‹ Contes fantastiques d'HoffmannChapitre 41 sur 87 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La baronne se montra à l'heure, du diner en frais déshabillé, plus blanc que la neige : elle paraissait fatiguée, abattue; mais lorsqu'elle leva la tète et lit entendre sa voix mélodieuse, ses regards exprimaient une sorte de désir ardent, et une légère rougeur colora sa pale figure. Klle était plus belle que jamais.

Qui pourrait dépeindre la folie d'un jeune homme qui a la tète et le cœur trop chauds? ,1e reportai sur la baronne l'amer mécontentement que son mari m'avait /ait éprouver. Tout ce qui venait de se passer nie parut une honteuse mystification. Je voulus montrer que j'avais conservé l'empire de moi-même, et que je pouvais user d'une grande perspicacité. Comme un enfant boudeur, j'évitai la baronne, j'échappai aux poursuites d'Adélaïde, et je mi* tramai assis à l'extrémité de In table, entre deux officiers, avec lesquels je lis d'amples libations. Au dessert, nous finies iiDsihoii usage de nos verres, que je. devins, contre mon habitude, très-gai et très-bruyant. Un domestique m'apporta une assiette sur laquelle se trouvaient des dragées, et me dit ; « De la part de mademoiselle Adélaïde. » Je les pris, et je remarquai ces mots traces au crayon sur une des dragées; « Et Sérapbinel » Mon sang bouillonna dans mes veines; je regardai Adélaïde, qui m'observait d'un air malin, et qui saisit son verre en me faisant un léger signe de tête. Involontairement je murmurai ; « Séraphine 1 » et je vidai mon verre d'un seul trait. Mes yeux se tournèrent vers elle ; je m'aperçus qu'elle replaçait au

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