Culottes
3. Le cas, l'aventure; moi appartenant au vocabulaire comique.
2t( QUATRIÈME PAItTIE.
Cette voirie*? Isabeau, savez-vous ( Car désormais qu'ici l'on vous honore Du nom de sœur, ne le prétendez pas ) Savez-vous, dis-je, à quoi, dans un tel cas. Notre institut condamne une méchante ?
Vous l'apprendrez devant qu'il soit deniain. Parlez, parlez. » Lors la pauvre nonnain, Qui jusque-là, confuse et repentante, N'osoit branler, et la vue abaissoit, Lève les yeux, par bonheur aperçoit Le haut-de-chausse, à quoi toute la bande, Pai- un effet d'émotion trop grande, N'avoit pris garde, ainsi qu'on voit souvent. Ce fut hasard qu'Isabelle à l'instant S'en aperçut. Aussitôt la pauvrette Reprend courage, et dit tout doucement : « Votre psautier a ne sais quoi qui pend; Raccommodez-le. » Or c'étoit l'aiguillette * : Assez souvent pour bouton l'on s'en sert. D'ailleurs ce voile avoit beaucoup de l'air D'un haut-de-chausse, et la jeune nonnette. Ayant l'idée encor fraîche des deux,
1. C'est-à-dire cet être immonde, et digne d'être jeté à la voirie.
2. « Venne alla giovane alzato il vise e veduto cio che la badessn aveva in capo, e gli usolieri che di qua e di la pendevano. — 11 adviiii à la jeune folle de hausser la vue, et vit ce que l'abbesse porioit en sa teste, et l(>s lacets des brayes qui pendoient des deux costés. » [Décaméron, nad. A. Le Maçoa.)
LH PSAUTIEA. 213
Ne s'y méprit : non pas que le raessire Eût chausse faite ainsi qu'un amoureux.
Mais à peu près; cela devoit suffire.
L'abbesse dit : « Elle ose encore rire ! Quelle insolence ! Un péché si honteux Ne la rend pas plus humble et plus soumise I Veut-elle point que l'on la canonise?
Laissez mon voile, esprit de Lucifer; Songez, songez, petit tison d'enfer, Comme on pourra raccommoder votre âme. » Pas ne finit mère abbesse sa gamme Sans sermonner et tempêter beaucoup.
Sœur Isabeau lui dit encore un coup :
« Raccommodez votre psautier, madame. »
Tout le troupeau se met à regarder :
Jeunes de rire, et vieilles de gronder. La voix manquant à notre sermonneuse, Qui, de son troc bien fâchée et honteuse. N'eut pas le mot à dire en ce moment, L'essaim fit voir par son bourdonneinent Combien rouloient de diverses pensées Dans les esprits. Enfin l'abbesse dit : « Devant qu'on eût tant de voix ramassées, 11 seroit tard ; que chacune en son lit S'aille remettre. A demain toute chose. »
Le lendemain ne lut tenu, pour cause,
Aucun chapitre, et le jour ensuivant ; Tout aussi peu. Les sages du couvent Furent d'avis que l'on se devoit taire: Car trop d'éclat eût pu nuire au troupeau. On n'en vouloit à la pauvre Isabeau Que par envie : ainsi, n'ayant pu faire Qu'elle lâchât aux autres le morceau, Chaque nonnain, faute de jouvenceau, Songe à pourvoir d'ailleurs à son affaire. Les vieux amis reviennent de plus beau. Par préciput ' a notre belle o;i laisse Le jeune fils, le pasteur à l'abbesse : Et l'union alla jusques au point Qu'on en prêtoit à qui n'en avoit point.