J SAINT GEORGES
courage dans le Seigneur, il rendit gloire à Dieu en disant : <• Que la volonté de Dieu soit faite ! s Quant à ceux qui lui avaient volé ses biens, ils s'en allèrent en Egypte ' du côté du Péluse. Ils y habitèrent. Tout d'abord l'un d'eux devint démoniaque, il s'en alla et l'on ne sut pas où il était allé Quelques jours après, une querelle s'éleva entre les deux autres, ils se battirent; l'homme d'Egypte se leva au milieu de la nuit, prit une épée et tua son compagnon sans que celui-ci s'en aperçût. Alors il se leva, prit tout l'or et s'en alla au pays de Palestine ; il fit des profits dans le commerce, mangeant et buvant avec les biens d'EulOgios pendant longtemps.
Quant à Eulogios, le vrai chrétien, et a sa femme Euphe'mie, vraiment sa femme selon Dieu, ils ne cessèrent ni les offrandes, ni les prémices, ni les aumônes qu'ils faisaient dans les jours de fête aux pauvres et aux infirmes; :ent d'agir comme auparavant.
. njiils sont ùjjpticiia. Ak-\jnJii.: fut toujours rtp rmi It s Coptes pour une ville ùiranj^re j rLjjyutt ■ait: Quitter l'Egypte pour aller il AlcsaTidnc : le : Quitter Alexandrie pour aller en Egypte.
Eulogios vendit son mobilier et tout ce qi lui appartenait. Quand il eut vendu tout c qui lui appartenait, le jour de la fête d saint martyr approcha et Eulogios adressa I parole à sa femme en disant : n Voici qu tous les hommes de la ville se rendent l'église du saint Georges. Il ne nous est pa possible de faire une offrande cette année-ci car voici que Dieu et le saint Georges voien notre tribulation. » — Sa pieuse femme pri la parole et lui dit avec humilité : ■ Je sait mon frère, que nous n'avons rien et qu'i n'y a personne qui veuille nous prêter, parc que nous sommes pauvres; mais voici, j'a deux robes; laisse-moi celle-ci pour m'ei revêtir, prends celle-là et vends-la pour ui quart de pièce d'or : ne cesse pas de faïri une ofirandc à l'église. » Lorsqu'il eut e tendu ces paroles de sa femme, ses yei sérent des larmes : ils pleurèrent t( deux. De nouveau Eulogios parla avec s:
femme du prix du passage pour faire la route La bienheureuse Euphémie prit la parole e lui dit : « Mon bon frère, lève-toi, va trou ver les amis; peut-être Dieu te fera-t-il irou ver grâce devant eux et te prêteront-ils ur quart de pièce d'or afin que tu manges c
dont tu as besoin et que tu arrives à l'église en paix. S'ils ne te donnent rien, prends le quart de pièce d'or pour lequel cette robe a êlé vendue, donne-le à ceux qui se rendent à l'église et que la volonté de Dieu soit faite ! •
11 lui obéit, se leva, alla trouver un de ses amis; il lui dit : ■ Je veux te dire quelque chose en secret. • — Celui-ci répondit :
t Parle, mon frère bien-aimé. ■ — Eulogios lui dit : < Voici la fête du saint Georges qui .approche, je ne veux pas cesser de faire le petit présent que chaque année je fais à l'église; mais, cette année, nous n'avons rien à donner : tu sais, toi aussi, tout ce qui nou s est arrivé. Maintenant, mon frère, peut-être trouverai-je à emprunter de toi un quart de pièce d'or : je travaillerai comme manœuvre pour l'amasser et te le rendre. • Pendant qu'il parlait, les yeux de son ami versaient des larmes; il dit à Eulogios : < O mon bon frère, pourquoi me parler ainsi? Est-ct jusqu'à ce jour tu n'as pas trouvé des ho:
pour te servir '? Maintenant donc pourquoi
I. Ces paroles doivent s'entendre en ce sens que l'ami repousse loin de lui l'idée qu'Eulogios qui a toujours fait
me parler ainsi pour un quart de pièce d'or?
