment qui se trouve au musée Borgia de la Propagande.
4. Le martyre de Théodore est perdu ; celui de Basilide est conservé dans les ms. du Vatican.
5. Ces deux martyrs, d'ailleurs inconnus, se nommaient eu réalité Phoibamon. L'arabe donne la prononciation
• 6. On a vu plus haut ce qu'était Colluthus. Les martyrs d'Akhmim sont fort célèbres; leurs actes existent encore en arabe.
méchanceté, j'ai avant tout cherché à tenter Satan. Serait-ce suffisant pour compenser le sang des maTtyrs d'Esneh • dont le nombre est connu de Dieu seul? et surtout celui de monseigneur le saint, le pur, le pasteur fidèle, le père vierge, le grand martyr, l'évêque respectable, anba Ammonios, leur père sublime, le maître d'une belle vieillesse qui m'a devancé dans la mort et m'a annoncé la couronne de la vie? Il m'a dit en effet • • Certainement, ô Arien, tu sauras'ce que c'est que la bonne récompense qu'obtiendront les chrétiens ! ■ Et mot qui pensais tire sage et qui le regardais comme un ignorant, je l'ai tué sans pitié, ni crainte! El combien d'autres évèques n'ai-je pas fait mettre à mort, comme notre père anba Psoti et Callinicos ', les deux grands évoques du Sahid ! combien d'hégoumènes, ue prêtres, de diacres ai-je tués et brûlés! que dé soldats noyés dans le fleuve! En vérité mon sang ne suffira pas pour compenser le sang âe tant de martyrs! Mais j'ai entendu
i A en juger parle Sjnaxare, il y eut à Esneli une ïérilablc boucherie. Il ne reste plus que l'abrégé des Actes. : 2. Psc-ti 1 est connu par le martyr de Claude et par sa lt genifevQiUinta, Callinicos, je .n'ai pas de deuils sur ses acles.
dire que mon ban Sauveur et mon Seigneur pitoyable a vraiment versé son sang pour racheter le monde entier, surtout les pécheurs tels que moi ; j'ai entendu dans l'É* vangile qu'il a dit : • Je ne suis pas venu pour appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence ; » j'ai entendu aussi qu'il a dit : ■ Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et livrer sa vie pour un grand nombre. » J'ai entendu dire encore que le Fils de l'homme n'est venu sur terre que pour chercher et sauver celui qui, comme moi, s'est égaré ; par sa miséricorde, il s'est abaissé jusqu'à revêtir la nature humaine ; il s'est nommé le Fils de l'homme pour me sauver, moi pécheur, des séductions dans lesquelles je suis captif. J'ai appris qu'il y aura dans le ciel plus de joie pour un pécheur qui fait pénitence que pour quatrevingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence. J'ai entendu dire aussi que le Seigneur se réjouit davantage au sujet d'un pécheur qui se repent qu'au sujet des Anges.
J'ai entendu dire que le bon larron, crucifié à la droite de Jésus le Christ, avait les mains teintes de sang; mais, comme il confessa notre bon Sauveur sur la croix et crut en lui.
il fut rendu digne du Paradis et ne reçut aucun reproche de ses péchés précédents.
J'ai entendu raconter que le gouverneur romain Ponce-Pilate, qui prit part au crucifiement de Notre Seigneur, se convenir, crut et fut un martyr agréable à Dieu '. On raconte aussi que le soldat Longin qui, de sa lance, ouvrit le côté du Sauveur, renonça au culte des idoles, se convertit, fit pénitence et crut Le Seigneur ne lui dit rien de tout ce qu'il avait fait ; son corps fut guéri de la maladie .qu'il avait contractée et lorsqu'on trouva sa tète, elle guérit toutes Ses maladies *. J'ai entendu raconter que Saul, nommé ensuite Paul, qui détestait l'Eglise de Dieu et persécutait les chrétiens, qu'il su convertit à la foi : rien ne lui fut compté de tout ce qu'il avait fait, parce qu'il avait agi par ignorance. J'ai entendu raconter entin qu'un grand nombre d'hommes avaient fait
i. On voit que les légendes égyptiennes sur Pilale ne ressemblent pas à celles de l'Occident qui font comparaître Pilale devant Tibère, le disgracient et finalement le prfej pilent du haut d'une montagne des Alpes, qui en a con-
i. Cette légende de Longin est peu connue ; mais die
pénitence, avaient cru, 's'étaient réjouis dans le salùt des faveurs célestes : leur mémoire est devenue éternelle sur la terre, un siècle après l'autre '.Je me lèverai donc maintenant pour aller mourir au nom de Notre Seigneur qui a livré son âme pour nous ; je me lèverai pour aller laver mes" péchés dans mon sang, et je suis sûr que les martyrs que i'ài fait mettre à mort se réjoufront à mon sujet; car ils n'ont point de haine contre moi à cause du grand bonheur dont ils jouissent.
Je me lèverai pour aller travailler à la vigne du Seigneur Sabaoth pendant une heure dont le salaire me sera payé, grâce à sa miséricorde et à sa pitié, autant qu'à ceux qui ont travaillé toute la journée. Car j'ai appris qu'il avait donné un salaire égal aux premiers et aux derniers. On m'a appris que le prophète Ezéchiel a dit que le Seigneur reçoit la pénitence du pécheur, même une . heure, avant sa mort. Or, mon Dieu connaît mes remords, il prendra pitié de moi, car il sonde les cœurs et connaît les choses avant quelles existent. Voici Ja porte de la miséricorde ou-
1 . C'est-à-dire dans tous les siècles qui se succéderont, tant que la terre subsistera.
