C'est-à-dire les saints qui vont être nommés
3. C'est sans doute une allusion à l'incendie allumée par Phaéton, à moins que Fauteur ne veuille parler des mœurs infâmes prêtées à Apollon ; mais je crois la première allusion plus vraisemblable.
œuvres ont été mauvaises et qui ont été submergés dans les profondeurs de la mer? Dismoi, ô roi, lequel d'entre eux veux-tu imiter, Samuel qui prie Dieu ou Poséidon qui perd les vaisseaux sur la mer? Antée (?) et Hercule, ou les martyrs et les prophètes qui ont reçu la couronne céleste? Dis-moi, ô ici, laquelle tu veux imiter, Jézabelqui a tué les prophètes, ou la vierge Marie, la mère de mon Seigneur Jésus le Christ? Rougis, 6 roi!
ce ne sont pas des dieux que tu adores, mais de muettes statues. »
Comme le saint Georges disait ces paroles, le roi se mit en colère et donna l'ordre de le suspendre sur le chevalet, de le tourmenter jusqu'à ce que ses entrailles se répandissent à terre : et ensuite que quatre soldats l'é tendissent, le frappassent avec des nerfs de bœuf jusqu'à ce que les chairs de son corps tombassent à terre en morceaux. Il fit saupoudrer son corps de sel, il ht apporter des sacs de poils, afin qu'on y tourmentât son corps si bien que son sang coulât comme de l'eau. Mais le saint souffrait ces tourments avec patience. Le roi ordonna d 'apporter un brodequin de fer percé de trous.
Il fit enfoncer des clous dans la plante des TOME II. itr
pieds pour en faire jaillir le sang comme de l'eau. Et le saint souffrait cela comme si ce n'eût pas été lui qu'on tourmentait. Le roi fit ensuite faire un autel élevé, il fit apporter six clous très aigus (?) avec lesquels on déchira les chairs du saint. Il ordonna de le descendre de l'autel : on le jeta dans une chaudière d'eau, on alluma du feu par dessous et les bourreaux frappaient sur sa tête avec des clous aigus, si bien que le crâne de sa tête fut brisé, que sa cervelle se répandit par l'ouverture, blanche comme du lait, et que tout son corps fut couvert de sang coagulé et durci comme du plomb. Alors le roi ordonna qu'on lui apportât la moitié d'une colonne que huit hommes firent rouler ; on la plaça sur son ventre, le roi l'y fit attacher et le laissa ainsi jusqu'au moment où il aurait décidé ce qu'il devait en faire.
Mais en cette même nuit, le Seigneur apparut au saint Georges et lui dit : « Prends force et courage, Georges mon bien-aimé!
c'est moi qui te donne la force de supporter les tourments qu'on t'a fait subir. Je le jure par moi-même et par mes anges saints \ parmi les enfants des femmes il n'y en a pas de plus grand que Jean le Baptiste; mais
MARTYRE DE SAINT GEORGES Ij5
après lui, c'est toi le plus grand, il n'y a personne qui te ressemble. Voici que je t'ai accordé de maîtriser ces quatre-vingts rois : tout ce que tu diras leur arrivera, tu mourras trois fois et je te ressusciterai. A la quatrième fois, je viendrai moi-même sur une nuée t'apporter la robe que je t'ai réservée dans ton habitation sainte. Prends courage, ne crains rien, car je suis avec toi. » Et lorsqu'il l'eut embrassé, il remonta vers les cieux au milieu d'une grande gloire, accompagné de ses anges saints.
Lorsque le matin parut, le roi ordonna qu'on amenât Georges au tribunal. Le saint chantait un psaume et disait : « O Dieu, pense à me secourir, pense à me recevoir à toi ! « Lorsqu'il se fut approché du tribunal, il s'écria disant : « O tribunal, je viens vers toi aujourd'hui, vers toi et ton Apollon de pierre, moi avec mon Seigneur Jésus le Christ. » On le saisit, on retendit avec quatre courroies de cuir, on le frappa sur le dos et sur le ventre à coups de nerfs de bœuf. On le retourna ensuite en prison. Le roi Tatien écrivit une lettre où il disait :
t J'écris à la terre entière : salut. Que tout devin, que tout magicien qui a la puissance
de rendre sans effet les sortilèges de ce chrétien vienne à moi. Je lui donnerai une foule de richesses et toutes les provinces qu'il demandera, il sera le second dans mon royaume. * Lorsqu'il eut envoyé ces lettres dans la terre entière, voici qu'un homme se présenta, il se nommait Athanase. Il alla trouver le roi en lui disant : « Vive à jamais le roi ! Il n'y a rien d'impossible pour moi. » — Le roi se réjouit et lui dit : « Quel prodige vas-tu faire en ma présence, afin que je sa* che si tu peux faire cesser les sortilèges des chrétiens? » — Athanase prit la parole et lui dit : « Qu'on m'amène un taureau! »
Lorsqu'on lui eut amené le taureeu, il lui parla à l'oreille, il coupa le taureau en deux parties. Il dit alors au roi : « Qu'on m'apporte une balance! » On la lui apporta.
