‹ Contes français (volume 2)Chapitre 9 sur 43 · EXPLOITS D'HERCULE DANS LA VALLÉE DU RHÔNE CONTRE TARAS OU TAUIUSKUS · texte numérisé non relu

EXPLOITS D'HERCULE DANS LA VALLÉE DU RHÔNE CONTRE TARAS OU TAUIUSKUS

Après qu'il eut vaincu Albion et Ligur, Hercule poursuivit son chemin dans la vallée du Rhône, laissant derrière lui la colonie florissante de Nemausus. Mais il n'était pas au bout de ses épreuves, car il rencontra bientôt un autre géant qui lui barra résolument la route et prétendit qu'il ne devait pas aller plus loin vers l'intérieur du pays.

Ce géant s'appelait Taras d'après les uns, Tauriskus d'après les autres. Et il faut ajouter que les attributs qu'on lui prête, selon qu'on lui donne le premier ou le second de ces deux noms, sont assez différents pour qu'on doive se demander si, par hasard, il ne

s'agirait pas de deux individus différents au lieu d'un seul.

C'est qu'en effet, Taras est représenté comme un fils de Neptune, avec la forme d'un dieu marin monté sur un dauphin; ce serait alors un frère d'Albion et de Ligur.

Tauriskus , au contraire , est considéré comme un habitant des montagnes qui descendait de temps en temps dans la plaine pour y dévaliser et y tuer les voyageurs, puis qui remontait chargé de leurs dépouilles dans ses repaires inaccessibles.

Quoi qu'il en soit, c'est-à-dire qu'il s'agisse de Taras, habitant la vallée du Rhône aux environs de Beaucaire et d'Avignon; ou bien de Tauriskus, exerçant ses déprédations dans cette vallée, entre Montélimar et Valence et allant au besoin se cacher, lorsqu'il rencontrait des adversaires trop puissants, dans les montagnes voisines de la Drôme, de l'Ardèche ou même du Dauphiné ; nous devons ajouter que le géant avait compté sans Hercule.

Celui-ci alla résolument à lui, le terrassa et lui leva la vie, délivrant ainsi à jamais le pays de ses déprédations.

Le fruit de cette grande victoire fut la

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pacification et la civilisation de la contre'e. De'sormais le long du Rhône comme sur le littoral et à Némausus, les hommes qui vivaient isolés, tremblants, malheureux et opprimés se réunirent, apprirent à semer et planter les végétaux utiles, à jouir des fruits de la terre et de ceux de l'Industrie.

De sorte que, si Hercule avait rencontré d'abord devant lui un ennemi acharné et redoutable, il laissa derrière lui des populations inoffensives , heureuses et pleines d'amour reconnaissant pour ses bienfaits.

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EXPLOITS D'HERCULE DANS L'INTÉRIEUR DE LA CELTIQUE, SON MARIAGE AVEC GALATHÉE

Après avoir accompli les actions mémorables que nous venons de raconter, Hercule voulut courir encore les aventures. Continuant à marcher devant lui, il arriva enfin dans un pays prospère et abondamment peuplé.

Dans ce pays, il y avait un roi puissant qui n'avait qu'une fille du nom de Galathée; cette fille était d'une beauté admirable, d'une grâce sans pareille, bref, elle était la femme la plus accomplie qu'on pût rêver.

Jusque-là, Galathée était restée insensible aux sollicitations amoureuses de tous les jeunes gens; elle avait refusé de choisir un

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mari, voulant vivre dans une entière indépendance, rebelle aux lois de l'amour.

Mais, lorsqu'elle vit arriver chez son père le Héros si renommé et si admirable, elle fut éprise d'un vif sentiment de sympathie pour lui, elle ressentit aussitôt le plus ardent amour qui puisse s'imaginer.

Hercule avait, on le sait, le cœur aussi tendre qu'il avait le bras fort; aussi fut-il, de son côté très sensible aux charmes de Galathée et lui fit-il la cour d'une manière assidue dès le premier moment. Un mariage fut aussitôt projeté entre eux et s'accomplit sans retard.

De cette union entre Hercule et Galathée, naquit un enfant qui porta le nom de Galatès, qui fut un guerrier redoutable, un législateur plein de prévoyance; et qui devint le père des Galates ou des Gaulois.

Dès qu'il fut devenu l'époux de Galathée, Hercule se mit à bâtir la grande ville d'Alesia qui, en peu de temps, devint le centre du commerce et de l'industrie de la contrée. Il attira dans cette ville les hommes du voisinage et, comme partout, il fit le bonheur comme la richesse de tous ceux qui vinrent se ranger sous ses lois.

Galathée était une épouse, belle, tendre; le pays quelle apportait en dot à son mari était beau et étendu, mais le destin avait décidé qu'Hercule aurait d'autres exploits à accomplir.

Aussi ne pût-il pas passer sa vie entière dans la contrée ; et, dés que le succès de son influence fut assuré, dès qu'il comprit que son fils était assez grand désormais pour gouverner son peuple, il partit pour accomplir d'autres actions mémorables.

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