‹ ContesChapitre 22 sur 24 · A MON AME · texte numérisé non relu

A MON AME

Fuis, âme blanche, un corps malade et nu ; Fuis en chantant vers le monde inconnu !

A dix-huit ans, je n'enviais pas, certes !

Le froid bandeau qui presse les jeux morts.

Dans les grands bois, dans les campagnes vertes,

Je me plongeais avec délice alors;

Alors les vents, le soleil et la pluie

Faisaient rêver mes yeux toujours ouverts :

Pleurs et sueurs depuis les ont couverts;

Je connais trop ce monde,... et je m'ennuie.

Fuis, âme blanche, un corps malade et nu; Fuis en chantant vers le monde inconnu!

Las et poudreux d'une route orageuse.

Je chancelais sur un sable flottant;

Page 1