ET UN PETIT GARÇON, LE VOYAGEUR
Les deux enfants commencent à remuer les jambes et à taper sur les coussins pour faire voler la poussière.
Le PETrr garçon. — Maman ! regarde donc comme il y a de la poussière !
La petite fille. — Maman ! fais finir Amédée, il me salit toute !
Le commis-voyageur. — En voilà, des wagons ! On balaie ça tous les trente-six du mois. C'est dégoûtant, n'est-ce pas, monsieur?
L'Espagnol. — Hon, hon...
Le poitrinaire, d'une voix creuse et lamentable . MCS-
sieurs, je vous demanderai de fermer les glaces, s'il vous plaît : j'ai la poitrine très faible et le froid de la nuit m'est mortel.
Le marchand de RŒUFS, endormi, roulant comme une masse sur le voyageur. — RrrrrOll. . . ffff. . . RlTrOIl. . . fffF.
Le voyageur, à part, s'arc-boutant des deux mains sur la ban- <juette et repoussant le marchand de bœufs. L< CSt aDOmi-
nable et je crains bien de ne pouvoir supporter cela jusqu'à Granville : cette odeur de rouennerie neuve, de laine chaude, d'eau-de-vie et de navet cru, a quelque chose d'affreux. J'ai le cœur sur les lèvres et l'estomac dans la bouche. Pouah!