Lorsqu'on eut placé la moitié du taureau dans l'un des plateaux de la balance, et l'autre moitié dans l'autre plateau, les deux plateaux se firent équilibre, de sorte que l'un n'entraîna point l'autre.
Le roi ordonna d'amener le saint Georges au tribunal. Il lui dit : « Georges, à cause de toi, j'ai appelé cet homme en mon royaume, afin que tu rendes vains ses sortilèges, ou
qu'il rende les tiens sans efficacité ; atin que tu le tues ou qu'il te tue. b — Le saint Georges ayant vu le magicien, lui dit :
« Hâte-toi, mon frère, de faire ce que tu as le dessein de me faire, car je vois que la grâce va s'emparer de toi. » Aussitôt Athanase, ayant pris une coupe, en lava son visage, il invoqua le nom des démons sur la coupe, il la donna à Georges afin que celui-ci la bût. Et lorsque Georges eut bu, il ne lui arriva pas le moindre mal. Athanase prit la parole et lui dit : « Mon Seigneur, je n'ai plus qu'un autre sortilège à le faire; s'il ne t'en arrive aucun mal, je croirai moi aussi en celui qu'on a crucifié. » Il prit une autre coupe, il en lava son visage, il invoqua sur elle les noms d'autres démons plus méchants que les premiers, il donna la coupe à Georges afin que celui-ci la bût. Et lorsque le saint l'eut bue, il ne lui arriva aucun mal. Athanase, ayant vu qu'aucun mal n'e'tait arrivé au saint, lui dit : « O saint Georges, tu as sur toi la croix du Fils de Dieu, Jésus le Christ, qui est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. Prends aussi pitié de mon âme et donne-moi le sceau du Christ. » Lorsque Tatien vit ce
qui était arrivé, il se mit en grande colère, il ordonna d'emmener le magicien hors de la ville, de le tuer d'un coup d'épée. Le magicien accomplit son martyre et devint digne de la vie éternelle. Alors le roi donna Tordre de jeter le saint Georges en prison jusqu'à ce qu'il eût décidé ce qu'il devait en faire. . Lorsque le matin parut, le roi ordonna qu'on fit une roue très grande, qu'on y enfonçât des clous et des. pieux. On fit la roue comme il l'avait ordonné : dans la partie supérieure, il y avait des tranchants d'épée, dans la partie inférieure des épées à double tranchant bien aiguisées '. Le roi ordonna de lui amener le saint Georges de la prison, de le faire entrer dans la machine. Lorsque le saint Georges se retourna et vit cette roue qui avait la forme d'une étoile avec des tranchants d'épée à sa partie supérieure et des épées à double tranchant à sa partie inférieure, il se dit en lui-même : « Vraiment,
i. Les auteurs coptes, pas plus que les auteurs orientaux en général et moins encore, n'ont jamais su ce que c'était qu'une description. Un objet ne les frappe jamais par son ensemble, mais par ses côtés saillants qu'ils décrivent à leur manière; de là, la grande difficulté de savoir quelquefois à quel objet se rapporte leur description.
I SAINT GEOBCKS I 79
je ne me sauverai pas de cette machine! »
H se dit ensuite de nouveau h lui-même :
■ Malheur à toi, Georges! pourquoi as-tu laissé cette pensée monter en ton cccur?
