‹ ContesChapitre 172 sur 193 · Co mot est ainsi écrit dans le tjxte pour rimer aux yeux · texte numérisé non relu

Co mot est ainsi écrit dans le tjxte pour rimer aux yeux

Elle étoit riche, il étoit gueux, C'étoit beaucoup pour lui, c'étoit trop peu pour elle.

Quelle corruption! ô siècle! ô temps! ô mœurs! Conformité de biens, différence d'humeurs, Souffrirons-nous toujours ta puissance fatale, M*^prisal)le intérêt, opprobre de nos jours.

Tyran des plus tendres amours!

Mais faisons trêve à la morale,

Et reprenons notre discours.

Le père est bien fâché, la fille bien marrie ; Mais que faire? Il faut bien réparer ce malheur Et mettre à couvert son honneur.

Quel remède? On la marie.

Non au galant, j'en ai dit les raisons. Mais à certain quidam, amoureux des testons '

Plus que de fillette gentille.

Riche suffisamment, et de bonne famille; Au surplus, bon enfant ; sot, je ne le dis pas,

Puisqu'il ignoroit tout le cas.

Mais, quand il le sauroit, fait-il mauvaise emplette 7 On lui donne à la fois vingt mille bons ducats. Jeune épouse et besogne faite.

Combien de gens, avec semblable dot.

Ont pris, le sachant bien, la fille et le gros lot ! Et celui-ci crut prendre une pucelle :

Bien il est vrai qu'elle en fit les façons ; Mais quatre mois après, la savante donzelle Montra le prix de ses leçons :

Elle mit au monde une fille, a Quoi ! déjà père de famille !

1. Monnaie d'argent sur laquelle l'image, la tête du roi, était représentée.

Dit l'époux, étant bien surpris; Au bout de quatre mois, c'est trop tôt ! Je suis prisi

Quatre mois ce n'est pas mon compte. » Sans larder, au beau-père il va conter sa lionte, Prétend qu'on le sépare, et fait bien du fracas. 1-e beau- père sourit, et lui dit : u Parlons bas!

Quelqu'un pourroit bien nous entendre.

Comme vous, jadis je fus gendre,

Et me plaignis en pareil cas ; Je parlai, comme vous, d'abandonner ma femme: C'est l'ordinaire effet d'un violent dépit. Mon beau-père défunt, Dieu veuille avoir son âme ! Il étoit honnête homme et me remit l'esprit. La pilule, à vrai dire, étoit assez amère; Mais il sut la dorer; et, pour me satisfaire, D'un bon contrat de quatre mille écus.

Qu'autrefois pour semblable affaire

Il avolt eu de son beau-père.

Il augmenta la dot; je ne m'en plaignis plus. Ce contrat doit passer de familli; en famille.' Je le gardois exprès : aj'ez-en même soin ;

Vous pourrez en avoir besoin

Si vous mariez votre fille. »

A ce discours, le gendre, moins fâché.

Prend le contrat et fait la révérence.

Dieu préserve de mal ceux qii'cn telle occurrence

On console à meilleur niarehé ' !

1. Voyez la conifdie Je vous prends sans virt, da.ns 1« tome V.

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