‹ Contes étrangesChapitre 3 sur 94 · JUPITER SIC MIT EN DEVOIR D ACCOMMODER LE REPAS DU SOIR (P · texte numérisé non relu

JUPITER SIC MIT EN DEVOIR D ACCOMMODER LE REPAS DU SOIR (P

l ON! ES ÉTRANGES

Peut-être bien, lui dis-je;mais cela ne

me donne pas une haute idée de VOS aptitudes artistiques, et il me faudra attendre de voir l'insecte lui-même pour me représenter --"11 as] e< t réel.

I li bien ' je ne sais pas à quoi cela tient, fit-il, un peu vexé. Je ne dessine pas trop mal, ou tout au moins cela devrait être, ear j'ai eu de bons professeurs, et je puis me flatter de n'être pas tout à fait un imbécile.

Alors, mon cher, vous vous moquez de moi : ceci est un crâne passablement dessiné, je dirai même exactement dessiné, si j'en juge d'après mes connaissances en matière d'anatomie ; et votre scarabée, s'il ressemble à ceci, doit être le plus extraordinaire scarabée qui soit au monde. Tenez, nous pourrions forger là-dessus une bonne petite légende bien émouvante...

J'imagine que vous allez donner à votre insecte le nom de Scarabœus caputhominis (i) ou quelque autre analogue. Il y a quantité de noms de ce genre dans les traités d'histoire naturelle... Mais les antennes dont VOUS parliez, où sont-elles ?

— Les antennes ? dit Legrand avec une animation <jui me partit tout à fait hors de propos. Je suis sûr que VOUS devez les voir, les antennes. Je les ai faites aussi visibles qu'elles Je sont sur l'insecte même, et je suppose que cela suffit bien.

— Soit, dis-je, il est possible que vous 1 ayez fait mais il n'en est pas moins certain que je ne les vois pas. Et je lui tendis Je papier sans autre ol>servation, crai-

ttre hors de lui. Mais j'étais fort Burpri de la tournure que prenait la conversation. Je ne m'expliquais pas la i humeur. Il est de fait que Bon < tqui ise de l'inseï te ne i om portail au< une antenne \ i ible i i il n'était douteu ■•. que l'ensemble offrait absolument, l'image bien connue d'une tête d< mort.

Il put le papiei d'asi ez m. m et il étail ni li point de le trois iei . i ni pom le j< tei .ni feu quand i tomba pat ha ard lui le i roquis, e1 soudain toute son al tention j parul < omme

'm devint

homme

pourpre, puis bientôt d'une extrême pâleur. Pendant quelques minutes encore, il resta assis, examinant en détail son croquis. Il finit par se lever, prit une chandelle sur la table et alla s'asseoir sur un coffre, à l'autre b mt de la chambre. Là, il procéda à un nouvel examen, avec une sorte d'anxiété, tournant et retournant le papier dans tous les sens. Il ne disait mot cependant, et ses manières ne laissaient pas que de m'étonner au plus haut point. Mais je m'abstins prudemment de tout commentaire de peur d'exaspérer son énervement croissant. Finalement, il tira un portefeuille de sa poche, y inséra le papier avec précaution et plaça le tout dans un secrétaire qu'il ferma à clé. Son attitude devint alors plus calme, mais ses velléités expansives avaient complètement disparu. Maintenant, il semblait plus distrait (pie maussade; à mesure que la soirée s'avançait, il s'enfonçait de plus en plus profondémeni dans ses réflexions et aucune de mes plaisanteries ne put l'en tirer. Je m'étais tout d'abord proposé de passer la nuit dans la hutte, comme il m'était déjà souvent arrivé de le faire; mais en voyant mon hôte si absorbé, je jugeai à propos de me retirer. 11 n'insista pas pour me retenir ; mais au moment où je prenais congé de lui, il me serra la main avec plus de cordialité que d'habitude.

Près d'un mois s'rt. ut écoulé, et pendant tout ce temps je n'avais eu aucune nouvelle de Legrand, quand je reçus à Charleston la visite de son serviteur Jupiter. Je n'avais jamais vu le bon vieux i aussi démoralisé, et j'eus peur qu'il m- hii Burvenu à mon .mu quelque Bérieux ,ii i ident ,

E b bien ! J up, lui dis-je, qu'y a-t-il de nouveau ? Comment va votre ma

Dame, poui dire vérité, massa, lui p.is si bien que faudi ait,

i as bien ? J'en suis \ raimenl désolé De quoi doni se plain

— Ah ! v oilà ' i m jamais Be plaindre de 1 1- n . m. n . lui bien malade- quand même,

Bien malade fup Mais voyons pourquoi ne ledi liez \ oua pas toul de suite n garde le li1

g> LE SCARABEE D'OR ^

— Non : lui garde rien ; lui être bien nulle part. Voilà où soulier blesse. Pauvre tête de nègue bien tourmentée pour son massa Will.

— Jupiter, je voudrais comprendre quelque chose à tout ce bavardage. Vous dites que votre maître est souffrant. Ne vous a-t-il pas dit d'où vient son mal ?

— Oh ! Massa pas la peine de se casser la tête pour cela. Massa Will dire avoir rien. rien du tout. Mais alors pourquoi lui aller et venir tout courbé, tête basse et pâle comme une oie ? Pourquoi lui faire tout temps des siffres ?

— Faire quoi ?

— Faire des siffres, et puis des figures sur une ardoise, les plus drôles figures que jamais avoir vues. Moi commencer, vrai, avoir peur pour lui. Moi toujours veiller sur lui. L'autre jour, lui parti avant soleil levé et lui filé toute sainte journée. Alors, moi couper gros gourdin pour donner bonne volée de tous les diables quand lui revenir. Mais pauvre nègue trop stupide, pas avoir osé. Lui avoir l'air si malade!

— Vraiment... Eh bien, ma foi, vous avez eu raison de ne pas trop le malmener, le pauvre garçon. Ne le battez pas, Jup. Il ne pourrait peut-être pas supporter les coups... Mais n'avez-vous pas idée de la cause de ce mal, ou plutôt de ce changement d'humeur ?

Ne lui est-il pas arrivé quelque désagrément depuis ma dernière 'visite ?

— Non, massa, rien depuis, mais avant; tenez, le même jour que vous êtes venu làbas.

— ■ Comment cela ? Ç)ue voulez-vous dire?

— Oh! massa, moi vouloir parler du carabe, voilà tout.

— Du quoi ?

— Du carabe ! Moi être sûr tout à fait carabe d'or avoir mordu massa Will quelque part à la tête.

— Et pourquoi supposez-vous cela, Jupiter ?

— Carabe avoir assez grandes pinces, massa, et bouche aussi. Jamais avoir vu carabe aussi infernal. Lui mordre tout ce qui approche. Massa WTill avoir pris lui d'abord, mais lâcher bien vite, vous savez, massa Will avoir été sûrement mordu.

Moi pas aimer, pas du tout, bouche de carabe, sans savoir pourquoi, mais

jamais vouloir toucher lui avec doigts.

Moi prendre lui avec papier que moi trouver, rouler lui dans papier et fourrer encore papier dans bouche, et voilà.

— Et vous pensez alors que votre maître a été réellement mordu par cet insecte, et que cette morsure est la cause de son mal ?

