‹ Contes et romans de l'Égypte chrétienneChapitre 31 sur 40 · TOME II. II · texte numérisé non relu

TOME II. II

saint criait : « O tribunal, tribunal, je viens à toi, à toi et à ton Apollon, moi et mon Seigneur Jésus le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Alors voici qu'une femme, nommée Scholastique, s'écria vers le saint Georges, le martyr du Christ, en disant: « Mon seigneur Georges, mon fils conduisait son bœuf dans les champs, le bœuf est tombé et il est mort. Viens au secours de ma pauvreté. Je- sais, mon Seigneur, que Dieu peut le faire par ton entremise. » — Le saint lui dit : « Prends cette baguette de ma main, va dans le champ, place-la sur le cou du taureau et dis : Voici ce que dit le saint Georges : « Au nom de Jésus le Christ, lève-toi, tiens-toi debout. » Quant à la femme, elle fit ce qu'il lui avait dit ; le bœuf se leva au moment même. La femme rendit gloire à Dieu en disant : « Bénie soit l'heure où tu es venu dans cette ville ! Vraiment tu es un prophète et le Seigneur a visité son peuple ! »

Tatien envoya de nouveau chercher le martyr. Mais lorsque le roi Trakîali fut arrivé, il dit : • Georges, les bois desséchés qui ont poussé, nous ne savons pas au juste si c'est ton Dieu qui les a fait pousser, ou- si ce sont nos dieux; mais voici un tombeau, ap<«

MARTYRE DE SAINT GEORGES [<i

proche-toi de la pierre par où l'on entre pour déposer les morts, personne ne connaît le chemin ni l'ouverture ' ; si, par tes prières, les ossements de ceux qui sont morts ressuscitent, par mon seigneur le Soleil, par la Lune et par Artémis, la mère des dieux, je croirai moi aussi en ton Dieu et je me ferai chrétien. » — Le bienheureux Georges répondit en disant : • Qu'est-ce que cette parole que j'ai entendue dans l'Évangile disant : • Si vous avez de la foi gros comme un grain de sénevé et que vous disiez à cette montagne : Ote-toi d'ici ; rien ne vous est impossible? Lève-toi donc avec le roi Tatien et les autres rois d'Egypte *, allez, ouvrez la porte du tombeau, sortez les ossements des morts qui se sont corrompus, les cendres de ceu\ qui sont morts, apportez-les ici. • Aussitôt trois rois se rendirent au tombeau, ils en o. . -

l'utilité; de plus, «Ile est en contradiction avec ce qui suit, à moins de comprendre que les rois-seuls connaissaient la patte du tombeau ,

i. L'auteur oublie que la scène de son roman se trouve en Perse et il parle comme si le récit se passait =n Égjple. C'est une bonne preuve que l'œuvre est egyp-

vrirent la porte, ils ne trouvèrent en dedans aucun cadavre de' mort '. 'Ils sortirent les ossements qu'ils trouvèrent, ils les apportèrent au saint Georges. Alors le saint Georges se jeta à genoux ; il pria pendant une heure environ. Comme il finissait Tamen, il y eut un grand tremblement et des éclairs de feu brillèrent sur ces ossements. Aussitôt il en sortit cinq hommes, neuf femmes et dix petits enfants. Quand ils virent ce qui avait eu lieu, les rois furent dans rétonnement. Alors les rois appelèrent l'un «de ceux-qui étaient ressuscites d'entre les morts, ils lui dirent : « Quel est ton nom? — Celui qui était ressuscité d'entre les morts priula parole en disant : « Joubînnem, voilà mon nom. » — Le roi lui dit : « Combien y a-t-il d'années que tu esmort ?» — Il lui répondit : « Plus de deux cents années a . • Le roi lui dit: « Est-ce que dans ce temps-là le Christ était venu au monde, oui ou non? » — Celui qui était ressuscité d'entre les morts dit : « Je ne le pense

1 . Le texte doit être corrompu, car ce qui suit est contradictoire.