Vive Dieu ! Quand même tu me demanderais dix pièces d'or, je te les donnerais pour que tu reçoives la bénédiction du martyr. Pour le moment, voici trois pièces d'or, prendsles et si tu as besoin de quelques autres, je te les donnerai. » — Pour lui, il les prit, il les porta à sa femme et dit : « Je crois que Dieu et le saint Georges, en qui nous avons mis toute notre confiance, nous feront miséricorde une autre fois. » — Sa femme lui dit : « Dieu t'a-t-il accordé le quart de pièce d'or ?» — Il lui dit : « Grâces soient rendues à Dieu et à son saint martyr. Lorsque je me suis rendu vers cet homme, je lui ai tout dit ; il m'a répondu : « Si tu es dans le besoin, viens me trouver ici et je te donnerai tout ce qui te sera nécessaire. » — Pour elle, elle se réjouit grandement ; ils rendirent grâces à Dieu. Eulogios se leva, il s'embarqua avec tous ceux qui . l'accompagnaient pour se rendre à l'église du saint Georges.
Voici de même que l'homme qui avait volé les biens d'Eulogios réfléchit en son cœur et se dit : « Je sais que j'ai péché depuis mon enfance jusqu'à ce jour, sans compter le grand péché que j'ai commis lorsque je me
suis levé contre mon compagnon, que je l'ai tué par ruse à cause de ces richesses d'autrui qui me causeront des tourments éternels. Maintenant voici le jour de la fête du martyr qui approche, je me lèverai, je me rendrai là-bas et je ferai une offrande; peut-être me fera-t-il trouver grâce prés de Dieu qui fera miséricorde à ma pauvre âme. o Or il advint qu'à son arrivée en l'église du saint Georges, Eulogios pria avec ceux qui l'accompagnaient; ils allèrent ensuite trouver l'économe et lui firent leurs présents. L'économe connaissait Eulogios, car celui-ci se rendait chaque année à l'église, mangeait et buvait avec lui. Lorsque le matin fut arrivé, ils entrèrent à l'église, ils prièrent, ils se tinreat debout jusqu'à la tin de la synase. Eulogios sortit alors et marcha avec ses concitoyens pour se rendre sur la place. Voici que l'homme d'Egypte qui avait volé les biens d'Eulogios se rencontra avec eux sous la porte de l'église : il était revêtu des habits d'Eulogios et les pièces d'or était cousues en dedans de ses habits. Ils le reconnurent aussitôt, coururent après lui et le saisirent. Il voulut s'enfuir, mais on le lia et on le mena à l'économe.
L'économe lui dit : « Qu'as-tu fais des vases que tu as vole's? » — Il dit : * Je n'ai rien volé ; mon seigneur Eulogios sait que j'ai passé deux ans à travailler pour lui et que je n'ai jamais rien volé. Quant à mon habit, je l'ai acheté sur la place publique. » — » L'économe lui dit : « Tu» vas venir avec moi dans le sanctuaire du saint Georges, tu me feras serment au nom de Dieu et du saint Georges en disant : « Ce n'est pas moi qui ai commis ce vol, » puis tu t'en iras. » Pour lui, il se réjouit comme s'il était sur le point d'être relâché et de s'en aller ; il s'écria disant : « Je jurerai tout ce que tu voudras et comme tu le voudras. » On l'emmena pour le faire jurer. L'économe dit : « Amenez-le derrière moi, cet homme a choisi la mort au lieu de la vie. Je vous le dis, si un homme fait trois pas pour jurer, son serment est déjà monté en présence de Dieu. Cette nuit, le saint Georges vient de m'apprendre tout dans une vision et m'a dit : « On t'amènera demain un homme qui a volé ce qui m'appartient; ne le laisse pas aller, châtie-le jusqu'à ce qu'il ait rendu ce qu'il a volé. » Ce n'est que maintenant que j'ai compris la vision. • Il ordonna d'apporter deux fouets tout neufs.
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.orsqu'on les eut apportés, on en donna de grands coups au voleur ; mais il n'ouvrit pas la bouche et ne parla pas. L'économe fît serment et dit : « Ton corps n'échappera pas à ce fouet jusqu'à ce que tu meures ou que tu rendes ce que tu as volé, a 11 ordonna de le dépouiller de ses vêtements malgré lui et de lui donner force coups. Lorsqu'on lui eut ôté ses vêtements, on trouva l'or en dedans.
On lui dit : « Qu'est-ce que cela? > — Mais lui, il les adora, disant : <• J'ai péché, seigneurs ! » Puis il avoua tout en présence de la foule entière au milieu de l'église du saint Georges, il confessa tout ce qui lui était arrivé. Lorsqu'on lui eut donné force coups, on le jeta dans une cellule obscure, on l'y laissa sans boire ni manger jusqu'à ce que mort s'en suivît. Lorsqu'Eulogios eut pris l'or, il en donna soixante pièces à l'église, il fit un grand festin aux pauvres et aux infirmes, plein de joie, rendant grâce à Dieu et au saint Georges qui avait opéré cette vertu et ce prodige.