— Moi pas penser, moi flairer ça. Pourquoi lui rêver toujours d'or, si lui pas avoir été mordu par carabe d'or ? C'est pas première fois que moi avoir entendu parler des carabes d'or.

— Comment donc avez-vous fait pour savoir que votre maître rêve d'or ?

— - Comment moi savoir ? A cause que lui parler d'or, même en dormant.

— Soit, Jupiter. Vous êtes peut-être dans le vrai ; mais à quel heureux événement dois-je l'honneur de votre visite ?

— Moi pas comprendre massa!

— M'apportez-vous quelque message de la part de monsieur Legrand.

— ■ Non pas message, massa, moi apporter ça seulement.

Et Jupiter me remit un billet qui était ainsi conçu :

Mon cher ami,

«Comment se fait-il donc que l'on ne vous ait point vu depuis si longtemps? J'aime à croire que vous n'êtes pas assez enfant pour vous être offusqué de ma brusquerie de l'autre jour. Cela serait trop invraisemblable.

« J'ai eu, depuis que je vous ai vu, un grand sujet de préoccupation. J'ai quelque chose à vous communiquer, mais je ne sais vraiment comment m'y prendre, et je ne sais même pas si je dois vous en parler.

«Je suis un peu indisposé depuis quelque temps, et ce pauvre vieux Jup m'ennuie à ne pouvoir le supporter avec toutes ses attentions qui partent pourtant du meilleur naturel. L'autre jour, le croiriez- vous, ne s'était-il pas muni d'un gros bâton pour me corriger parce que je m'étais permis de lui brûler la politesse pour aller passer la journée, solus, sur le continent, au milieu des collines. Je crois, en vérité, que ma mine de malade m'a seule valu d'échapper à une volée de coups de bâton.

«Rien de nouveau dans la collection depuis votre visite.

Si vous le pouvez, si cola ne vous dérange pas trop, tâchez de revenir avec Jupiter. Venez, je vous en prie, venez. Je désire vous voir ce soir même pour affaire sérieuse. Je vous assure que c'est une affaire de la plus haute importance.

« Tout à vous, « William Legrand. »

Il y avait dans le ton de ce billet quelque chose qui m'inquiéta beaucoup. Ce n'était pas là du tout le style ordinaire de Legrand. A quoi diable pouvait-il bien rêver ? Quelle nouvelle fantaisie hantait son impressionnable cervelle ? Quelle pouvait être cette affaire de la plus haute importance qu'il avait à régler ? Je n'augurais rien de bon de ce que venait de me dire Jupiter. Je craignais qu'à la longue le fardeau d'une infortune constante n'eût fini par altérer la raison de mon ami. Il n'y avait donc pas à hésiter, et je me préparai à suivre le nègre. Arrivé sur le quai, je vis une faux et trois bêches, qui paraissaient toutes neuves, au fond du bateau où nous allions nous embarquer.

— Que signifie tout ce bagage, Jup ?

demandai-je.

— Ça, une faux ; ça, des bêches, massa.

— Je n'en doute pas ; mais pourquoi ces outils sont-ils là ?

— Ça, la faux, ça, les bêches que massa \Vill avoir dit à moi acheter en ville. Le diable seul savoir tout l'argent moi avoir donné pour cela.

— Mais, au nom de tout ce qu'il y a de plus mystérieux au monde, qu'est-ce que votre massa Will compte faire de cette faux.

— Moi pas savoir, et du diable si massa Will savoir plus que moi. Mais tout cela venir du carabe,

Voyant que Jup, dont tout le cerveau paraissait eu valu par le carabe, ne pouvait Eaire ma < m io ité . j'entrai dans le bateau, et la voile fut déployée. Grâce à la bonne «t forte bri e qui nous poussait, nous ne tardAmf poiul à atteindre la petite baie qui se trouve an nord du fort Mouline, .a , par* oui inn< i â pied \t I rois milles environ qui nou i i éps raii ai de la bu1 te. Si, a 1 1 m . I,. un de l'a

midi. Legrand guettail notre venui la plus grande impatience, n me pri1 la

main avec une vivacité nerveuse qui m'inquiéta et ne fit qu'accroître les soupçons que j'éprouvais déjà. Sa figure avait la pâleur d'un spectre, et ses yeux, déjà naturellement très enfoncés dans l'orbite, brillaient d'un éclat étrange.

Après m'être informé de l'état de sa santé, je lui demandai, à défaut de meilleur sujet de conversation, s'il avait réclamé son scarabée au lieutenant G..

— Oh ! oui, fit-il. Et en même temps, "le sang parut lui affluer au visage. Il me l'a rendu dès le lendemain matin. Mais à présent, rien ne saurait m'amener à m'en séparer. Savez-vous que Jupiter était absolument dans le vrai ?

— En quelle façon, demandai-je tristement impressionné.

— Quand il prétendait que c'était réellement un scarabée en or.

Il prononça ces mots d'un air si sérieux que j'en fus navré au-delà de toute expression.

— Ce scarabée fera ma fortune, poursuivitil avec un sourire triomphant, et c'est grâce à lui que je rentrerai dans les biens de ma famille. Dès lors, quoi de surprenant à ce que j'y attache un si grand prix. La fortune a jugé bon de me l'accorder ; il ne s'agit plus que de savoir m'en servir pour arriver jusqu'à l'or dont il est l'indice. Jupiter, va me chercher le scarabée.

— Quoi ? carabe, massa ? Moi aimer mieux pas avoir affaire à ce carabe. Vous aller chercher vous-même ce carabe.

Legrand se leva alors d'un air grave et digne, et alla prendre l'insecte sous un globe de verre où il était enfermé. C'était un magnifique scarabée, encore inconnu des naturalistes, et qui était par conséquent d'une très haute valeur pour les savants. Il portait deux taches noires circulaires ,\ l'une des extrémités de son dos, et une t.i. ne oblonguc à l'autre extrémité, lis élytres étaient singulièrement dures et lustrées, ce qui leur donnait l'aspect de l'or bruni. L'insecte était aussi étrangement lourd

i i .1 toiii prendre, on pouvait concevoir jusqu'à un certain point l'opinion que Eaisatl Jupiter. iMais que Legrand Be lui rangi ■< i ei avis, voilà qui, sur ma \ ie, p;iss;ui tout < c que je pouvais imaginer.

Je von - ai em oyé i her< her, di1 il

LE SCARABÉE D'OU

LEGRAND ALLA S'ASSEOIR SUR UN COFFRE, A L'AUTRE BOUT DE LA CHAMBRE (P. 8).

avec une sorte de solennité, quand j'eus fini d'examiner l'insecte, je vous ai envoyé chercher afin de pouvoir, avec vos conseils et votre secours, réaliser les desseins de la Providence et du scarabée...

— Mon cher Legrand, m'écriai-je, en lui coupant la parole, sûrement vous n'êtes pas bien, et vous devriez plutôt vous soigner. Mettez-vous au lit et je vais demeurer quelques jours auprès de vous, jusqu'à

g> CONTES ÉTRANGES <z

, c que cela soit passé. Vous avez la fièvre,

et...

— Tâtez mon pouls, fit-il.

