‹ ContesChapitre 17 sur 32 · HUITIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

HUITIÈME TABLEAU

Une gare de chemin de fer. Le guichet est fermé quoique ce soit l'heure du départ.

Le voyageur, à un homme d'équipe. Eh bicU, CSt-

ce que le train ne part pas?

• L'homme d'éouipe. — Je peux pas vous dire.

Le voyageur, à uu gardien. — Le traiii ne part donc pas?

Le gardien. — Moi, je suis pour le service de la salle d'attente.

Le voyageur, à un gendarme. Il UC part paS, le

train ?

Le gendarme. — Il paraît que non... On dit qu'il y a un embarras sur la voie...

Le voyageur. — Un embarras?

Le gendarme. — Un embarras.

Le voyageur. — Un embarras?... Quelque chose de grave? '

Le gendarme. — On... ne sait... pas trop. La justice y est avec le préfet et les ingénieurs, et mon capitaine aussi. Mais... on ne sait pas trop.

Le voyageur, à un monsieur d'apparence convenable. 11

y a un embarras sur le chemin de fer?

Le monsieur. — Un accident terrible, monsieur, comme il en arrive continuellement sur cette ligne, et cette fois-ci c'est d'autant plus coupable que c'est à la fois par la faute des employés de la ligne, par défaut de surveillance supérieure, et par suite de l'état déplorable de la voie et du matériel ! Il y a beaucoup de morts et de blessés. Il est parti six médecins!

Le voyageur. — Ce que vous dites là est aussi effrayant que possible. Je ne sais comment faire. Il faut pourtant absolument que je regagne

Paris, et d'un autre côté, la perspective de confier mes os à de pareilles gens n'a rien que de profondément sinistre...

Li: MONSIEUR. — Que voulez-vous! monsieur, avec le monopole qu'on a laissé prendre à ces messieurs, il n'y a pas de choix : il faut livrer sa tête, et se considérer comme très heureux quand on s'en tire avec un bras démis ou une jambe cassée !

Le gardten du guichet. — Les voyageurs pour la ligne de Paris, prenez vos billets, s'il vous plaît !

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