‹ ContesChapitre 69 sur 193 · L'oracle de la dive bouteille · texte numérisé non relu

L'oracle de la dive bouteille

4. La Fontaine écrit navigeoit, pour donner à ce mot une physionomie plus ancienne. Il rappelle, aussi exactement qu'il peut le faire en quelques vers, le récit rabelaisien, qui est très-prolixe.

5. « Ce Dindenault, voyant Panurge sans braguette, avecciues ses lunettes attachées au bonnet, dist de luy à ses compaiguons : « Voyez a là une belle médaille de coqu. »

G Aavire.

164 QUATRIÈMli PARTIE.

Menoit moutons. « Vendez-m'en un, dit l'autre. — Voire, reprit Dindenaut, l'ami nôtre, Penseriez-vous qu'on pût venir à chef ^ D'assez priser ni vendre telle auniaille*?» Panurge dit : « Notre ami, coûte et vaille, Vendez-m'en un pour or ou pour argent, » Un fut vendu : Panurge incontinent Le jette en mer, et les autres de suivre. Au diable l'un, à ce que dit le livre, Qui demeura. Dindenaut au collet Prend un bélier, et le bélier l'entraîne. Adieu mon homme : il va boire au godet '.

Or revenons : ce prologue me mène Un peu bien loin. J'ai posé dès l'abord Que tout exemple est de force très-grande, Et ne me suis écarté par trop fort En rapportant la moutonnière bande :

Car notre histoire est d'ouailles * encor.

i. Qu'on pût venir à bout.

2. Aumaille n'est pas dans Rabelais. C'est un terme des vieilles coutumes pour désigner le bétail. Ducange, dans son glossaire, prétend que ce mot comprend tous les bestiaux domestiques. Ménage en restreint la signification au gros bétail, au\ bêtes à cornes. La Fontaine est de l'opinion de Ducange. « Or en pues remener t'aumaille » (tu peux emmener ton bétail). [Fabliau de Constant du Hamel, v. :^80.)

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