Je le tâtai, et je dois dire qu'effectivement il n'avait pas trace de fièvre.

Mais vous pouvez être souffrant sans

avoir de fièvre. Allons, laissez-moi, pour cette fois, vous prescrire une ordonnance. D'abord mettez-vous au lit, et puis...

Vous êtes dans l'erreur, dit-il; je

suis aussi bien que possible, étant donné l'état de surexcitation où je me trouve. Si vous voulez vraiment que je me porte tout à fait bien, vous n'avez qu'à me délivrer de cette surexcitation.

Et comment le ferais-je?

Très facile ! Jupiter et moi, nous allons partir en expédition dans les collines sur le continent; et pour cette expédition, nous avons besoin d'une personne en qui nous puissions avoir la confiance la plus absolue. Cette personne, c'est vous. Que nous réussissions ou non, l'excitation que vous remarquez en moi sera calmée dans l'un et l'autre cas.

Je suis tout à lait désireux de vous

rendre service, n'importe comment, répondis-je; mais me direz-vous que est insecte du diable a quelque rapport avec votre expédition dans les collines ?

— Parfaitement.

— Alors, Legrand, je ne puis pas faire partie d'une expédition aussi absurde.

J'en suis désolé, tout à fait désolé

car nous serons forcés de l'entreprendre

a non-, seuls....

L'entreprendre à vous seuls ! Cet nomme e I certainement ton!... Mais attendez "... < ombien de temps i omptez-A ous

Probablement toute la nuit. Non allons partir immédiatement, el nous serons de retoui . en tous i as, à L'aurore.

. oulez vou me promet i re, Bur \ otre honneur, qu'une fois i et te fautai L< et l'affaire d i >ieu '

t. m tion, vous rent r< rea pr< cripl ioii.n ,-ni, i omme ■■ ou uivi iez i elles de votre médei in

< mi. je vou ■ le promets; et mainte

ii. m! in ioii1<-, | .11 non .n

temps a perdre.

Le cœur gros, je suivis mon ami. Nous partîmes vers quatre heures. Legrand, Jupiter, le chien et moi. Jupiter avait pris la faux et les bêches, — il avait insisté pour porter le tout, — plutôt, me sembla-t-il, par crainte de laisser quelqu'un de ces outils aux mains de son maître, que par excès de zèle ou de complaisance. Son allure était maussade au possible, et ces mots : « Satané Carabe ! » furent les seuls qu'il prononça durant tout le voyage. Pour ma part, je m'étais chargé d'une paire de lanternes sourdes, tandis que Legrand se contentait du scarabée qu'il portait suspendu au bout d'une ficelle et qu'il faisait tourner en l'air, de-ci, de-là, avec des mines de sorcier, pendant que nous cheminions. En observant chez mon ami cet indice flagrant d'aberration mentale, j'avais peine à retenir mes larmes. Je jugeai à propos cependant de me prêter à son caprice, au moins pour le moment, ou jusqu'à ce (pie je pusse prendre des mesures énergiques avec quelque chance de succès. En attendant, je tentai, mais absolument en vain, de le sonder au sujet du but de notre expédition. Ayant réussi à me déterminer à l'accompagner, il semblait désormais ne plus vouloir lier conversation sur un sujet de si peu d'importance, et à toutes mes questions, il ne daignait répondre que par : « Nous verrons bien. »

Nous traversâmes la crique à la pointe de l'île, au moyen d'une barque, et escaladant les hauteurs de la rive opposée, non-. partîmes dans une direction nord-ouest, à travers une région extrêmement sauvage et désolée, où l'on ne voyait aucun vestige de créature humaine. Legrand ouvrait la marche d'un air dé< idé ae s'ai rotant de temps à autre «pie pour consulter des sortes de points de repère qu'il semblait avoir lai s au i ours d'une explorât ion .1 ni.' i ieure.

Nous i heminâmes ainsi durant à peu près

deux heures, e1 Le soleil alla il se hei

.m iiK.iti.nl où n. m. arrivâmes dans une

i. "hiu <■ h- plus lugubre que tout i o que

nous a\ ions \ u jusqu'alors, » '< tait une oi te de plateau it ai pre ique au faite d'une . ..i hue a peu i" i inai ci il île • ou> ei te de i ...i , épais de le I ia le au Bommet . <-i semée d'énoi m< i roi hei i épai pilli • pèle m Li ol 'i dont La plupai I aura ient roulé

^ LE SCARABÉE D'OR

dans la vallée, sans l'obstacle des arbres contre lesquels ils s'appuyaient.

Des ravins profonds qui rayonnaient dans diverses directions achevaient de donner à ce décor un caractère de solennité sinistre.

Le plateau naturel où nous nous étions hissés était à ce point encombré de ronces qu'il nous eût été impossible de nous frayer un chemin sans le secours de la faux. Jupiter, sur les indications de son maître, se mit en devoir de nous ouvrir un sentier jusqu'au tronc d'un tulipier de taille gigantesque qui se dressait là, entouré d'un groupe d'environ huit ou dix chênes : il les surpassait de beaucoup, ainsi que' tous les arbres que j'avais vus jusqu'alors, par la richesse de son feuillage, par la beauté de ses proportions, par le magnifique développement de ses branches et, d'une façon générale, par la majesté imposante de son aspect.

Quand nous atteignîmes cet arbre, Legrand se tourna vers Jupiter, et lui demanda s'il croyait pouvoir y monter. Le vieux noir parut un peu abasourdi par cette question et fut pendant quelques instants sans y répondre. A la fin, il s'approcha de l'énorme tronc, en fit le tour lentement, et l'examina avec une attention minutieuse. Quand il eut terminé cette inspection, il dit simplement:

— Oui, massa Will, Jup grimper à tous les arbres que lui avoir vus dans sa vie.

— Eh bien! montez sur celui-ci, et ne lanternez pas, car il fera bientôt trop sombre pour que nous puissions voir clair à nos affaires.

— ■ Jusqu'où monter, massa, demanda Jupiter.

— Commencez par monter jusqu'à la naissance des branches et je vous dirai ensuite ce que vous aurez à faire... Mais attendez !.... Prenez avec vous cet insecte.

— Le carabe, massa Will ! Le carabe d'or! s'écria le nègre en reculant d'épouvante. Pourquoi moi prendre le carabe avec moi sur l'arbre ? moi aiir.cr mieux le diable!...

— Si vous avez peur, Jup, vous, un grand nègre solide et vigoureux, de tenir un petit insecte inoffensif et mort, vous pouvez le porter au bout de cette ficelle ; mais si vous ne le prenez pas avec vous, n'importe

de quelle façon, je me verrai obligé de vous casser la tête avec cette bêche.

— Eh bien, quoi donc, massa ? dit Jup, évidemment honteux de sa poltronnerie, vous toujours chercher mauvaises raisons à votre pauvre nègue. Moi vouloir plaisanter, voilà tout. Moi avoir peur du carabe! Allons donc! Moi me moquer du carabe.

Et il prit précautionneusement le bout, l'extrême bout de la ficelle, et maintenant l'insecte aussi loin de sa personne que la situation le permettait, il se disposa à grimper sur l'arbre.

