‹ Contes françaisChapitre 54 sur 89 · FRANCHE - COM1É · texte numérisé non relu

FRANCHE - COM1É

[Variante du conte lorrain ci-dessus]

Trois filles à marier sortaient de la messe quand trois beaux cavaliers les suivirent et les accompagnèrent à la maison où on les invita à dîner. Ils refusèrent disant qu'un travail pressant les attendait à leur château, mais comme le fermier insistait, ils finirent par accepter en mettant pour condition que l'une des filles irait le jour suivant leur rendre visite en leur château» Les deux aînées refusèrent, mais la cadette accepta. Le lendemain la jeune fille prit le chemin du château et entendit un hibou qui lui disait.

Jeune fille, jeune fille; tu vas a lu mort.

Elle ne s'en inquiète pas, arrive devant un château splendide, entre et ne trouve personne. Comme elle entend de grands cris, elle a p?ur et se cache à la cave dans un tonneau vide. Les trois cavaliers l'ont entendue et la cherchent partout. Il descendent à la cave, mais chaque t'ois qu'ils passent près de la jeune fille, celle-ci souffle sur leur bougie et l'éteint.

a Diable de vent! » se disent les cavaliers ; et persuadés qu'ils ont mal entendu, ils remontent pour descendre peu après avec les jambes, la tête et le tronc d'une jeune fille qu'ils ont assassinée. Puis ils se mettent à manger ces morceaux de cadavre. Lorsque ce repas abominable est achevé, ils sortent de la cave et la jeune fille peut s'échapper et rentrer chez elle. Le dimanche suivant, les cavaliers reviennent à la ferme. Au milieu du repas, l'histoire du château est racontée, les cavaliers veulent s'enfuir, mais le fermier frappe dans ses mains, la maréchaussée se présente, les cavaliers sont saisis, conduits à la ville et pendus.

(Conté en 1882, par M. Grenotton de Thouin, qui l'a entendu dans un village des environs de Besançon [Doubs].)

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