2. Il y a ici corruption du texte dans un mss. car il porte six ans, le même chiffre se trouve répété plus -loi» et l'autre mss. donne deux cents ans.

pas, [car je n'ai jamais entendu dire qu'il étail venu. . — Tatlen lui dit : ■ En quel dieu croyais-tu? » — Celui qui était ressuscité lui dit : a Ne me force pas à le dire, ô roi, car je rougis de dire en quel dieu je croyais. Je croyais en un dieu qu'on nommait Apollon, un insensé, sourd, muet, aveugle. Lorsque . j'eus abandonné l'existence mauvaise de cette vie, je vécus dans ces chemins qui conduisent au fleuve du feu, jusqu'à ce que j'y fusse parvenu ; c'est là que se trouve le »| q"i ne se repose jamais. Est-ce que tu n'as pas entendu lire les Écritures des chrétiens où il est 'dit: Tu as pensé à moi dans ce jour de crainte, dans ce lieu où il n'y a. nul secours, mais la stupéfaction et la terreur, où il n'y a nulle miséricorde, où l'on ne persuade pas le cœur du juge, mais où les choses qu'on a faites sont placées devant les yeux de chacun. Alors le juge prend la parole et dît : • Apprends à chacun de nous cette chose, afin que je donne à chacun selon ses œuvres. • Ecoute ce que je te vais dire, roi! Tout homme qui viendra sur latent et qui confessera celui qu'on a crucifié, c'est à-dire le Christ, quand il aurait sur son corps

une foule de péchés, quand il sort de ce monde mauvais, on le met dans les fers à cause de ses péchés ; mais le dimanche on lui donne repos, car le Seigneur Jésus inspecte les supplices le jour du dimanche. Mais à moi, l'on ne me donne aucun repos, pas même le* dimanche, parce que je n'ai pas confessé sa Seigneurie pendant que j'étais sur la terre. Comment en effet l'aurions-nous confessé lorsque nous honorions des idoles et des statues sans le moindre mouvement? • — Le roi prit la parole et lui dit : « Ton cœur n'a-t-il jamais été traité avec indulgence pendant ces deux cents années entières? » — Alors celui qui était ressuscité d'entre les morts regarda le saint Georges, il lui dit : « Mon seigneur, ô saint martyr du Christ, nous t'en prions, donne-nous le saint baptême du Christ, afin qu'on ne nous jette pas de nouveau dans les tourments où nous sommes. »

Lorsque le saint Georges vit leur foi, il frappa la terre du pied; il en jaillit de l'eau et il leur conféra le baptême au nom du PèTe, du Fils et. du Saint-Esprit. Il leur dit : « Allez en paix au Paradis. » Aussitôt ils disparurent, personne ne les vit plus, et le roi resta stupéfait une heure environ. Les rois qui étaient avec lui prirent la parole et lui dirent : « Cet

homme est un enchanteur. Par ses sortilèges il a fait se tenir debout des démons en notre présence et il a dit : • J'ai ressuscite des morts. Moi aussi désormais ■ je mépriserai toute la race des chrétiens, e

Le roi donna un ordre et dit : « Choisissez-moi une veuve si pauvre qu'il n'y en ait point d'aussi pauvre qu'elle, » On chercha par la ville, on lui trouva une femme veuve et pauvre, on fit entrer de force le juste chez elle, car le roi voulait déshonorer les chrétiens. Lorsqu'on eut fait entrer le saint dans la maison de la veuve, il lut dit : o Donnemoi un peu de pain, car en vérité j'ai faim. ™ — La pauvre femme veuve prît la parole et dit : • Il n'y a point de pain dans ma maison à moi, mon seigneur. » — Le saint lui dit : o En quel dieu croîs-tu donc, qu'il n'y a point de pain dans ta maison ? » — La femme lui dit : « Je crois en Apollon et en Héraclès, les grands dieux des rois. ■ — Le saint Georges lui dit : <■ Vraimentl alors ce ne sont pas de vrais Dieux, s'il n'y a point de pain en ta