Dans sa jeunesse, le tulipier ou Liriodmdron tulipiferum, le plus magnifique des arbres forestiers américains, a le tronc particulièrement lisse, et s'élève souvent à une grande hauteur sans projeter de branches latérales ; mais dans son âge mûr, l'écorce devient noueuse et raboteuse, tandis que de nombreuses branches courtes apparaissent sur le tronc. Ainsi, les difficultés de l'escalade, dans le cas présent, étaient plus apparentes que réelles. Enlaçant l'énorme fût aussi étroitement que possible avec ses bras et ses genoux, s'accrochant des mains à quelques pou»e et appuyant ses pieds nus sur d'autres, Jupiter, après avoir manqué de tomber une ou deux fois, atteignit enfin la première grande bifurcation du tronc, et sembla considérer sa tâche comme virtuellement accomplie. Le fait est que le risque principal de l'entreprise était maintenant passé, quoique le vieux noir se trouvât à quelque soixante ou soixante-dix pieds au-dessus du sol.

— De quel côté moi devoir aller maintenant, massa Will? demanda- t-il.

— Continuez en suivant la plus grosse branche, celle qui est de ce côté, dit Legrand.

Le nègre lui obéit promptement et, selon toute apparence, avec peu de difficulté, s'élevant de plus en plus jusqu'à ce qu'en ne vît plus sa silhouette ramassée dans l'épaisseur du feuillage qui l'enveloppait. Alors sa voix nous arriva lointaine. 11 criait :

— Jusqu'où moi monter encore ?

— A quelle hauteur êtes- vous ? demanda Legrand.

— Oh ! si haut, si haut ! répondit le

§> CONTES ÉTRANGES <g

nègre, que moi voir le ciel à travers faite de l'arbre.

— Xe vous occupez pas du ciel, mais faites attention à ce que je vais vous dire. Regardez du côté du tronc, et comptez les branches au-dessous de vous de ce côté. Combien de branches avez- vous passées?

— Une, deux, trois, quatre, cinq, — j'ai passé cinq grosses branches, massa, de ce côté.

— Bon! Montez encore une branche plus haut.

Au bout de quelques minutes, la voix se fit entendre de nouveau. Le nègre annonçait qu'il avait atteint la septième branche. • — Maintenant, Jup, cria Legrand, manifestement surexcité, je voudrais que vous vous avanciez sur cette branche aussi loin que vous pourrez. Si vous voyez quelque chose d'étrange, dites-le moi.

Cette fois, le peu de doute que j'avais pu conserver au sujet de la folie de mon ami disparut complètement. 11 ne m'était plus possible de me faire illusion. Legrand était frappé de démence et je commençais à m'inquiéter sérieusement des moyens de le ramener chez lui. Pendant que je réfléchissais sur le meilleur parti à prendre, la voix de Jupiter nous parvint de nouveau.

.Moi avoir peur avancer plus loin sur cette branche, c'est branche morte presque tout du long.

— Vous dites que c'est une branche morte ? cria Legrand d'une voix altérée par l'émotion.

Oui, massa, moi le comme un vieux flou de porte,— bien moite, tout à fait morte.

— Au nom du ciel, que faire ? demanda I • . rand qui paraissait profondément

ointe.

I ! ■ ii, je, heureux de cette

i de placer un mot; mais, rentrer

.m logi < i aller non-, < ou< ber, \ en< z

vous serez bii a gent il n si tail tard; et

pui i, i ■ ']') elez votr< promesse.

Jupiti i . cria I il sans faire ai tention le moins du inonde, m'entendez \

Oui ma a w ill, moi vous « ntendre toujoui . très bien.

— Entamez le i outeau,

et voyez si vous le trouvez très pourri.

— Lui pourri, massa, bien sûr, répondit le nègre au bout de quelques instants, mais pas tout à fait pourri. Moi pouvoir avancer davantage sur la branche, mais tout seul.

— Tout seul! Qu'est-ce que vous voulez dire ?

— Moi parler du carabe... carabe très lourd... Supposez moi le laisser tomber d'abord, alors branche ne plus casser avec poids du nôgue tout seul!

— Vous êtes un infernal maraud! cria Legrand, qui parut tout soulagé. Quelles balivernes me chantez- vous là ? Soyez sûr que si vous lâchez cet insecte, je vous tordrai le cou. Voyons, Jupiter, m'entendezvous bien ?

— ■ Oui, massa, pas besoin crier comme ça après pauvre nègue ?

— Eh bien! Ecoutez un peu. Si vous voulez vous avancer sur la branche aussi loin que vous pourrez le faire et ne point lâcher le scarabée, je vous ferai cadeau d'un dollar d'argent quand vous redescendrez.

— Moi aller, massa Will, répondit aussitôt le nègre; moi presque au bout maintenant.

— Au bout ! cria Legrand tout à fait radouci; vous dites bien que vous êtes au bout de cette branche.

— Moi bientôt y être, massa, — o-o-o-ooh ! Seigneur Dieu ! Miséricorde! Là ! là ! sur l'arbre !...

- — Eh bien! cria Legrand triomphant qu'est-ce que c'est?

— Oh! rien qu'un crâne 1 quelqu'un avoû oublié sa tête sur l'arbre, et corbeaux avoir mangé toute la viande autour.

Un crâne, dites-vous? Très bien!

— Comment est-il attaché à la branche? Par quoi est-il retenu

— Retenu par quoi, massa Fau1 voir.

Voilà chose curieuse parole ! Avoir gros . ion Im b< dans i râne poui empêi bei quit* ter l'arbre

Mi Lien, maintenant , | upiter, faiti e\a< temenl i e qu< j< vous dis.. .Vous enten< d(

( lui, h,.

Faite bien ai tention. Cherchez l'œil gau< he du ( rân<

i iiini I Ho I i on . | i râne plui avoû a il gaui be du tout !

§> LE SCARABÉE D'OR

MOI ÊTRE SUR TOUT A FAIT, CARABE D'OR AVOIR MORDU MASSA WILL QUELQUE PART, A LA TÈTE (P. 9).

— Maudit imbécile ! Savez- vous reconnaître votre main droite de votre main gauche ?

— Oui, moi savoir, — bien savoir tout ça. Moi fendre bois avec main gauche.

— Bien sûr, puisque vous êtes gaucher, et votre œil gauche est du même côté que votre main gauche. Maintenant, je suppose que vous pouvez trouver l'œil gauche du crâne, ou du moins la place qu'occupait l'œil gauche. L'avez-vous trouvé ?

Il y eut une longue pause. A la fin le nègre demanda :

— Dites si l'œil gauche du crâne être du même côté aussi que main gauche du crâne ? Mais crâne avoir plus de main du tout! N'importe ! Moi trouver œil gauche tout de même ! Voilà œil gauche !... Quoi faire avec œil gauche ?...

— Faites filer l'insecte à travers, aussi loin que la ficelle le permettra. Mais prenez bien garde de ne pas lâcher la ficelle !...

— Tout cela être fait, massa Will !

tout à fait facile faire passer carabe par le trou, regardez lui descendre par dessous.