Souviens-toi que les Juifs ont aussi crucifie" too Seigneur entre deux voleurs. » Il leva ensuite ses yeux au ciel en disant : • O Seigneur, Dieu immuable, maître des siècles, toi à qui appartient la victoire et qui donnes la grâce aux martyrs, toi qui es leur gloire et leur couronne, toi qui étais dès le commencement avant que tu n'eusses rien créé, avant que tu eusses créé le ciel et la terre, te reposant alors sur les eaux et maintenant te reposant sur la race entière des hommes, tu connais les endroits de ton repos, toi qui as étendu le ciel comme une tente, et les nuées sont à tes ordres au moment où elles sont chargées de leurs pluies; c'est toi. Seigneur, qui fais pleuvoir sur les justes et les injustes, qui pèse les montagnes avec un poids et les vallées dans une balance, toi qui tires les vents des lieux où ils sont assemblés, qui as livré à l'abîme du Tartare les anges qui ont transgressé les ordres afin qu'ils y fussent châtiés par des dragons méchants, qu'ils y fussent liés de liens in-
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dissolubles et arrêté par des serrures qu'on ne peut ouvrir. Il est impossible que quelque chose soit changé à tes ordres. Seigneur Dieu, c'est toi qui as envoyé ton Fis unique dans le monde à la fin des temps, il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme, et il n'est pas possible à l'intelligence humaine de scruter son incarnation ; c'est lui le Seigneur Jésus le Christ, né de toi en vérité, qui a marché sur la surface de la mer comme s'il marchait sur celle de la terre, qui a nourri cinq mille personnes avec cinq pains de manière à les rassasier, qui a gourmande les vents sur la mer. Toutes choses te sont soumises. Maintenant viens, ô Seigneur; en cette heure où tu viens, hâte-toi de secourir ma faiblesse, car je suis un pécheur. Que ces souffrances me soient légères, car c'est à toi qu'appartient la gloire et ton nom est glorieux jusqu'à l'éternité :
Amen ».
Lorsqu'il eut dit l'amen, on le jeta dans la roue, on la fit rouler sur lui. Aussitôt son corps fut coupé en dix morceaux. En ce moment Tatien éleva la voix et dit : « Sachez, a rois, et soyez assurés qu'il n'y a point d'autre Dieu qu'Apollon, Hermès, Zeus,
Athèné, Scamandre, Ephaistos, Héraclès et Poséidon qui ont fait ce qui est bien des trois côtés de la mer et qui donnent la puissance aux rois. Où est maintenant le dieu de Georges, celui qu'on appelle Jésus, celui qu'on a crucifié, celui que les Juifs ont mis a mort? Pourquoi n'est-il pas venu le sauver de mes mains? s Le dragon de l'abîme ordonna de jeter les ossements du saint hors de la ville, dans un lac desséché, se disant en lui-même : o Je fais cela de peur que les chrétiens ne prennent ses ossements, qu'ils ne lui bâtissent un monument en l'honneur de son martyre, qu'ils n'excitent le sang contre nous '. « Or, comme il était l'heure de manger, le roi alla manger avec les soixante-dix-neuf autres rois. Pendant qu'ils mangeaient, il y eut un grand tremblement déterre, terrible, épouvantable; le ciel se couvrit de nuages, il y eut une grande terreur si bien que les montagnes s'ehtr'ouvrirenttout à coup, que la terre s'agita, que la mer fit bouillonner ses vagues et que ses flots : jusqu'à une hauteur de quinze
i. Si le Mile n'est pas fautif, celte phrase donnerait à îlendre qu'il y a ici une allusion à la dette de sang. TOME II. II
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coudées. Michel sonna de sa trompette, et voici que le Seigneur Jésus vint sur son char de chérubins ; il s'arrêta au-dessus des rives du lac, il dit à l'archange Michel : « Descends dans le lac, rassemble les ossements de mon serviteur Georges. Comme ce vaillant Georges, pendant qu'il était vivant, a laissé cette pensée monter en son cœur et a dit : « Je ne sortirai pas vivant de cette machine, » je l'ai délaissé pendant qu'il s'y trouvait parce qu'il n'a pas cru de tout son cœur et n'a pas su que moi seul, Dieu, j'avais le pouvoir de le sauver '. » Michel descendit dans le lac; il rassembla le corps bienheureux du saint Georges. Le Seigneur le prit par la main en disant : « Georges, mon bien-aimé, voici que la main qui a créé Adam, le premier homme, renouvelle aujourd'hui la création pour toi. » Le Seigneur souffla sur son visage, il le remplit de vie une seconde fois. Le Seigneur l'embrassa, puis il remonta vers les cieux avec ses anges saints. Le saint
i. Rien dans ce qui précède ne peut donner lieu de penser que Georges n'avait pas cru de tout son cœur ; mais c'est là un de ces traits subtils si familiers aux Coptes qui se préoccupent peu de ce qui précède ou de ce qui suit. Georges a seulement eu peur.
