‹ Contes françaisChapitre 49 sur 89 · LA COQUETTE PUNIE I · texte numérisé non relu

LA COQUETTE PUNIE I

j'irai au cimetière à l'heure dite. Adieu, je vais boire un coup en attendant. »

Il venait de sortir, quand le maçon arriva et lui aussi demanda la main de la coquette.

« Prouve-moi que tu m'aimes en allant au cimetière avec une lanterne et une clochette cueillir une fleur sur la tombe du fils à la mère Victoire, et je te promets de me marier avec toi dans les quinze jours.

— C'est une singulière façon de te montrer mon amour. Puisque tu y tiens, je le ferai. Mais quand et à quelle heure?

— Ce soir même, au coup de minuit.

— Entendu. Je vais boire un coup en attendant. » A l'heure dite, le maçon, le menuisier et le marée liai arrivaient au cimetière par trois endroits différents.

« Jour de Dieu ! se dit le maçon ; voici le Diable en personne; je le reconnais à ses pieds de bouc et à ses grandes cornes. »

Et il se cacha derrière une tombe.

« Où diable me suis je fourré ? se disait le menuisier; voici un grand fantôme qui se promène là-bas. Ce n'est pas gai ! »

a Je suis perdu ! pensait le maréchal ; voici làbas le Diable et quelque damné qui sonne de sa clochette. Où me cacher: »

Et il se coucha tout de son long entre deux tertres.

Les heures passèrent et aucun «de nos hommes ne songea à s'en aller. Ce ne fut qu'au matin, qu'ils se hasardèrent à se lever.

« Tiens, le maréchal !

— Tiens, le maçon !

— Tiens, le menuisier ! »

Et tous trois partirent à rire et se racontèrent leur aventure de la nuit. P.uis ils se dirent :

a Nous sommes bien sots de perdre notre temps auprès de cette coquette; laissons- là à ceux qui en voudront, et jouons- lui un tour de notre façon. »

Ils convinrent pour le soir de se déguiser en pèlerins, et ils se donnèrent rendez-vous auprès de la maison de la coquette paysanne.

La nuit venue, le maréchal alla frapper à la porte de la jeune fille.

a Pan ! pan !

— Entrez.

— Je suis un pauvre pèlerin et je reviens à pied de Jérusalem. Voulez-vous m'accorder l'hospitalité pour cette nuitr

— Certainement, certainement! dirent les gens de la maison. Asseyez-vous auprès du feu et réchauffez-vous tandis que notre fille préparera votre souper.

— Je vous remercie, mais je ne demande pas à manger. Le bon Dieu fournira à ce besoin. Tenez: Grand bon Dieu, envoyez-moi un gros pâté, du

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