Durant ce colloque, on ne voyait rien de la personne de Jupiter, mais on distinguait maintenant, au bout de la ficelle, l'insecte qu'il laissait descendre, et qui étincelait comme un point d'or bruni dans les rayons du soleil couchant dont quelques-uns éclairaient encore faiblement la hauteur où nous nous trouvions. Le scarabée pendait, émergeant des branches, et si le nègre l'eût lâché, c'est à nos pieds qu'il serait tombé. Legrand prit aussitôt la faux et s'en servit pour déblayer une espace circulaire de trois ou quatre yards de diamètre, exactement au-dessous de l'insecte. Cela fait, il ordonna à Jupiter de lâcher la ficelle et de descendre de l'arbre. Il enfonça une cheville dans le sol avec beaucoup de soin, à l'endroit précis où l'insecte était tombé,

et sortit de sa poche un ruban à mesurer. Il en fixa l'extrémité à L'endroit du tronc de l'arbre qui était le plus rapproche' de la cheville, et continua ensuite à le développer dans la direction déterminée par l'arbre et la cheville, jusqu'à une distance de cinquante pieds, — Jupiter coupant les ronces avec sa faux. Au point qu'il atteignit ainsi, il planta une seconde cheville et la prenant comme centre, il décrivit grossièrement un cercle de quatre pieds de diamètre. Il prit alors une bêche, en donna une à Jupiter et une à moi, et nous pria de creuser le plus rapidement possible.

A vrai dire, je n'ai jamais ressenti une vocation particulière pour ce genre d'amusement, et dans le cas présent, je me serais volontiers excusé, car la nuit venait et je me sentais suffisamment recru de fatigue par l'exercice que nous avions déjà pris ; mais je ne voyais pas le moyen d'échapper à cette corvée, et je craignais de troubler par un refus la période de calme où se trouvait mon pauvre ami. Si du moins j'avais pu compter sur le secours de Jupiter, je n'aurais nullement hésité à ramener mon lunatique chez lui par la force; mais je connaissais trop bien le caractère du vieux noir pour espérer qu'il me prêtât main forte en n'importe quelle circonstance où je me trouverais en lutte avec son maître. Il ne taisait aucun doute pour moi, que ce dernier avail eu l'esprit infecté par quelqu'une de ces nombreuses légendes mérirelatives à des trésors enfouis, et que cette idée avail reçu confirmation par la découverte du scarabée, ou peut-être

par l'obstination de Jupiter à soutenir que c'étail un Bcarabée en or véritable.

Un esprit prédisposé à la folie a\.nt pu

e lai 'i eut Mm- i par de telles sugj

mu tout 1 1 eii( i oïn< l'Iaient avei le • ■ on. m . où il ■ •■ i omplai ■ me i.ipi elai < e que le pam r<

dit au sujet du si arabéi qu'il

i on \à( rail t omme un Lndi< e d< a foi tune

Pai de m tout . l'ét.ii i i oui rai ié el embar.

la fin, je me dé< id.n A faire

ertu 'i ■!' bêi i" i de bonne

volonté, poui " ftin ti plu rapi

d< n,' ni mon ■. i lionnain de la vanité de ses

rêv< . pai le lémoigi

i . , p. n 1. 1 ne • ayant i té allumi i », oou i

nous mimes au travail avec une ardeur digne d'un objet plus raisonnable; la lueur des lanternes tombait sur nous et sur nos outils et je ne pus m'empêcher de songer à part moi que nous formions peut-être un groupe fort pittoresque, mais que notre occupation n'eût pas moins paru bien étrange et bien suspecte à tout étranger que le hasard eût amené dans cette solitude.

Deux heures durant, nous creusâmes avec ardeur, sans presque échanger une parole. Ce qui nous gênait le plus, c'étaient les aboiements du chien qui paraissait prendre un intérêt excessif à notre besogne. Il finit par faire un tel vacarme que nous craignîmes de lui voir éveiller l'attention des vagabonds d'alentour ; du moins, Legrand manifesta cette crainte, car pour ma part, j'aurais été enchanté d'une intervention qui m'eût permis de ramener mon noctambule au logis. Mais Jupiter mit un terme à ce tapage. Soudain, il sauta hors du trou d'un air furieux et délibéré, musela ranimai avec une de ses bretelles et reprit sa tâche avec un rire de satisfaction.

Quand les deux heures furent écoulées nous nous trouvâmes à une profondeur de cinq pieds sans avoir aperçu le moindre indice d'un trésor caché. Il y eut alors un repos général et je commençai à espérer que la farce touchait à sa fin. Mais Legrand, bien qu'il lût évidemment fort déconcerté, s'essuya le rrontd'un air soucieux et se remil au travail. Notre excavation occupait dé je toute l'étendue du cercle de quatre pieds de diamètre; nous élargîmes quelque peu

cet espace et nous creusâmes deux pieds plus en avant. Toujours rien' Mon i lier

cheur d'or, que je plaignais de tout mon i ,,-ui . se dé< id.i enfin à se hisser hors de la losse, les traits empreints de la désillusion

| , plus amôre : lentement , à ' "litre. OMif,

,1 endossa son paletol donl il s'étail débarrassé avant de se mettre .m travail, Je le laissai Eain ans aui une obseï \ ation, Sur m, îgni de on maî1 re I upitei rama 1 1 l< oui ils ( ela fail e1 le t hien dému elé, non re pnme ileni leu 'ineni lechemindela maison Mai nou i a'&y ions pas fail une douzaine de pa . que I egrand, pou ani un juron [que, mar< ha droil à Jupiter el le i .,u . niiei i e ûôgrt ébahi ou\ rail ■ ]. ■ . h i rond t i une bout fié d iun e.

LE SCARABÉE D'OR

Il lâcha les bêches et tomba à genoux : — - Misérable ! cria Legrand, — et les syllabes sifflaient entre ses dents serrées Infernal gredin de nègre! Parlez! Répondezmoi tout de suite et sans tergiverser! ( )ù est. dites-moi, où est votre œil gauche?

— Grâce! massa Will, œil gauche être sûrement là! hurlait le nègre terrifié. Et appliquant sa main sur son œil droit, il l'y maintenait avec une obstination désespérée, comme s'il craignait que son maître n'en voulût à cet organe :

— Je m'en doutais ! J'en étais sûr!

Hurrah ! vociféra Legrand ; et lâchant le nègre, il se mit à exécuter une série de cabrioles et d'entrechats, au grand ahurissement de son serviteur qui s'était relevé et qui, sans dire un mot, promenait son regard alternativement de son maître à moi, et de moi à son maître.

— Allons! Il faut retourner sur nos pas,

ilii ce dernier; la partie n'est pas encore perdue. Et il reprit le chemin du tulipier.

— Jupiter, dit-il, quand nous fûmes au pied de l'arbre, venez ici. Comment le crâne était-il cloué à la branche ? La face tournée en dehors, ou vers la branche ?

— Face en dehors, massa, pour corbeaux pouvoir becqueter les yeux à leur aise.

— Bien ! Maintenant, est-ce par cet œil ci ou par celui-là que vous avez fait glisser l'insecte ? — et Legrand toucha chacun des yeux de Jupiter.

— Par cet œil-là, massa, — par œil gauche, comme vous avoir dit à moi !

Et c'était toujours l'œil droit que le malheureux nègre s'obstinait à désigner.