Ensuite Eulogios pria l'économe qui relâcha cet homme; il lui fit don de trois pièces d'or et de l'habit que cet homme portail, il le laissa aller en paix. Mais, à la vue de la
bonté d'Eulogios, des vertus et des merveilles du saint Georges qui avait informé l'économe dans une vision, cet homme donna aussi les trois pièces d'or à l'église; il se mit à servir ceux qui étaient malades jusqu'au jour de sa mort. Le saint Georges lui fit grâce et ses péchés lui furent pardonnes.
Ensuite le saint Georges apparut à Eulogios pendant la nuit, il lui dit : « Le Seigneur a | exaucé tes prières et tes miséricordes ; comme
f. je sais que tu as en toi de la pitié pour les
pauvres et les infirmes, j'aurai pitié de toi dans cette vie et dans l'autre. Si tu veux
:; t'en retourner dans ta maison, tu trouveras
aussi le grand vaisseau qui t'appartient, chargé de biens et de bois. Porte-les en ta ville, afin d'y faire bâtir une église en mon nom. Je te bénirai, tu ne manqueras d'aucun bien en cette vie. »
Il advint que la lumière ayant paru, Eulogios dit aux gens tout ce que le saint Georges lui avait dit en cette nuit. Ils s'étonnèrent grandement; ils montèrent dans une barque et naviguèrent vers Antioche. Voici que le saint Georges amena devant eux le Vaisseau d'Eulogios, ce vaisseau était chargé de nombreuses bonnes choses et de bois de
cyprès. Eulogios ainsi que ses compagnons le reconnurent; ils se levèrent, ils montèrent sur le vaisseau avec joie, ils l'amenèrent à Antioche et publièrent la nouvelle dans toute la ville. Lorsqu'on l'eut apprise, on rendit gloire à Dieu et au saint Georges. Eulogios fit de grandes aumônes aux pauvres, aux infirmes et aux orphelins le jour de la fête du saint Georges. Ses prières, ses prémices, ses offrandes étaient continuelles dans les églises, en tout temps. Il bâtit une église magnifique au nom du saint Georges, le saint martyr, il s'en fit le serviteur, lui, sa femme et ses enfants, jusqu'au jour de sa mort. Le saint Georges lui fit trouver grâce près de Dieu, Eulogios devint son compagnon dans le royaume de la Jérusalem céleste, séjour qu'il avait désiré; il célébra des fêtes avec tous les saints.
Neuvième prodige du saint Georges.
Il advint sous le règne de Dioctétien, l'impie adorateur des idoles, qui fit du mal à la terre entière, qu'il y avait en son royaume un général nommé Evhius; il était sauvage
d'aspect et c'était un homme très méchant.
Le roi Dioclétien lui confia trente mille soldats et les envoya en Egypte pour détruire toutes les églises et bâtir en tout lieu des temples aux idoles impures. Lorsque le général fut arrivé au pays d'Egypte, il établit des gouverneurs sur chaque ville, des comtes et des ducs ; il ordonna d'enchaîner les chrétiens dans chaque gouvernement, il leur fit endurer de grands supplices et des tourments douloureux. On leur tranchait enfin la tête d'un coup d'épée. Les gens étaient martyrs, ils mouraient pour le nom de Notre-Seigneur Jésus le Christ. Evhius envoya un édit dans tout le pays d'Egypte : on détruisit toutes les églises, on éleva des temples aux idoles, on y servit les démons.
