‹ Contes françaisChapitre 48 sur 89 · LA COQUETTE PUNIE · texte numérisé non relu

LA COQUETTE PUNIE

( PICARDIE

T Tn maréchal, un menuisier et un maçon fai- ^ saient la cour à une jeune fille du village. Le mardi, le jeudi et le samedi, c'est-à-dire, les jours où les a amoureux pour de bon » vont voir leur bonne amie, les trois jeunes gens arrivaient chez la belle et restaient fort tard à essayer chacun de son côté de se faire agréer par la jeune fille. Mais ce n'était qu'une coquette qui ne demandait qu'à se gausser de ses admirateurs et dont le plus grand plaisir était de rire à leurs dépens, ce qui mortifiait d'autant plus ceux-ci, qu'ils ne se sentaient pas le courage de lui en faire des reproches.

Un soir que le maréchal était arrivé de bonne heure, la coquette lui dit :•

a Je voudrais bien voir si réellement tu m'aimes comme tu me l'assures. Pour t'é prouver, voici ce que je te demande :

Tu vas prendre un drap de lit, tu t'en envelopperas et tu iras à minuit me cueillir une fleur sur la tombe du fils à la mère Victoire. Si tu fais cela, je te promets de me marier avec toi.

— Tu n'y songes pas, aller ainsi me promener dans le cimetière ?

— Alors tu ne m'aimes pas.

— Si, si; mais puisque tu le veux, j'irai. »

Le galant quitta la jeune fille et s'en fut au cabaret se préparer en buvant à ce que lui demandait la fille.

Le menuisier arriva peu après.

« Tiens, je suis seul, dit-il en arrivant; cela tombe bien. Il y a assez longtemps que je te fais la cour. Veux-tu oui ou non que Ton publie nos J

premiers bans dimanche prochain (

— Je ne demanderais pas mieux si j'étais sûre que tu m'aimes ; mais quelles preuves en ai-je ?

— Que faut-il faire pour te rassurer ?

— Je ne sais trop... Voyons; pour l'amour de moi irais-tu au cimetière à l'heure de minuit, une peau de vache sur le dos cueillir une fleur sur la tombe du fils à la mère Victoire?

— J'aurais préféré une autre épreuve; mais puisqu'il n'y a que ce moyen d'obtenir ta main,

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