— Allons ! Tout est à recommencer ! Là-dessus mon ami, dans la folie duquel

j'entrevoyais maintenant ou croyais entrevoir quelques indices de méthode, enleva la cheville qui marquait l'endroit où l'in-

LE PARCHEMIN PORTAIT DES INDU ETIONS SUR L'EMPl m EM1 NI D\ IKKSOK (P. .';).

LÔ

r> CONTES ÉTRANGES ^

e était tombé, et la reporta plus à l'ouest, à trois pouces environ de sa position primitive. 11 tendit ensuite son ruban à mesurer du tronc de l'arbre jusqu'à la cheville, comme il avait fait auparavant, et continua de le dérouler dans la direction ainsi indiquée jusqu'à une distance de cinquante pieds. Il détermina ainsi un nouveau point qui se trouvait à plusieurs yards de celui où nous avions bêché. Avec ce nouveau point comme centre, il décrivit un cercle un peu plus large que le premier, et nous nous remîmes à bêcher. J'étais terriblement fatigué ; mais, sans pouvoir me rendre compte de ce qui avait occasionné ce revirement dans ma manière de voir, je n'éprouvais plus la même répugnance pour la besogne qui m'était imposée. Je m'y intéressais, et j'éprouvais même à mon tour une sorte d'excitation. Peut-être y avait-il dans l'allure déraisonnable de mon ami un air d'assurance résolue et je ne sais quoi de divinateur qui m'impressionnait. Je bêchais vigoureusement, et de temps à autre, je me surprenais à chercher, avec quelque chose qui ressemblait beaucoup à de l'espoir, le trésor supposé dont la vision avait affolé mon infortuné compagnon. A l'un des moments où de telles extravagances possédaient le plus vivement ma pensée, — il y avait peut-être une heure et demie que nous travaillions, nous fûmes interrompus de nouveau pat les aboiements redoublés du i hien. La première lois, son agitation n'avait été évidemment «pie l'effet d'un caprice ou un a< ( es de gaieté animale; mais elle prenait maintenant un caractère plus Irrité et plus violent. Jupitei voulut de nouveau le mu elei , m. us il fit une résistance furieuse, sauta dans le trou et gratta frénétiquement la terre ave< s<-s pattes. En quelque i se< ond< il mil â dé< ouvert un amas d'ossement humains, formant queletfc i omplet ent remêlés d< plu h. m i bouton - de m< ta] el d'une ma i i< re en déi omposition qui nous parut i

ux '!'-' toff< d< i.i 1 1 m i n ou deux - oups de l" ■ ne firenl soi tii de tern la

lame d'un grand i ouù au i pa >] e1 en

■ ut. non . nnlmt pai dé( ou \ i n i roi ■ ou quatn pi< i e ■ d'oi et d'aï genl éparpill» i

A i. i. | upitei eut peine â < ont< uii

sa joie; mais le visage de son maître exprimait la plus amère désillusion. Il nous pressa cependant de persévérer dans nos efforts ; et il avait à peine fini de parler que je trébuchai et tombai en avant, le bout de ma botte s'étant pris dans un gros anneau de fer à moitié caché sous une motte de terre friable.

Nous nous remîmes à l'ouvrage avec une nouvelle ardeur ; je n'ai jamais passé dix minutes dans un état d'exaltation aussi intense. En ce laps de temps, nous dégageâmes complètement un coffre en bois oblong qui, à en juger d'après son état de conservation parfaite et son extraordinaire dureté, avait dû être soumis à quelque procédé de minéralisation, et passé, peutêtre, au bichlorure de mercure. Ce coffre mesurait trois pieds et demi de long, trois pieds de large sur deux pieds et demi de profondeur. Il était solidement scellé par des bandes de fer forgé, rivées, et formant tout autour une sorte de treillage métallique. De chaque côté, et près du couvercle, il y avait trois anneaux de fer, — six en tout, — au moyen desquels six personnes pouvaient au besoin le manœuvrer. Nos efforts réunis réussirent à peine à l'ébranler sur place. Nous reconnûmes immédiatement l'impossibilité de transporter une si lourde masse. Heureusement les seules attaches du couvercle consistaient en deux verrous. Nous le ; fîmes glisser, tremblants et pantelants d'anxiété. L'instant d'après, un trésord'une valeur incalculable étini elait devant nos yeux. Les rayons des lanternes tombaient dans l'exi avation, sur le coffre ouvert, et faisaient jaillir de cet amas confus d'oi el de joyaux des flammes et des éclairs donl nos yeux i taient littéralement éblouis.

Je ne tenterai pas de dépeindre les sent n i km i < s que j '< | >r< > u \ ai en i ontemplant ■ e i"-' ta» le L'étonnement était nat urel-

Icment ce qui prédi i lait en moi. I .egrand

emblait aba ttu pai l'exi ôs mêmedeson ex< i ta i ion, et ne put pronom i i que p< u de mots i ■ visagi di fupitei fui pendant quelques minute aus li mortellemenl pâle qu'il est permis à un n< gr< di l< devenir, il Bem blait i upéfit ani anti I lii ntôl U tomba à gi 1 1 « > 1 1 • .i.i n la fossi 'ii afonçant dans l'ors< I h -i 1 1 m jusqu'au i oude Ulesj lais une il i délectail â i e bain fantas-

^ LE SCARABÉE D'OR

j'examinai alors, minutieusement, la tète de mort (p. 24)

tique. Enfin, avec un profond soupir, et comme se parlant à lui-même:

— Et tout ceci venir du carabe d'or!

s'écria-t-il, du joli carabe d'or! du pauvre petit carabe d'or que moi traiter si mal! Toi pas honteux, mauvais nègue ? Réponds un peu.

Il devint nécessaire à la fin de réveiller le maître et le serviteur pour leur faire comprendre qu'il y avait urgence à transporter le trésor. Il se faisait tard, et nous n'avions pas de temps à perdre si nous voulions que le tout fût remisé chez nous avant l'aurore. Nous ne savions trop que faire, et nous passâmes beaucoup de temps à délibérer, car une grande confusion régnait dans nos idées. Nous finîmes par alléger le coffre en le débarrassant des deux tiers de son contenu, et c'est à peine si nous pûmes alors le soulever hors du trou. Les objets extraits du coffre furent déposés parmi les ronces et laissés sous la responsabilité du chien, à qui Jupiter donna les instructions

les plus sévères, lui enjoignant de ne quitter la place sous aucun prétexte, et de ne point desserrer les dents jusqu'à notre retour. Nous partîmes en toute hâte avec le coffre, et nous arrivâmes sans encombre à la hutte, mais absolument harassés, et à une heure du matin. Dans cet état de complet épuisement, il n'était plus humainement possible de fournir un nouvel effort. Nous nous reposâmes jusqu'à deux heures et nous soupàmcs; puis nous repartîmes du côté des collines avec trois grands sa< s que nous avions eu la chance de trouver dans la hutte. Un peu avant quatre heures, nous nous retrouvions devant la fosse.

Chacun de nous prit une charge à peu près égale de butin, et sans nous donner la peine de combler les trous que nous avions creusés, on reprit le chemin du logis; et là. nous déposâmes pour la seconde fois notre précieux fardeau, au moment où les premières franges de l'aurore apparaissaient à l'orient, par dessus le faîte des arbres.

