‹ Contes fantastiques (volume 2)Chapitre 4 sur 21 · HISTOIRE DU CHIEN DE BRISQUET · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CHIEN DE BRISQUET

En notre forêt de Lions, vers le hameau de la Gonpillière, tout près d'un grand puits-fontaine qui appartient à la chapelle Saint-Mathurin, il y avoit un bonhomme, bûcheron de son état, qui s'appeloit Brisquet, ou autrement le fendeur à la bonne hache, et qui vivoit pauvrement du produit de ses fagots, avec sa femme qui s'appeloit Brisquette. Le bon Dieu leur avoit donné deux jolis petits enfants, un garçon de sept ans qui étoit brun, et qui s'appeloit Biscotin, et une blondine de six ans qui s'appeloit Biscotine. Outre cela, ils avoient un chien bâtard à poil frisé, noir par tout le corps, si ce n'est au museau qu'il avoit couleur de feu; et c'étoit bien le meilleur chien du pays, pour son attachement à ses maîtres.

On l'appeloit la Bichonne, parce que c'étoit une chienne.

Vous vous souvenez du temps où il vint tant de loups dans la forêt de Lions. C'étoit dans l'année des grandes neiges, que les pauvres gens eurent si grand'peine à vivre. Ce fut une terrible désolation dans le pays.

Brisquet, qui alloit toujours à sa besogne, et qui ne craignoit pas les loups, à cause de sa bonne hache, dit un matin à Brisquette: — Femme, je vous prie de ne laisser courir ni Biscotin ni Biscotine, tant que M. le grand-louvetier ne sera pas venu. Il y auroit du danger pour eux. Ils ont assez de quoi marcher entre la butte et l'étang, depuis que j'ai planté des piquets le long de l'étang

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