Il arriva après tout cela que Dieu se souvint de tous les maux qu'avait faits le roi impie Dioclétien et du sang innocent des saints martyrs qu'il avait répandu. Lorsque sa fin approcha, Dioclétien manda le général Evhius, il lui dit : « Je sais que tu es un homme sage, que tu exécutes les édits et les commandements des rois. Maintenant lèvetoi, prends avec toi une escorte de soldats et le décret royal, va en toute hâte en Syrie
de Palestine. Rends-toi tout d'abord à l'église de celui qu'on appelle Georges, détruisla jusqu'aux fondements; car vraiment je ne puis supporter d'entendre parler des vertus magiques opérées au nom de celui auquel le roi Tatien, le Persan, fit trancher la tête, il y a un grand nombre d'années. On a bâti une église en son nom, il s'y trouve des chrétiens qui opèrent des vertus et des prodiges par des œuvres magiques, de sorte que son nom est devenu grand en tous les pays. Une foule d'hommes abandonnent les dieux glorieux, s'attachent aux vertus de ce martyr et se font chrétiens. » Evhius, le général, adora le roi, reçut l'edit de sa main. Le roi lui donna trois mille soldats et les envoya en Syrie ; il lui donna l'ordre suivant : « Lorsque tu auras détruit tout d'abord i'église du saint Georges, tu détruiras de même en ce pays toutes les églises, tu enchaîneras tous les chrétiens, tu les jetteras en prison et tu leur feras endurer de grands supplices. Ceux qui n'adoreront pas les dieux, tranche-leur la tète avec l'êpée, ne les épargne pas. »
Alors le général et ceux qui l'accompagnaient s'embarquèrent et naviguèrent vers la Syrie. Lorsqu'ils furent arrivés au port du
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saint Georges, ils entrèrent dans la ville ; leurs mains étaient armées d'épées et d'arcs, comme autrefois Holopherne. Toute la ville fut dans le trouble à cause du nombre des soldats. Evhius, le général, se rendit à l'église du saint Georges ; il tenait à la main un bâton, marchait avec orgueil ; la foule des soldats l'entourait et le suivait. Lorsqu'il fut entré dans l'église, il vit la lampe allumée en l'honneur du saint Georges. Il dit :
« Voyez cet impie de Georges! » — Il disait encore : « Je vois quelle est l'impiété des chrétiens ; ils ont des dieux aveugles; ou le soleil qui donne la lumière a besoin de dix mille lampes pour éclairer. » Il prit le bâton qu'il avait à la main ', il en donna un coup sur la lampe en disant : « Qu'est-ce que cela ? » La lampe se brisa : des gouttes d'huile tombèrent sur lui, et aussi sur quelques soldats; un petit morceau de verre lui entra dans la tête sans qu'il s'en aperçût. Tout endroit de son corps que l'huile avait touché devint lépreux. Il pensa que rien autre chose ne lui
i. L'expression est singulière, mais elle ne doit pas étonner en Egypte où l'on disait dès la vingtième dynastie que le cœur réfléchissait en son cœur. 11 faut entendre qu'Evhius leva le bâton qu'il tenait.
DU SAINT GEORGES ïSq
arriverait, il dit aux soldats : * Jusqu'à ce jour nous avions entendu dire qu'il y avait ici des magiciens ; aujourd'hui nous les voyons de nos yeux. Regardez mes pieds et mes mains, voyez ce qu'il leur est arrivé. ■ Pendant que la foule des soldats admirait la vertu du saint martyr qui l'avait rendu lépreux, sa tête le fit souffrir grandement- Il dit aux soldats : « Allons nous reposer jusqu'à l'aurore. Il était couvert de honte à cause du grand nombre de soldats qui l'entouraient. Comme toute la ville était chrétienne, personne parmi les habitants ne le reçut dans sa maison, car ils étaient irrités à cause de la lampe de l'église qu'il avait brisée. Ils s'en allèrent et le laissèrent. Pour lui, il sa leva et sortit de l'église avec honte. Il advint que lorsqu'il fut arrivé à la porte de l'église pour sortir, sa tête fut privée de lumière et il tomba à terre : tout son corps tremblait, il ne pouvait se tenir debout. Les soldats l'entourèrent, l'emportèrent et le conduisirent dans une maison. Ils mangèrent et burent ; pour lui, il ne put rien goûter, sa tête souffrait de grandes tortures.
Lorsque le soir fut arrivé, ils se couchèrent et dormirent. Quant à lui, il eut cette vision.
26a CONTES ET ROMANS D'EGYPTE
Il vît un soldai nommé Georges qui, du h des airs, lançait des flèches ; l'une de ces flèches entra dans sa tète et il s'écriï ' Georges, Georgesl » Aussitôt il s'éveilla.