& ( o.\ TES ÉTRANGES 3

Nous étions absolument à bout de forces, mais tel était notre état d'excitation fébrile qu'il nous fut impossible de prendre aucun repos. Après un sommeil agité de trois ou quatre heures, nous nous levâmes comme si nous nous étions donné le mot, afin de procéder à l'inventaire de nos richesses. Le coffre avait été rempli jusqu'aux bords, et ce ne fut pas trop de toute la jour née et d'une partie de la nuit, pour examiner ce qu'il contenait. Nous axions tout entassé pêle-mêle, sans la moindre préoccupation d'ordre et de classement. Après avoir minutieusement trié le tout, nous nous trouvâmes détenteurs de richesses beaucoup plus considérables que nous ne l'avions imaginé tout d'abord. En espèces, plus de quatre i eut cinquante mille dollars, la valeur de iliaque pièce estimée, avec toute l'exactitude possible, d'après les cours de l'époque. Pas une parcelle d'argent, tout en ortie date aïK ienne et de provenances extrêmement monnaies françaises, espagnoles, allemandes, ainsi que quelques guinées anglaises et des jetons d'un modèle qui nous était totalement inconnu. Il y avait aussi quelques médailles d'un diamètre el d'un poids considérables, mais tellement usées que les caractères en étaient devenus indéchiffrables. Ain une monnaie d'Amérique.

L'estimation des joyaux donna lieu à plus ■ le diffi< ultés. Nous trouvâmes des diamants, — pour la plupart très beaux et l < ni dix au total, cl pas un

de dimension médioi re , dix-huit rubis 'l'un éclat extraordinaire; trois < «ni dix émeraudes, toutes forl belles; vingt e1 un aphirs e1 une opale. Toutes . es piei res ..-. aient < té déi erties et jetéi ça et Là dan6 le coffre, i es mont ures ..•. .1 îent 1 t< mai te il empi 1 lier sans doute qu'on pût les rei onnaltre. Indépendamment de 1 es une quantité rable de bijoux en or massii il 5 avait bien d< ues ou boui le

d'oreilli aifique 1 balne

trente, 1 1 j'ai bon om enii . quai re-vingt ad 1 crucii mi 1 Lnq en

en 01 .iim grand pu •. , un i„,i a piin< ii énorme, orn< de pampre el d'un groupe figurant une bai 1 banale d< m . d'épéc qui étaienl di m. rveilles d< 1 1 < lui. . .1 une quantité d

de moindre valeur dont j'ai oublié le détail. Le poids de toute cette orfèvrerie dépassait trois cent cinquante livres. Et, dans cette estimation, je n'ai pas compris cent quatre-vingt-dix-sept montres en or, de toute beauté, dont trois valaient bien cinq cents dollars chacune. Beaucoup étaient très vieilles et sans aucune valeur en tant qu'horlogerie, les rouages ayant été plus ou moins corrodés par l'humidité du sol ; mais toutes étaient richement garnies de pierreries et les boîtiers étaient du plus grand prix. .Nous estimâmes cette nuit-là le contenu total du coffre à un million et demi de dollars; et lorsque dans la suite, nous disposâmes des bijoux et des joyaux, non sans nous en être réservé quelques-uns pour notre usage personnel, il se trouva que notre évaluation était de beaucoup inférieure à la réalité.

Quand nous eûmes enfin achevé notre examen et que l'excitation intense du premier moment lut calmée dans une certaine mesure, Legrand, voyant que je mourais d'impatience d'avoir la solution île cette énigme extraordinaire entra dans un récit détaillé de toutes les circonstances qui s'y rattachaient.

— Vous vous rappelez, dit-il, le soir où je vous montrai le grossier croquis du scarabée que j'a\ .ils fait à VOtre intention \ OU VOUS SOUVenez aussi (pie je parus assez

vexé de votre insistance à me duc que mon

dessin ressemblait à une tête de mort.

La première lois que vous avez exprimé cette opinion, je crus que vous plaisantiez; mais je me rappelai ensuite les taches parti . uliôres qui exi itent sur le d > ■ de l'inseï te

et je ( Om lus que \ ot le lein.nque en somme

h '. tait pas s, lus quelque fondement. Je

n'en fus pas moins piqué de VOUS \ OÙ i.til

le • talents graphique cai je passe

poui ^^ as ez bon dessina teui . el lorsque vous m'avez rendu le mon eau de pan be min. je failli l< 1 biffonnei et le jetei au feu de dépit.

I B luol. e.lll de pafiiei , \ ouïe ' \ .m n , d.uil.

\,,n pa çi la 1 n 1 ffel avait bien toute 1 apparent e du papici . m ti quand je vou lu .1. m. r d< u .. je m'ap. 1. u que 1 '. tait un m »r< eau de pan licruin n

& LE SCARABÉE D'OR

mince. 11 était fort sale, vous vous en souvenez. Eh bien donc, au moment où j'allais le froisser dans mes doigts, mon regard tomba sur le croquis que vous avez eu sous les yeux, et vous pouvez imaginer quel fut mon étonnement, quand je reconnus en effet le dessin d'une tête de mort à l'endroit précis où je croyais avoir tracé le croquis du scarabée. Pendant un moment, je fus trop abasourdi pour raisonner avec quelque justesse. Je .avais que mon croquis était brês différent par le détail de ce nouveau dessin, bien qu'il y ait une certaine ressemblance dans l'aspect général. Je pris alors une chandelle, et m'asseyant à l'autre bout de la pièce, je me mis à examiner le parchemin de très près. En le retournant, je retrouvai mon propre dessin au verso, tel que je l'avais fait. Mon impression première fut de la surprise; la ressemblance dans le contour était vraiment remarquable ; ce fait, qu'il y eût à mon insu un crâne sur l'autre côté du parchemin, juste à l'envers de mon croquis du scarabée, et que ce crâne, non seulement dans son aspect, mais dans .':es dimensions, ressemblât si exactement à mon dessin, ce fait, dis-jc, constituait une coïncidence dont la singularité me stupéfia absolument pendant quelques instants. C'est l'effet ordinaire de semblables coïncidences. L'esprit cherche à établir une relation, une liaison de cause à effet, et n'y pouvant parvenir, se trouve frappé d'une sorte de paralysie momentanée. Mais quand je fus revenu de cette stupeur, une conviction peu à peu se fit jour en moi, conviction qui m'étonna beaucoup plus encore que la coïncidence des dessins. Je commençai à me rappeler d'une façon distincte, positive, qu'il n'y avait aucun dessin sur le parchemin au moment où je faisais mon croquis du scarabée. J'en acquis la certitude absolue ; car je me rappelai avoir tourné le parchemin d'abord d'un côté, puis de l'autre, pour chercher l'endroit le plus propre. Si le crâne y avait été alors, naturellement je n'aurais pu manquer de le remarquer, il y avait là réellement une énigme que je me sentais dans l'impossibilité de résoudre; mais dès ce premier moment, il me semblait voir briller faiblement comme une sorte de ver luisant, dans les replis les plus reculés et les plus

secrets de mon intelligence, une conception rudimentaire de cette vérité dont notre aventure de la nuit dernière vous a fourni une si magnifique démonstration. Je me levai aussitôt, et serrant le parchemin en lieu sûr, je remis toute réflexion ultérieure jusqu'au moment où je serais seul.

