LES TROIS PILLES ET LES TUOIS CAVALIERS ÎOJ
Puis les trois hommes prirent de grands couteaux, découpèrent le cadavre et se mirent à manger, l'un le cœur, l'autre la tête et le troisième un bras de la jeune fille assassinée. Puis leur horrible repas terminé, les trois cavaliers remontèrent, fort heureusement sans fermer la porte de la cave.
Toinettevit sur le sol un doigt coupé portant encore une bague en or; elle le ramassa, le serra dans sa poche et remonta le plus doucement qu'il lui fut possible. Sans être remarquée, elle sortit du château et se hâta de retourner à la ferme de son père.
« Eh bien ! questionnèrent les sœurs; qu'as-lu vu au château des trois cavaliers? »
Et Toinette raconta tout au long son aventure et montra le doigt et l'anneau de la jeune fille assassinée.
Huit jours après, un grand bruit de chevaux se fît entendre sur la route et les trois cavaliers s'arrêtèrent devant la ferme et descendirent de cheval.
« Pourquoi n'êtes vous pas venue dimanche, Catherine? Nous vous avons attendue impatiemment toute la journée.
— Il m'a été impossible de sortir de toute la journée, tant je souffrais d'un violent mal de dents. Ce n'est que partie remise. Nous en causerons en dînant. »
20S CONTKS FRANÇAIS
Et Ton se mit à table. A la fin du dîner, Toinettc raconta que le dimanche précédent elle avait été pour aller dans un château voisin, que des hiboux voulaient l'en détourner et qu'enfin elle avait vu trois beaux cavaliers manger le cadavre d f une femme qu'ils venaient de tuer.
Les trois cavaliers inquiets faisaient semblant de rire.
<c Votre histoire est fort bien dite. Mais est-elle vraie? Avez-vous une preuve quelconque? Et n'avez -vous pas rêvé?
— Je n'ai que cette preuve, dit la jeune fille en montrant le doigt et l'anneau; et ces trois brigands n'étaient autres que vous. >
Les cavaliers voulurent s'enfuir, mais le paysan sonna de la trompe et les gendarmes cachés dans une pièce voisine, se jetèrent sur les bandits et les enchaînèrent.
Quelques jours plus tard, les trois cavaliers étaient jugés et condamnés à être pendus; et leur château fut donné au fermier et aux trois jeunes filles qui peu après se marièrent et vécurent heu* reuses jusqu'à un âge fort avancé.
{Conté à Paris en \883,par M. Georges Charpentier, qui Va entendu de sa nourrice à Vacqueville [A/tfurthe-et-MoselleJ.\
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