Georges se leva à la hâte d'entre les morts et il se mit à marcher par les places de la ville à la recherche des rois.
It trouva ensuite les rois sur les places, assis et rendant la justice; il s'élança vers *--x et leur dit : ■ Ne me connaissez-vous oint, ô rois? • — Le roi Tatien leva les yens, tout honteux, et dit au saint : • Qui - donc es-tu ? ■ — Le martyr du Christ lui dit : ■ Je suis Georges, celui que vous avez tué hier à cause de votre impiété envers mon Dieu et qui vous perdra sans retard. ■
— Le roi Tatien resta quelque temps à regarder le visage du saint, puis il lui dit :
« Ce n'est point toi, tu n'es que son ombre »
— Un autre dit : « Peut-être lui ressemblet-il ! ■ — Lorsque le stratélate Anatorius vit cela, il dit: « En vérité, c'est Georges qui est ressuscité d'entre les morts ! • Anatolius crut ainsi que tous ses soldats, et le nombre, des personnes de la foule qui crurent dans le Christ fut de trois mille neuf hommes, plus une femme. Le roi Tatien ordonna de les conduire hors de la ville dans un lieu désert, on en fit quatre parts, on les coupa en morceaux. Us accomplirent ainsi leur martyre le quinzième jour de Phame -
nôth ' qui était un samedi, à la neuvième heure du jour; ils allèrent au milieu de la gloire dans le paradis où ils intercèdent pour les pécheurs. Le roi ordonna d'amener le saint Georges au tribunal et commanda d'y apporter aussi un lit de fer et d'y attacher le juste. Il fit chauffer du plomb jusqu'à complète liquéfaction ; puis il ordonna d'apporter un vase de fer en forme de jarre, de le lui verser dans la bouche ; puis ii fit enfoncer soixante clous .dans sa tête et dans le lit. Il fit apporter une grande pierre que l'on creusa selon la forme de sa tête qu'on y plaça pour la maintenir pendant qu'on verserait le plomb ; puis il ordonna encore de le frapper avec la pierre et dé lui briser, les jointures des os, Georges souffrit ce tourment avec courage. Alors lé roi donna l'ordre d'enlever la pierre, de le suspendre en haut par la: tête, de lui attacher une grosse pierre et de faire une grande fumée sous lui. Il ordonna encore ensuite dé lé jeter dans un taureau d'airain et d'y enfoncer des clous aigus. Le roi. impie commanda d'introduire une machine dans le taureau, de la
1, C'est-à-dire" le 12 mars à trois heures du soir.
t SAINT GEORGES l8
faire rouler afin que les coups transperçassent le corps du saint et que ses membres devinssent comme la poussière des aires pendant l'été. Le saint supporta encore cela avec courage. Le roi ordonna aussi l'ordre de le jeter en prison, de le pendre au gibet, jusqu'à ce qu'il eût décidé ce qu'il en ferait et de quelle manière il le perdrait, car le saint Georges était très beau à voir.
Le Seigneur, en cette nuit, apparut à Georges et lui dit : • Aie patience, Georges mon élu, prends courage, ne te laisse pas défaillir, car je suis avec toi. Une grande joie t'attend dans le ciel en récompense de toa combat. Voici qu'une fois déjà tu es mort et je t'ai ressuscité; tu mourras encore deux autres (ois et je te ressusciterai de même. A la quatrième fois, c'est moi qui viendrai moi-même sur les nuées, et la robe que j'ai réservée à ton corps, je l'apporterai, moi qui donnerai la force à ton corps saint, afin que je te fasse reposer avec Abraham, Isaac et Jacob. Ne sois point timide de cœur, car je suis avec toi. Ton martyr aura lieu en présence de ces quatre-vingts rois devant lesquels tu me rends témoignage- On te • tourmentera pendant sept ans pour mon
nom. Prends courage, ne sois pas pusillanime. » Lorsque le Seigneur lui eut ainsi parlé, il remonta vers les cieux en compagnie de ses anges saints, pendant que le vaillant martyr du Christ le regardait.
