‹ Contes fantastiquesChapitre 16 sur 27 · LE H 01 DES SABLES · texte numérisé non relu

LE H 01 DES SABLES

Le lendemain, audéclin du jour, survintdans lemème endroit un fameux bandit dont l'histoire neconserve pas le nom, mais qui étoit dans toute la contrée la terreur des caravanes, auxquelles il imposoit d’énormes tributs, et qu'on appeloit, par cette raison, le Itoi des Sables, si les Mémoires de cette époque reculée sont fidèles. Jamais il n’étoit entré si avant dans le désert, parce que cette route n’étoit guère fréquentée des voyageurs, et l’aspect de cette source et de ces ombrages réjouit son cœur, ordinairement peu sensible aux beautés de la

LE SONGE D’OR

nature, de manière qu’il avisa de s’y arrêter un moment.

— Je n’ai pas été mal inspiré vraiment, murmura-t-il entre ses dents en apercevant le trésor. Le kardouon veille ici, suivant l’usage immémorial des lézards et des dragons, à la garde de cet amas d’or dont il n'a que faire, et ces trois insignes écornifleurs sont venus de compagnie pour se le partager. Si je me charge de tout ce butin pendant qu'ils dorment, je ne manquerai pas de réveiller le kardouon, qui réveillera ces misérables, car il a toujours l’œil au guet, et j’aurai affaire au lézard, au bûcheron, au faquir et àThomme de loi, qui sont gens âpres à la curée et capables de la défendre. La prudence m’enseigne qu’il vaut mieux feindre de dormir à côté d’eux, tant que les ténèbres ne sont pas tout à fait tombées, puisqu'il paroît qu’ils se sont proposé de passer ici la nuit, et je profiterai ensuite de l’obscurité pour les tuer un à und’un bon coup de kangiar. Ce lieu est si infréquenté, que je ne crains pas d'être empêché demain au transport de ces. richesses, et je me propose mêmedene pas partir sans avoir déjeuné de ce kardouon, dont la chair est fort délicate, à ce que j’aiouïdire à mon père.

Et il s’endormit à son tour, en rêvant assassinats, pillage et kardouons cuits sur la braise.

Ceci est l’histoire du Roi des Sables, qui étoit un voleur, et qu’on nommoit ainsi pour le distinguer des autres.

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