LE PETIT GARÇON DE NEIGE
extraordinaire, et Ton reconnaissait unanimement qu'il était d'un caractère, d'une douceur sans égale. Seulement, on disait qu'il n'avait point de sang, que son corps était froid comme glace et qu'il ne pouvait supporter la grande chaleur du foyer.
Tout l'hiver, l'enfant de neige resta gai, jovial et de bonne humeur. Mais dès que le soleil du printemps commença à reparaître, le petit garçon se montra triste et on le vit rire moins souvent. Puis, vers la fin de cette saison, il rechercha l'intérieur des bois et tous les endroits ombragés. Sa tristesse avait augmenté et il pleurait presque toujouis, ce qui désolait beaucoup ses vieux parents et ses camarades du village.
Lors de la Saint-Jean, les enfants réunirent du bois et de la paille, et firent un grand feu de joie autour duquel ils se mirent à danser. Mais le petit garçon de neige n'était pas là. Ses amis allèrent le chercher et l'entraînèrent dans leur ronde autour du foyer allumé en l'honneur de saint Jean. L'enfant dansa fort joyeusement; mais quand le feu fut à moitié éteint et que l'on sauta par-dessus, il disparut subitement, fondu à la flamme, et ne laissant qu'un peu d'eau dans la main de ses petits camarades.
(Conté en 1 883, par M. Emile Ulry, qui l'a appris de sa nourrice dans le Limousin, à Don\enac \Con èie~[).