Verte devant les pécheurs, qui m'empêcherait d'y entrer ? Voici le combat qui commence, qui m'empêcherait de me jeter dans la mêlée? Voici l'eau, qui m'empêcherait de m'y faire baptiser? Voici les couronnes toutes préparées, qui m'empêcherait de m'avancer pour ceindre la mienne ? Comment ont fait mes nombreux soldats qui n'étaient que de méchantes gens ? En reconnaissant la véritô, ils ont cru en le Seigneur le Messie, la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde et brillera éternellement. C'est ainsi que mes gardes sont devenus martyrs, lorsqu'ils ont vu la vérité dont on ne peut douter, ainsi qu'il est écrit : « C'est en ta lumière, ô Seigneur, que nous voyons toute lumière! • Il n'y a pas jusqu'aux musicien; et aux chanteurs, comme Philémon et Apollonius qui, lorsqu'on leur a eu enlevé le voile qui les maintenait dans l'ignorance et l'aveuglement, n'aient reconnu la vérité et ne soient devenus martyrs pour le nom du Messie et dont le sang pur n'ait été utt rtmède, pour mon œil à moi que mon erreur et l'aveuglement de mon cœur rendaient misérable ! à moi qui suis resté dans l'erreur. L'infidélité et l'adoration des idoles! à moi
gZ CONTES ET ROMANS d'ÉGYPTE
qui ai adoré les étoiles du ciel, les esprits des constellations, les éléments des. choses, c'est-* à-dire l'eau, le feu, la terre et l'argile ', l'or, l'argent, les pierreries, le bois! J'ai placé toutes ces choses aux lieu et place du Créa-* teur qui a fait exister tous les êtres des temps anciens et qui les fait passer de l'existence au néant a . J'ai obéi à Dioclétien, le fils de Satan, séjour et domicile de l'ennemi que Dieu a perdu ; qui a bu le poison de l'antique serpent, qui est devenu fils de Satan et une proie pour la géhenne, qui restera maudit de ma propre bouche et de la bouche de tous les hommes. Quant à moi, j'espère obtenir la miséricorde de Dieu en mourant pour son saint nom» et je dirai avec le prophète David ; « Ne te rappelle pas, ô Sei-
i. Le brave auteur n'était pas très fort philosophe et ne connaissait pas les quatre éléments. On pourrait supposer, qu'il y a eu faute du copiste, mais la mention de l'argile est tout à fait dans les idées égyptiennes. C'est avec de Pargtle que l'homme était façonné sur un tour à potier par le créateur. L'argile était considéré de ce chef comme une >
toute autre matière que la terre ordinaire qui avait pu ser vir à fabriquer les autres choses ; mais non l'homme.
2. Il ne faudrait pas comprendre ce mot néant dans le sens ordinaire que nous y attachons. Il signifie simplement la mort.
MARTYRE D'ARIEN ç3
gneur, les péchés de ma Jeunesse et de mon ignorance ! » Je dirai encore : • Que ta miséricorde me comble, ô Seigneur, ainsi que ta bonté, selon ta parole! • Alors h ceux qui me reprocheront ma conversion je répondrai que je me suis fié en ta parole; n'enlève donc point de ma bouche la parole de vérité, car je compte sur tes jugements. Je dirai encore : « Agis, ô Seigneur, selon ta parole,' inspire-moi de l'honnêteté, la connaissance de ton affabilité, car j'ai cru en tes commandements : tu es bon, ô Seigneur, et c'est par ta bonté que j'ai appris à connaître ta justice •• ».
En prononçant ces paroles, le gouverneur Arien avait le cœur droit : dès lors il ne tourmenta plus personne parmi les chrétiens. Il fit élargir tous ceux qui avaient été emprisonnés pour le nom du Seigneur le Messie, il crut avec pureté de cœur. Lorsque cette nouvelle parvint à Dioclétien, celui-ci l'envoya chercher et lui demanda
. i. Malgré la grande éruditipn dont Arien fait preuve dans ce long monologue, on ne saurait vraiment s'empêcher de le trouver un peu long; mais un semblable thème ne se rencontrait pas souvent et Fauteur pouvait y faire paraître toute sa virtuosité.
quelle cause l'avait fait renoncer à l'adoration lies idoles. Arienne mit à lui raconter les prodiges et les merveilles accomplis par les saints martyrs : comment ils avaient été tourmentés, avaient eu les membres coupés et étaient revenus à la santé; comment, entre autres, quelques-uns étaient morts et avaient été ressuscites par Dieu après leur trépas. A d'autres auxquels lui, Arien, avait arraché les yeux. Dieu les avait rendus.
Non seulement ils se guérissaient eux-mê> mes, mais ils guérissaient encore les malades, ouvraient les yeux des aveugles, .faisaient marcher les boiteux, parler, les muets, entendre les sourds, par la vertu du Dieu du ciel.
Ce récit fit mettre Dioclétien en colère. Il ordonna de lui faire endurer de grands tourments, de le jeter dans un puits et de combler le puits afin qu'il en mourût. Mais le Seigneur le Messie envoya son ange qui enleva le gouverneur de ce puits et le plaça près du lit du Diotlétien l'infidèle, au milieu du palais. Le roi se réveilla de son sommeil, et lorsqu'il vit Arien, il fut rempli de trem* blement. Mais Arien lui dit : • Ne crains Arien. Le Seigneur