Non est laudandus nec amandus amator avarus
{Aida, poôme attribué à Mathieu de Vendôme, xii* siècle.) C'était une des maximes les plus répandues au moyen âge, un de» articles de foi du Credo des troubadours et des trouvères.
Sachant très-bien qu'en amour, comme en guerre,
On ne doit plaindre un métal qui fait tout ;
Renverse murs, jette portes par terre \
N'entreprend rien dont il ne vienne à bout ;
Fait taire chiens, et, quand il veut, servantes;
Et, quand il veut, les rend plus éloquentes
Que Cicéron, et mieux persuadantes ;
Bref, ne voudroit avoir laissé debout
Aucune place, et tant forte fût-elle.
Si * laissa-t-il sur ses pieds notre belle.
Elle tint bon; Fédéric échoua
Près de ce roc, et le nez s'y cassa;
Sans fruit aucun vendit et fricassa
Tout son avoir; comme l'on pourroit dire
Belles comtés', beaux marquisats de Dieu,
Qu'il possédoit en plus et plus d'un lieu.
Avant qu'aimer, on l'appeloit messire
A longue queue' ; enfin, grâce à l'amour,
Il ne fut plus que messire tout court.
Rien ne resta qu'une ferme au pauvre homme.
Et peu d'amis, même amis Dieu sait comme.
Le plus zélé de tous se contenta,
i. Si, particule affirmative. (Voyez t. III, p. 55, note 3.)
2. Ce mot était encore féminin en poésie. Il est resté féminin dans le nom de la Franche- Comté.
3. C'est -a-dire : en faisant suivre ce mot de beaucoup de noms de domaines et de lieux.
Comme chacun, de dire : « C'est dommage. » Chacun le dit, et chacun s'en tint là: Car de prêter à moins que sur bon gage, Point de nouvelle : on oublia les dons. Et le mérite, et les belles raisons De Fédéric, et sa première vie.
Le protestant ' de madame Clitie
N'eut du crédit qu'autant qu'il eut du fonds.
Tant qu'il dura, le bal, la comédie
Ne manqua point à cet heureux objet ;
De maints tournois elle fut le sujet ;
Faisant gagner marchands de toutes guises*
Faiseurs d'habits, et faiseurs de devises,
Musiciens, gens du sacré vallon :
Fédéric eut à sa table Apollon.
Femme n'étoit ni fille dans Florence
Qui n'employât, pour débaucher le cœur
Du cavalier, l'une un mot suborneur,
L'autre un coup d'oeil, l'autre quelque autre avance ;
Mais tout cela ne laisoit que blanchir*.
11 aimoit mieux Clitie inexorable