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La feinte nonae

26i QUATRIÈME PARTIE.

Où prendre un mot qui dise lionnêiement

Ce que lia le père de l'enfanf.

Comment trouver un détour sulTisaiu

Pour cet endroit? Vous avez ouï dire

Qu'au temps jadis le genre humain avoit

Fenêtre au corps, de sorte qu'on pouvo t

Dans le dedans tout à son aise lire :

Chose commode aux médecins d'alors.

Mais si d'avoir une fenêtre au corps

Étoit utile, une au cœur au contraire

Ne l'éloit pas, dans les femmes surtout:

Car le moyen qu'on pût venir à bout

De rien cacher? Notre commune mère,

Dame nature, y pourvut sagement

Par deux lacets de pareille mesure.

L'homme et la femme eurent également

De quoi fermer une telle ouverture.

La femme fut lacée un peu trop dru :

Ce fut sa faute; elle-même en fut cause,

N'étant jamais à son gré trop bien close.

L'homme au re! ours; et le bout du tissu

Rendit en lui la nature perplexe.

Bref, le la( rt à l'un et l'autre sexe

Ne put cadrer, et se trouva, dit-on,

Aux femmes courts, aux hommes un peu long.

Il est facile à présent qu'on devine

Ce que lia notre jeune imprudent :

C'est ce surplus, ce reste de machine,

liout de lacet aux hommes excédant.

D'un brin de fil il l'attacha de sorte

Que tout sembloit aussi plat qu'aux nonnains :

Mais, fil ou soie, il n'est bride assez forte

Pour contenir ce que bientôt je crains

Qui ne s'échappe. Amenez-moi des saints;

Amenez-moi, si vous voulez, des anges;

Je les tiendrai créatures étranges

Si vingt nonnains, telles qu'on les vit lors.

Ne font trouver à leur esprit un corps :

J'entends nonnains ayant tous les trésors

l)e ces trois sœurs dont la fille de l'onde *

Se fait servir ; chiches * et fiers appas

Que le soleil ne voit qu'au nouveau monde ',

Car celui-ci ne les lui montre pas.

La prieure a sur son nez des lunettes,

Pour ne juger du cas légèrement.

Tout à l'entour sont debout vingt nonnettes,

En un habit que vraisemblablement

N'avoient pas fait les tailleurs du couvent.

Figurez-vous la question qu'au sire

On donna lors : besoin n'est de le dire.

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