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Engourdis

Contes T. II.

34 TROISIKMK rAiniK.

Selon mon sens, c'est le meilleur paru. A tard viendroit aussi bien la querelle. N'êtes-vous pas cocu plus d'à demi?

Madame Alis au fail a consenti :

Cela suffit; le reste est bagatelle. »

L'époux goûta quelque peu ces raisons.

Sa femme lit quelque peu de façons, N'ayant le temps d'en faire davantage.

Et puis?... Et puis, comme personne sage Elle remit sa coiffure en état.

On n'eût jamais soupçonné ce ménage.

Sans qu'il resloit' un certain incarnat Dessus son teint ; mais c'étoit peu de chose : Dame fleurette en pouvoit être cause.

L'une pourtant des tireuses de vin De lui sourire au retour ne fit faute : Ce fut la peintre \ On se remit en train; On releva grillades et festin ; On but encore à la santé de l'hôte,

1. Sans qu'il restait, si ce n'est qu'il restait. Molière a dit :

Sans quo mon bon génie au devant m'a poussé, Déjà tout mon bonheur eût été renversé.

( L'Etourdi, acte I, se. ii.)

La Fontaine emploie encore la môme tournure de phrase dâS3 lu Confidenle sans le savoir, ci-aprèa, cinquième partie. i. Lafemmerdu peintre.

Et de l'hôtesse, et de colle des trois Qui la première auroit quelque aventure. Le vin manqua pour la seconde fois.

L'hôtesse, adroite et fine créature, Soutient toujours fiu'il revient des esprits -Chez les voisins. Ainsi madame Alis Servit d'escorte. Entendez que la dame Pour l'autre emploi inclinoit en son âme ; Mais on l'emmène, et, par ce moyen-là, De faction Simonette changea.

Celle-ci fait d'abord plus la sévère.

Veut suivre l'autre, ou feint le vouloir faire; . Mais, se sentant par le peintre tirer, Elle demeure, étant trop ménagère Pour se laisser son habit déchirer.

L'époux, voyant quel train prenoit l'affaire. Voulut sortir. L'autre lui dit: a Tout douxl Nous ne voulons sur vous nul avantage.

C'est bien raison que niesser Cocuage Sur son état vous couche ainsi que nous : Sommes-nous pas compagnons de fortune?

Puisque le peintre en a caressé l'une, L'autre doit suivre. Il faut, bon gré, mal gré, Qu'elle entre en danse ; et, s'il est nécessaire. Je m'offrirai de lui tenir le pied :

Vouliez ou non, elle aura son affaire. » Elle l'eut donc, notre peintre y poui'vut

36 TKOISIÈME PARTIE.

Tout de son mieux : aussi le valoit-elle.

Cette dernière eut ce qu'il lui fallut ;

On en donna le loisir à la belle.

Quand le vin fut de retour, on conclut

Qu'il ne falloit s'attabler davantage.

Il étoit tard , et le peintre avoit fait

Pour ce jour-là suffisamment d'ouvrage.

On dit bonsoir. Le drôle, satisfait,

Se met au lit : nos gens sortent de cage.

L'hôtesse alla tirer du cabinet

Les regardants, honteux, mal contents d'elle,

Cocus de plus. Le pis de leur méchef

Fut qu'aucun d'eux ne put venir à chef*

De son dessein, ni rendre à la donzelle

Ce qu'elle avoit à leurs femmes prêté :

Par conséquent c'est fait, j'ai tout conté,

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