‹ Contes françaisChapitre 4 sur 89 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

ou de Grimm, dont les recueils pourtant ont pénétré par les publications populairaires jusqu'au fond des villages et des hameaux. Pour lui, ce ne sont pas des contes, mais des histoires qui se lisent et ne se répètent pas en récits comme les contes merveilleux de la Bête à sept têtes, de Jean de l'Ours ou du Rusé Voleur.

Les seuls contes écrits qui soient entrés dans la littérature orale sont tout au plus quatre ou cinq : Barbe-Bleue, le Petit Poucet, le Petit Chaperon Rouge , Cendril Ion parfois et aussi un Ali-Baba défiguré où Von ne sait s'il faut voir le conte oriental ou un conte plus ancien analogue; le reste est inconnu.

Ce fait à lui seul prouve bien des choses, quant aux questions d'origine et de transmission de la littérature orale. La littérature écrite n'a qu'une influence bien minime à notre époque de diffusion des livres et d'instruction asseç générale; il est certain qu'au moyen âge, dans un temps où l'imprimerie n'existait pas et où les connaissances les plus élémentaires n'étaient que ï apanage de quelques rares privilégiés — moines , prêtres ,

clercs, poètes et - troubadours, — les œuvres des lettrés ou les recueils indiens n'ont pu avoir Vinfluence capitale que quelques savants voudraient leur attribuer.

Mais revenons à nos contes. Comme nous le disions, ils ont été recueillis un peu partout; mais c'est surtout la Picardie, la Normandie, le Berry, la Lorraine et la Provence qui nous en ont fourni le plus. Un jeune Canadien nous a raconté plusieurs contes de son pays ; nous en avons donné quelques-uns au professeur Stanislao Prato qui se propose de les étudier dans la Romania ; nous insérons ici les autres, parce que les Canadiens sont Français d'origine, de langue, on pourrait même dire de cœur.

A la suite de ces contes, tous inédits, nous en donnons quelques autres publiés en 187g, dans le tome VIII de la Romania, et que nous avions recueillis en Picardie , plusieurs savants spécialistes nous en demandant le tirage à part, qui n'existe plus, et nous priant de les publier dans un de nos recueils. C'est ce que nousfaîsons aujourd'hui. On les trouvera

FRÉFACB XI

à la fin du volume avec les mêmes numéros que dans la Revue. Four l'étude de ces derniers contes, nous renverrons le lecteur au substantiel compte - rendu qu'en a fait, peu après leur publication, le savant bibliothécaire de Weimar, M. Reinhold Kœhler, dans la Zeitschrift fur der romanische Philologie. Ceci dit, nous laissons la parole à nos conteurs et à nos conteuses.

E. Henry CARNOY.

Paris, le 2 novembre 1884.

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