maison. ». Lorsque la femme, l'eut regardé au visage, elle vit que [sa figure ressemblait à celle.d'un ange du Seigneur, elle se dit en elle-même : « J'irai. chercher du pain chez mes seigneur et mes voisins pour le placer devant cet homme de.Dieu : peut-être, comme il est entré dans ma mison, trpuverai-je grâce près de mes voisins! » Or^ il arriva, comme la pauvre femme était sortie, que le saint s'assit à la base, d'une colonne de bois qui se trouvait en la .maison. Aussitôt là colonne prit, racine, poussa des branches et devint un grand arbre; l'arbre dépassa de. quinze coudées la hauteur de la.. maison. Puis voici que l'archange Michel lui apporta une table couverte de toutes les. bonnes choses. Le saint Georges mangea et se réconforta. La table était encore couverte de pain et de toutes les bonnes choses, lorsque la pauvre femme veuve rentra dans, sa maison : elle, vit de grands prodiges, une. table dresséeet couverte de toutes les bonnes choses, une colonne qui avait pris racine, quoiqu'elle ne fût qu'un morceau de bois desséché. Elle se dit en son cœur: « Le Dieu des chrétiens s'est souvenu de ma pauvreté, à moi qui suis veuve; il a envoyé son martyr en ma maison à moi qui suis qu'une

malheureuse veuve, atin que ce saint vînt à mon secours, » Aussitôt elle tomba aux pieds du saint, elle l'adora. Le saint Georges lui adressa la parole en disant :■« Lève-toi, tiens toi debout sur tes pieds : je ne suis pas le Dieu des chrétiens, je ne suis que son serviteur. J'ai souffert pour son saint nom. > — La femme lui dit encore : Mon Seigneur, si j'ai trouve grâce devant toi, accorde-moi d'oser prononcer une. parole en ta présence. — Le saint Georges lui dit :

.« Parle. » — La femme lui dit : ■ Mon Seigneur, j'ai un jeune garçon qui est en ses L neuf ans ; il est aveugle, sourd, muet et -boiteux. J'ai honte de le faire voir à mes voisins. :Si tu fais qu'il voie, qu'il entende .et qu'il, parle, je croirai moi aussi en ton -Dieu. • — Le saint répondit en disant :' « Amène-moi l'enfant ici. » Alors du troisième étage de sa maison, :elle lui amena l'enfant et le fit asseoir sur les genoux du juste. Le saint Georges restait tranquille et l'enfant était sur ses genoux. Le saint lui souffla au visage; des yeux de l'enfant, il tomba des écailles et il vit aussitôt de ses propres yeux. La femme dit au. saint :

« Mon Seigneur, je l'en supplie qu'il parle,

qu'il entende de ses oreilles, qu'il se lève, qu'il marche sur ses pieds. » — Le saint Georges lui dit : « Femme, cela suffit pour le moment; quand j'aurai besoin de lui pour me faire servir, je l'appellerai, il entendra ma voix, il marchera, il me répondra. » La femme ne put lui répondre une seule parole, car elle voyait que son visage était comme le visage d'un ange de Dieu.

Alors le roi infidèle et impie, Tatien, et les soixante-dix-neuf autres rois qui étaient avec lui, lorsqu'ils furent sortis de leur souper, se promenèrent par les places de la ville. Lorsque le dragon de l'abîme, le roi Tatien, leva les yeux, il vit l'arbre qui avait poussé, grâce au juste; il dit à ses officiers : « Voici un spectacle nouveau ! cet arbre n'estil pas un figuier ? « — Ils lui racontèrent la chose et lui dirent : « C'est ainsi que l'a fait pousser le saint Georges, le grand serviteur du Galiléen. » Le roi ordonna qu'on allât le chercher, qu'on l'amenât en sa présence, qu'on le frappât à coups de nerfs de bœuf, sans pitié, de manière à faire tomber ses chairs en lambeaux, qu'on lui brûlât les flancs avec une grande quantité de feu, qu'on lui mit un casque de feu sur la tête.

Ensuite il ordonna de le mettre à nu, de le fouetter, de remplir de feu des pots de fer, de les lui placer sur les flancs, de telle sorte qu'il rendît l'esprit. Le roi donna aussi l'ordre de prendre son corps, de le jeter sur une montagne élevée. Le dragon disait en son cœur ; « Les oiseaux du ciel viendront manger ses chairs. ■ Lors donc qu'on eut mené le corps du bienheureux sur la montagne que l'on appelait Siris, on le jeta en ce lieu et les serviteurs -s'en retournèrent. Lorsque les serviteurs du diable se furent éloignés de la montagne d'environ trente stades, il y eut du tonnerre et des e'clairs dans le ■ciel, si bien que la montagne entière trembla. Voici que le Seigneur arriva, monté - sur une nuée; il dit au saint Georges ; « Mon bon élu, lève-toi du sommeil. « Aussitôt le martyr du Christ se leva, il courut derrière les serviteurs, leur criant e( leur disant r « Attendez-moi un peu, que j'aille avec vous. * Les serviteurs, ayant regardé en arrière, virent le saint Georges qui coin après eux, Us rendirent gloire à Dieu, li.

