‹ Contes françaisChapitre 79 sur 89 · LE CORDS SANS AME, ETC · texte numérisé non relu

LE CORDS SANS AME, ETC

Personne n'a pu le tuer jusqu'à présent. Le roi promet la main de sa fille à celui qui la délivrera. Personne ne s'est encore présenté.

— Allez, ma bonne femme, je vais courir délivrer la fille du roi ; vous en entendrez bientôt parler. Adieu: »

Kiou-Cher partit vers la mer emportant avec lui son étui. Après plusieurs jours de marche, il rencontra un homme qui gardait un immense troupeau de bœufs.

«r Bonjour, bouvier; pourriez vous me donner un morceau de pain, et m'indiquer le château du Corps-sans-Ame ?

— Du Corps-sans-Ame! Je suis son. bouvier. Il va venir tout à l'heure, et il m'étranglerait s'il apprenait que je vous ai indiqué sa tour. Voici du pain. Sauvez-vous si vous tenez à la vie, car le dragon va venir et il vous dévorerait.

— Je ne le crains pas. Je vais rester et je le tuerai.

— Oh! oh! mon brave, vous voulez rire! Si vous tenez à vous cacher, mettez-vous ici.

— Non, non. Je resterai. »

Le Corps-sans-Ame arrivait. Il mugissait comme mille tonnerres. Apercevant Kiou-Cher, le monstre lui dit :

« Qui es-tu, ombre de mes moustaches, poussière du néant 1 ? Que viens-tu faire dans mes domaines"

Page 1