Ceux qui étaient avec lui dans la maison, ayant entendu le cri, lui dirent : n Avec qui parles-tu, notre seigneur? » Mais lui, il eul honte de leur raconter la vision, il garda 1 silence et ne voulut pas du tout prononce de sa bouche le nom du saint Georges. L matin venu, il souffrit beaucoup du moreca de verre entre dans sa tête ; il s'ëcria d'ur forte voix, disant aux soldats qu'il remplis sait d'épouvante : > Embarquons-nous, allons-nous-en dans noire pays, car nou mourrions sur cette terre étrangère. «Les soldats se levèrent tous avec joie, ils s'embarquèrent et naviguèrent vers Antioche, tout couverts de honte. La tête du général devint empoisonnée, elle se corrompit grandement le troisième jour, le Seigneur le frappa et i
Il arriva que, cinq jours après, les vers pullulèrent, le corps devint corrompu grandement; les soldats le prirent et le jetèrenl dans la mer. Lorsqu'ils furent Antioche, ils apprirent au roi tout ce qui
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leur éiait arrivé; ils lui racontèrent les vertus et les prodiges qu'ils avaient vus dans l'église du saint Georges. L'impie Dioclétien, cet apostat digne de haine, n'eut pas assez de tout cela, car Dieu voulait le perdre de mâle perte à cause de tous les maux qu'il avait faits aux saints; mais il endurcit- son cœur, comme autrefois Pharaon. Il dit aux soldats : n Vous avez tué ie plus grand général du royaume et vous dites ces mensonges abominables, h savoir que Georges ie Galiléen a fait des vertus et des prodiges. Lorsque je saurai avec certitude vos abominables mensonges, je vous enlèverai à tous la tête du tranchant de l'épe'e. J'emmènerai l'armée avec moi ià-lias, je passerai toute la ville au fil de l'épée, je détruirai cette église jusqu'aux fondemenis et au milieu je ferai que les chrétiens adorent les idoles. ■ Après ces paroles, Dioclétien se leva, il rassembla tous ses soldats, il fit préparer des barques pour les embarquer et les faire naviguer vers la Syrie. Il fit crier par le héraut dans toute la ville ; « Préparez-vous, soldats; nous allons nous rendre en Syrie pour détruire l'église de ce grand magicien, Georges le Galiléen.»
l6a COMTES ET ROUANS d'écypte
La parole était encore dans la bouche du roi, lorsque les grenades d'or qui étaient en haut du trône sur lequel il était assis (voici i)ue l'archange Michel et le saint Georges Liaient descendus et avaient renversé le i.iiic), lorsque les grenades qui étaient en haut du trône tombèrent dans ses yeux, lui arrachèrent les prunelles. 11 s'écria d'une grande voix pleurant et disant : ■ Malheur à moi, mon Seigneur! Malheur à moi, mon Seigneur! Dieu bon, j'ai péché, pardonnemoi ; car j'ai commis de grandes méchanceils contre tes serviteurs sur la terre. Dieu, pardonne-moi, je suis un pécheur! • Aussin'n la vois de l'archange Michel se fit entendre à lui, disant : » 11 n'y aura point de p.irdon pour toi, ni dans cette vie, ni dans l'Autre. Maintenant on va t'enlever ton royaume, on l'a donné à Constantin qui sera dis: mille fois plus glorieux que toi. » Une foule de soldats, le sénat tout entier réuni -i;ins le palais royal, entendirent aussi la vois de l'archange Michel qui parlait; ils lurent dans l'étonnement de ce qui arrivait lie la part du ciel, ils craignirent d'une grande crainte. Aussitôt ils se levèrent, ils chassèi lih Dioctétien du palais royal, ils amené-
rent Constantin à sa pince et des vêtements royaux. C'était un homme aimant Dieu, aimant l'aumône, aimant les hommes, aimant tout ce qu'il est bon de faire et tout le monde. 11 allait à l'église chaque jour, matin et soir, il faisait de grandes synaxes, faisait monter sa prière vers Dieu avec dévotion, donnait de grandes aumônes et de grandes offrandes, rempli de la crainte de Dieu en tout temps, lui et toute sa maison, ainsi que sa pieuse mère la reine Hélène. Ilschantaient, bénissaient, remerciaient le Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur, Jésus le Christ à qui conviennent toute gloire, tout honneur et toute adoration, ainsi qu'à son Père, au Fils 1 et au Saint-Esprit vivificateur et consuhstantiel à lui, maintenant et dans les siècles de tous les siècles :
rai! qu'on eflt qualre personnes dans la Trinité. D'autre part, Jésus-Christ considère comme un Dieu à part, comme
tout à fait conforme aux idées égyptiennes des clirélicns d'Egypte