jetèrent à ses pieds, ils le prièrent en disai Donne-nous à nous aussi, le sceau du Christ. » Le juste bienheureux, le suint

Georges, leur donna le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ils se présentèrent devant les rois impies, en criant tous . « Nous sommes chrétiens publiquement. » Alors les rois en furent remplis de stupéfaction et de crainte. Le roi Tatien ordonna d'aller chercher les serviteurs,- de les lui amener. L'un d'eux se* nommait Claudien; le roi ordonna qu'on lé crucifiât et qu'on exécutât sa sentence ; un autre que l'on appelait Laciri et Lacirien, le roi ordonna qu'on le-fît mourir par l'épée; on livra Glykon aux bêtes. •

Après cela, les rois ordonnèrent d'amener le saint Georges. Le roi Tatien' prit la parole, il lui dit : « Georges, par mon seigneur le soleil, par la lune, par les dieux et par leur mère Artémis, je te pardonne comme à mon fils bien-aimé; tout ce que tu : me demanderas, je te l'accorderai ; . seulement, obéis-moi comme à un père et consens simplement à. adorer les dieux. » — Le saint Georges lui répondit et lui dit.: «Je suis étonné des paroles que tu m'adresse maintenant. Ne les aviez-vous point avant ce jour? Pourquoi ne me les as-tu pas dites.

dès la première fois? Voici sept annéesen-

î SAINT GEORGES

«ères que tu trois fois, je suis mort et mon Seigneur Je.

sus le Christ m'a ressuscité; cependant ça n'est qu'aujourd'hui que je viens d'entendre desemblables paroles de ta bouche. Ne suistu pas, 6 roij que cette race des chrétiens est une race de gens qui aiment la contradiction, qui résistent à ceux qui les protègent. Mais maintenant que ta grandeur mu donne allégresse, j'offrirai un sacrifice à ion grand dieu Apollon, celui que tu aimes, d Lorsque le roiTatien entendit ces paroles, il 'se réjouit grandement, il saisit la tête du saint Georges pour la baiser. Le saint Georges l'arrêta de la main en disant : « Non, 6 roi, ce n'est pas l'habitude des Galiléens, s'il s n'ont pas d'abord adoré les dieux ; mais don ni. maintenant l'ordre qu'on me mette en prison jusqu'à demain. • — Le roi prit la parole, il lui dit : « Au ciel ne plaise, que je te fasse maintenant endurer quelque châtiment; quant aux tourments que je t'ai fait souffrir, pardonne-les moi, car j'ai agi envers toi par ignorance. Traite-moi comme un père. Vien ; maintenant, je t'introduirai dans la partie du palais où se trouve la reine Alexandii.

dans la chambre où elle repose, v Lorsque

CONTES RT ROUANS d'ÉC

le roi l'eut emmené, il lé fit entrer près de la reine Alexandra ; il ferma la porte sur eux. Le roi se retira, car c'était le soir. Alors le Mini (ieorges, ploya les genoux, il se mit à prier Dieu en disant : « O Dieu, mon Dieu,' il n'y a point de Dieu qui te ressemble : tu es le iJieu qui fait les prodiges. Pourquoi' les : nations ont-elles élevé la voii contre toi, elles peuples médité de vaines paroles ? Tons • les rois de la terre avec leurs magistrats sesont réunis à la fois dans un même lieu, ils ont parle contre le Seigneur et son Christ. ■

— La reine Alexandra prit la parole et dit Bu saint : « Mon Seigneur Georges, je t'entends avec plaisir et je désire que tu parles. QueUsontceux qui ont élevé la vois? Quels sont ceux qui ont médité? Quel est le Christ ? Enseigne-le moi, afin que je le connaisse. ■ :

— Le saint Georges prit la parole en disant :

" Puisque tu demandes à connaître le Christ, . écoute, ô Alexandra. Lorsque le Seigneur créa le ciel et la terre, lorsqu'il eut pris de. la tenc argileuse, il créa l'homme semblable à lui, à son image et à sa ressemblance.

