DIXIEME TABLEAU
Une gare d'arrivée à Paris. Un troupeau de voyageurs effarés court tumultueusement vers la salle des bagages. Au bout de trois quarts d'heure les portes s'ouvrent.
Le voyageur, après avoir parcouru, d'abord au pas, puis au trot, puis au galop, toute la ligne des colis, reste consterné. Ses bagages manquent. (A un surveillant.) MonsieUF , je ne
retrouve pas mes bagages.
Le surveillant. — Pardon, monsieur, je suis à vous.
On enlève successivement tous les colis. Le voyageur, à un homme de peine. MeS bagageS
manquent. Ils ne sont pas là.
L'ho3ime de peine. — Ce n'est pas possible. On aura oublié de les apporter. Venez avec moi sur le quai.
Le VOYAGEUR, cherchant sur le quai. lls n'y SOUt
pas.
L'homme de peine. — Je vas voir sur la feuille.
Le VOYAGEUR, seul. — Pourvu qu'ils ne soient pas restés à la gare... (a ihomme de peine.) Pourvu qu'ils ne soient pas restés...
L'homme de peine. — Y a pas de danger! Attendez... attendez... voyons donc... Ab!... Cer-
ceau-la-Toupie pour Paris! voilà. (Un moment de silence.) Je n'y conçois rien... c'est à n'y rien comprendre . . .
Le voyageur. — Eli bien?
L'homme de peixe. — Eh bien... oui^ je vois bien, là, Cer ceau-la-Toupie pour Paris, numéro sept^ deux colis^ pardi, c'est bien ça. Ça été dirigé par erreur sur Bucharest !
Le VOYAGEUR, exaspéré. — Bucliarest!
L'homme DE PEINE. — Bucharest...
Le voyageur. — En Yalachie !
L'homme de peine. — ||Pour ce qui est de Valaohie, je ne peux pas vous dire. Au surplus je vais vous conduire au bureau des réclamations.