Quant au saint, il demeura dans la veille jusqu'à ce que le jour parût, se réjouissant dans l'allégresse que le Seigneur lui avait donnée. .Lorsque le matin fut venu, le roi ordonna d'amener le saint Georges au tribubunal. Lorsqu'on l'eût amené, l'un des quatre-vingts rois, nommé Magnence, lui dit :
« Georges, je te demande un prodige; si tu le fais en ma présence, je le jure par mon Seigneur le soleil, par les soixante-dix dieux et Artémis, la mère des dieux, qui sauve lemonde entier, je croirai moi-même en ton Dieu et je l'adorerai comme il faut. » — Le saint Georges lui dit : « Dis-moi qu'elle est ta demande. — Le roi Magnence lui dit :
« Voici quatre-vingts trônes; chacun de ces trônes a des pieds de toute forme : les uns sont faits d'arbres fruitiers, les autres d'arbres qui ne portent pas de fruits; si donc il devient évident que les pieds de bois aient pris racine, que chacun d'entre eux pousse, grâce à tes prières, que les pieds faits d'ar-
bres fruitiers produisent des fruits et qui; ceux qui ne sont pas faits d'arbres produtsnnt des fruits fassent pousser des feuilles, en vertu de ce prodige nous croirons en ton Dieu, t Le saint Georges se prosterna sur son visage, il pria Dieu- durant une grande heure en poussant des soupirs. Lorsqu'il eut fini sa prière, il dit : Amen : Mais il se produisit une grande terreur et un grand trouble lorsqu'il se releva, car un esprit du Seigneur descendit sur les trônes; ils poussèrent, les pieds prirent racine, ils fleurirent : ceux qui étaient faits d'arbres fruitiers produisirent des fruits ; ceux qui étaient faits d'arbres non fruitiers firent pousser des feuilles. Alors le roi Magnenct dit : • C'est un grand dieu que Héraclès, et ces arbres qui étaient desséchés ont ainsi manifesté sa puissance en eux-mêmes. ■ — Le saint Georges répondit en disant : « Celui qui a créé le ciel et la terre, qui a fut exister ce qui n'existait pas, tu l'assimiles à Héraclès, l'idole muette, aveugle, avec laquelle tu périras bientôt! » Le roi Ta tien prit la parole, il dit au saint Georges : ■ Elu du Galiléen, je sais de quelle manière je te ferai périr. » Alors il ordonna d'apporter une
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grande scie; on te scia par le milieu, on le partagea en deux, et ainsi Georges rendit l'esprit.
On apporta un grand chaudron pour y jeter les deux parties du corps du saint Georges avec du plomb, de la graisse de bœuf et du bitume ; on alluma un grand feu par-dessous si bien que la chaudière bouillonnait et que la flamme s'élevait à l'excès, de sorte que ceux qui chauffaient s'enfuirent de chaque côté par suite de l'abondance des flammes qui s'élevaient à une hauteur de quinze coudées. Ils portèrent le dessus de la chaudière au roi en disant :
«Cette cuisson est finie et consommée. » Le roi ordonna qu'on apportât ,1a chaudière, qu'on la mît en . terre avec les membres du saint qui y étaient renfermés, afin que les chrétiens ne pussent trouver un seul des membres du -martyr et lui élever ua monument commémoratif. Lorsque les serviteurs eurent enterré la chaudière, ils se retirèrent. 11 y eut alors un grand trouble dans les airs, la terre fut ébranlée jusque dans ses fondements. Voici que le. Seigneur Jésus le Christ descendit du ciel avec ses anges saints, il se tint au-dessus de l'endroit
où était enterrée la chaudière. Il dit à l'an y o ■ Salathiel : « Sors la chaudière de terre, » Lorsque l'ange l'eut déterrée, il en répandit le contenu sur la terre. Le Seigneur des vertus prit la parole et dit : « Georges, mon élu, lève-toi, c'est moi qui ai ressuscita Lazare d'entre les morts. De même, c'esi aussi moi qui t'ordonne et qui te dis : lève» toi, sors de la chaudière, tiens-toi debout sur tes pieds ; c'est moi qui suis le Seigneur ton Dieu. » Aussitôt ce véritable et courageux atlhète se leva dans une grande forée, valide comme quelqu'un qui n'a rien souffert. Quiconque le vit fut dans l'admiration. Le Seigneur lui dît : • Prends force et courage, Georges, mon bien-aimé, car il y aura une grande joie à ton sujet au ciel et sur l.i terre, en présence de mon père et de mes anges, à cause de ton combat. Sois courageux, car je suis avec. toi. • Et il remonta vers les cieux en compagnie de ses anges
Quanta lui, 1k saint Georges, il se lev.i, ii se promena par la ville et envoya dire au roi : « Je me promène par la ville et j'enseigne. * Aussitôt le roi ordonna de le saisir, dfl le lui amener au tribunal. En s'y rendant, le