‹ Contes françaisChapitre 5 sur 89 · LE LOUP ET LE RENARD · texte numérisé non relu

LE LOUP ET LE RENARD

(ilf.-dk-france)

Un pauvre homme avait trois chèvres : pendant Télé et l'automne, il les conduisait par les champs et par la lisière des bois, et les trois animaux pouvaient tant bien que mal trouver leur nourriture. Mais quand vinl ïh\vtY,\t v^I"

san dut vendre deux de ses chèvres. 11 garda la plus petite et l'attacha dans son jardin. Chaque jour il lui portait quelque peu de pain afin de l'empêcher de mourir.

La chèvre eût bien voulu être libre et courir par la forêt voisine, elle voyait les sapins tout verts et se figurait que la bonne herbe tendre devait pousser là-haut; aussi se promit-elle de s'enfuir bientôt. Elle rongea son lien et par une belle après-midi franchit la haie qui la séparait de la campagne. Notre chèvre était bien heureuse de courir à son aise et de brouter les quelques plantes que les froids hâtifs avaient épargnées *. Par malheur, Compère Renard l'aperçut et alla prévenir le Loup :

« La chèvre du père Mathieu s'est enfuie ; veux-tu la croquer?

— Comment donc? mais il y a deux jours que je n'ai mangé. Où est- elle? j'y cours.

— Nous partagerons la bête?

— Oui, oui, c'est convenu. »

Compère Renard et Compère Loup se jetèrent sur la chèvre et la tuèrent.

a Nous allons la manger tout de suite, dit le Loup.

i. Remarquer l'analogie du commencement de ce récit avec la délicieuse histoire d'Alphonse Daudet : La Chèvre de M. Séguin.

Page 1