Comme il avait fait de la chair avec de la.

terre, de même il en fit des nerfs, il en lit de. la peau, les organes de la vision, tous les

autres membres de l'homme. Il fit les yeux et les paupières, il fît une langue et une gorge, il fit des mains et tout ce qui entoure l'homme. Ce qui meurt n'est-il pas de tfl terre ? Dieu le Christ s'est revêtu de chair en la vierge sainte, Marie, et il s'est fait homme. C'est Dieu qui m'a ressuscité d'entre les morts pendant que j'endurais ces souffrances pour son saint nom, ainsi que pour son Père plein de bonté et l' Esprit-Sain t. C'est pour Adam. ô reine, que Dieu a fait le ciel, le soleil et In lune qui éclairent, les étoiles et tout le reste, i

— La reine répondit : ■ Explique-moi ces paroles. » — Le saint Georges lui dit : * C'est l'idolâtrie qui règne aujourd'hui dans le monde; on rend un culte aux idoles et non à Dieu ; on adore les œuvres des mains humaines, les idoles sans âme, on injurie le Créateur de toutes choses. » — La reine kn dit : ■ Les démons ne sont donc pas dieux ? t

— Le saint Georges lui dit : « Oui, ce sont des démons. » — La reine lui dit : « De quelle manière a été créé le monde ? » — Le saint Georges prit la parole, il lui dit : « Écoute-moi, ô reine Alexandra. Le prophète David dit: • O toi qui est assis sur les Chérubins, révèle-toi, montre ta puissance,

viens nous sauver; » il dit encore : « Il est descendu comme la pluie sur une toison, »

c'est-à-dire en la bienheureuse vierge Marie. D'un autre côté le prophète Habacuc, s'écrie en disant : • Seigneur, j'ai entendu ta voix et j'ai été rempli de crainte ; j'ai considéré tes œuvres et j'ai été dans la stupéfaction. » Lorsque le prophète disait ces paroles, en vérité il savait que le Seigneur Jésus le Christ descendrait dans le monde ; il craignit, il vit que Dieu s'était fait homme pour notre salut, pour nous sauver du diable, l'ennemi de toute vérité, qui a séduit ces quatre-vingts rois. » — La reine lui répondit : « Vraiment tu parles bien ; tu as persuadé à mon cœur que le Christ est le Dieu de toutes choses. Je t'en supplie, prie pour moi afin que du même coup l'erreur des idoles et celle des démons soient enlevées de mon cœur. » — Le saint Georges lui répondit et lui dit : « Si tu crois en celui que l'on a crucifié, Jésus le Christ, est-ce que quelque souillure des démons ne s'est point approchée de toi ? » — Elle répondit : «Je crois, mon Seigneur ; mais )!ai peur en présence du roi, car il est très méchant et dévore la chair comme les bêtes féroces.

Garde ce secret, ne le dis. à personne jusqu'à

ce que j'aie ceint la couronne du martyre dans le royaume du Christ, mon roi. Lais?

moi maintenant me reposer et dormir ji qu'à l'aurore, n

Lorsque le matin fut venu, le roi ordonna au héraut de crier par toute la ville en disant : * Assemblez-vous tous pour voir ce grand chef des Galile'ens qui doit adorer Apollon. - Le roi donna l'ordre de conduire le saint Georges au temple avec honneur, afin, dit-il, qu'un sacrifice fût offert par lui à Apollon Le saint Georges prit la parole, il dit aux serviteurs qui étaient allés le chercher : « Allez vers le roi; quant à moi, ainsi que les prêtres et les stratèges du temple, nous nous rendrons devant Apollon pour l'adorer. » Le héraut continuait de crier encore davantage.

pendant que les habitants de la ville, petits et grands, se rassemblaient pourvoir cespeccle. Lorsque la pauvre femme veuve, celle dont le saint avait guéri le fils qui avait recouvré la vue, entendit cette nouvelle, aussitôt elle se découvrît la tète, elle déchira ses e rendit à l'endroit où le saint :. EUe lui dit : «Toi qui ressuscites les morts, qui fais voir les aveugles de naissance, qui fais que des arbres desséchés et

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