Quand vous fûtes parti et que Jupiter fut tout à fait endormi, je me livrai à un examen plus méthodique de la question.

En premier lieu, je cherchai à me rendre compte de la façon dont le parchemin était tombé entre mes mains. L'endroit où nous avons trouvé le scarabée était situé sur la côte du continent, à environ un mille à l'est de l'île et à peu de distance au-dessus de la marée haute. Quand je mis la main dessus, il me pinça si cruellement que je fus forcé de lâcher prise. Jupiter, avec la circonspection cpii le caractérise, avant de saisir l'insecte qui s'était envolé vers lui, chercha de tous côtés une feuille ou quelque chose d'analogue qui lui permît de s'en emparer. C'est alors que ses yeux ainsi que les miens, se fixèrent sur ce morceau de parchemin que je pris d'abord pour du, papier. Il était à demi enfoui dans le sable, avec un coin en l'air. Je remarquai, près de l'endroit où nous le découvrîmes, des débris qui me parurent provenir de la chaloupe d'un navire. Cette épave semblait être là depuis bien longtemps, car il fallait de la bonne volonté pour y reconnaître la charpente d'un bateau.

Jupiter ramassa donc le parchemin, et après en avoir enveloppé l'insecte, me le donna. Bientôt après, nous retournâmes vers la hutte, et chemin faisant, nous rencontrâmes le lieutenant G... Je lui fis voir le scarabée, et il me demanda de le lui laisser emporter au fort. Je n'eus pas plutôt consenti qu'il se hâta de le fourrer dans la poche de son gilet, sans le parchemin qui avait servi à l'envelopper, et que j'avais gardé à la main tandis qu'il considérait l'insecte. Peut-être craignait-il de me voir changer d'avis, et voulait-ils'assurer d'abord de l'objet : — vous connaissez son enthousiasme pour tout ce qui touche à l'histoire naturelle. Il est probable qu'inconsciemment je remis le parchemin dans ma poche.

Vous vous souvenez sans doute qu'au moment où je m'assis à cette table, afin de

faire un croquis de L'insecte je ne trouvai pas de papi< r à l'endroit où il est d'ordinaire. Je cherchai dans le tiroir; il n'y en avait pas davantage. Je fouillai toutes mes poches, omptant y tr uver quelque vieille lettre, et ma main rencontra le parchemin. C'est à dessein que je vous donne tous ces détails sur la façon précise dont il vint en ma possession ; car, à la réflexion, ce concours de circonstances m'a singulièrement frappé.

Vous allez sans doute me considérer comme un visionnaire; mais j'avais dès lors déterminé une sorte de relation entre les faits. J'avais réuni deux anneaux d'une grande chaîne, en premier lieu, une barque échouée sur le rivage, en second lieu, un parchemin trouvé non loin de cette barque, — un parchemin, et non un papier, — sur lequel était dessiné un crâne.

Nous me demanderez naturellement en quoi consiste cette relation. Je vous répondrai que le crâne est l'emblème bien connu des pirates qui, dans tous leurs combats, arborent le pavillon à tête de mort.

J'ai dit un morceau de parchemin, et non de papier. C'est que le parchemin est une Bubstan< e durable, je dirai presque indestructible. Il est rare que l'on consigne sur du parchemin des documents de peu d'importance, car pour l'usage courant de j'é. riture ou du dessin, il esl loin de pr< sen ter les mêmes avantages que le papier.

■ marque me donna à penser que

de mort avait quelque u i"

quelque signifii atior ecrètt fe ne manquai pas non plus de notei la forme du pan lie min.. Bien que l'un de ses angles eût été détruil pai suite d'un a< i idenl quel< onque, jl riait t.,. ile de e rendre i ompte qu'il . primitivement de forme oblongue < /était une bande telle qu'on aurai! pu la omme mémorandum, pour prendre note d'un renseigni menl qu'on voulail

■.<• rap; | • Qip • <1 COI

■ oui

m.,i .. mi. i loi;-; m'avez dit

qu'il n le pan hemin

au moment ou \ou . lit' I' l roqui du Si a«

i ►uelle relation avez vou don. pu déterminer ont re la barque et le i râne, pnj ique pothôse.t elui

c i ,L dû <t ie t ia. . 1 1 ommenl

et par qui ? — postérieurement à votre croquis à vous.

Ah ' c'est là tout juste la clé du mystère. Et pourtant, il me fut relativement peu difficile de résoudre cette question spéciale. Je marchais dans une voie sûre, et qui ne pouvait aboutir qu'à un seul résultat.

Si vous voulez, voici mon raisonnement:

quand je dessinai mon scarabée, il n'y avait pas de crâne apparent sur le parchemin; le dessin achevé, je vous l'avais tendu et je ne vous avais pas quitté des yeux jusqu'à ce vous me l'eussiez rendu. J'en conclus que ce n'était pas vous qui aviez dessiné le crâne. Or, personne autre que vous n'était là pour le faire. Il n'y avait donc pas eu dans ce fait d'intervention humaine. Et pourtant, il était là, ce. crâne !

Arrivé àce stade de mes réflexions, je m'efforçai de me rappeler, et je parvins à me rappeler avec beaucoup de netteté, les moindres incidents survenus pendant l'intervalle dont il s'agit. Le temps était froid (oh! la bienheureuse et rare circonstance !) , et nous avions un beau feu flambant dans la cheminée. Moi, la marche m'avait réchauffé, et je m'étais assis près de la table; mais vous par contre, vous aviez tiré une chaise tout près de la cheminée. Au momenl précis où je vous passai le parchemin et où vous alliez le regarder, Wolf, mon tcrrc-ncuvc, entra et vous mit les pattes sur les épaules. Vous le; flattiez de la main gauche tout en cherchant à vous en débarrasser, tandis .pic vous laissa-/ pendre négligemment entre vos genoux et tout près «lu feu, votre main droite, < elle qui tenail I'- parchemin. |. . raigni même un instant .pu- les flammes m- l'ai teigni en1 el j'allais \ ous due d'j

faire :i' tention ; mais axant que l'eusse

dit un moi, vous a\ nv retiré votre main, et

VOUS V on , «lie/ mis eu de\ ou d'examiner

le parchemin. En rapprochanl tout.

pal I L 1 1 1 . 1 1 Iles, je lie mis pas (Il doute lui SOU]

n, .i.int que la . naleui n'eûl 1 1. l'agenl

.pu a\ ail mis en lumière le I mile de II m.

ni L- pai. hemin. \ ous n'i t< avoir

qu'il exi ite, el qu'il a exi itt di toul temps. d( i préparai ion i himique à l'aide desquelles H e il pos tible d'é< rin bui du papier ou du \ i im de telle "Me que li caractères ne «lc\ lenneiii \ i ible ■ qu'apré tavoû < té expo m ■

a la. lion du feU. I »ll Ullll le aura . piel. piel.us

NOUS NOUS REMIMES AU TRAVAIL AVEC UNE NOUVELLE ARDEUR ; JE N'ai MINUTES DANS UN ÉTAT D'EXALTATION AUSSI INTENSE

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