‹ ContesChapitre 122 sur 193 · M-i donne · texte numérisé non relu

M-i donne

J'ai fait en ma jeun sse maint dit par vanité ; Or m'en doint Dieu faire ung par vraye charité. (Cudicille de Jean de MeU'i<i,v. T.)

'2. Phrase proverbiale, par allusion aux danseurs de corde, qui promettent toujours de faire des choses extraordinaires.

Gaules et fouets; procession de verges,

Qui fit la ronie à l'entour du meunier,

Sans lui donner le temps de se montrer,

Sans l'avertir. « Tout beau! dit-il, mesdames,

Vous vous trompez, considérez-moi bien :

Je ne suis pas cet ennemi des femmes.

Ce scrupuleux qui ne vaut rien à rien.

Employez-moi; vous verrez des merveilles :

Si je dis faux, coupez-moi les oreilles.

D'un certain jeu je viendrai bien à ])out :

Mais quant au fouet, je n'y vaux rien du tout.

— Qu'entend ce rustre, et que nous veut-il dire?

S'écria lors une de nos sans dents ;

Quoi ! tu n'es pas notre faiseur d'enfants?

Tant pis pour toi, tu payeras pour le sire ;

Nous n'avons pas telles armes en main

Pour demeurer en un si beau chemin.

Tiens, tiens, voilà l'ébat que l'on désire. »

A ce discours, fouets de rentrer en jeu,

Verges d'aller, et non pas pour un peu ,

Meunier de dire en langue intelligible,

Crainte de n'être assez bien entendu :

« Mesdames, je... ferai tout mon possible

Pour m'acquitter de ce qui vous est dû. »

Plus il leur tient de discours de la sorte.

Plus la fureur de l'antique cohorte

Se fait sentir. Lonf^temos il s'en souvint.

266 QUATliliî.M 1-: l'ARTlE.

Pendant qu'on donne au maître l'anguillade *,

Le mulet fait sur l'herbetle gambade.

Ce qu'à la fin l'un et l'autre devint,

Je ne 'e sais, ni ne m'en mets en peine :

Sudît d'avoir sauvé le jouvenceau.

Pendant un temps les lecteurs, pour douzaine

De ces nonnains au corps gent et si beau,

IN'auroient voulu, je gage, être en sa peau.

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