‹ Contes ligures, traditions de la Rivière (volume 2)Chapitre 14 sur 77 · LA FILLE DU DIABLE · texte numérisé non relu

LA FILLE DU DIABLE

Ir. y avait une famille riche qui n'avait qu'un enfant. Ce garçon était très timide et ne sortait jamais qu'avec sa mère. Cela ennuyait sa mère qui voyait son fils si timide. Un jour elle lui dit : o Prends de l'argent et va t'amuser comme les autres. » Elle voulait le dégourdir. 11 prit tant de passion pour le jeu qu'il finit par perdre toute la fortune de son père et de sa mère. Quand H l'eut perdue H n'usa plus retourner à la maison de peur de reproches. 11 s'en fut errer dans la campagne et il pleurait. Dans le temps qu'il était là à pleurer, un vieillard se présente à lui et lui dit : « Qu'as-tu? — J'ai perdu toute la fortune de mon pi-re et de ma mère et je n'ose plus aller à la maison, a Le vieillard lui dit : « Si tu me promets de venir me ■ la montagne où j'habite, je te pro-

mets de te faire recouvrer la furtune que tu as perdue et dix fois davantage! » Il dit que oui. — ci Prends cet argent et va jouer où tu as perdu; je serai là et tu verras que tu gagneras toujours. » Quand il eut gagné ce qu'il avait perdu et davantage, alors, il retourna à la maison. Il était content; mais il s'agissait, pour le lendemain, d'aller trouver ce vieillard sur sa montagne, et il n'était pas tranquille. Le lendemain, il se met en route et il marche tout le jour vers lu montagne et, quand il fut nuit, il voit un lumignon dans une cabane. 11 s'approche, frappe à la porte, t

il i

qui lui disent : « Que demandez-vous? — Je demande si vous ne sauriez m'indiquer où se trouve la plus haute montagne? — Non, nous, nous ne sortons point d'ici; mais nos sœurs vont venir; elles vont assez loin chercher de quoi manger, peut-être qu'elles pourront vous l'indiquer, si vous voulez attendre. » Les colombes arrivent et les autres leur disent :

* Ici est un jeune homme qui voudrait savoir où se trouve la plus haute montagne! — Du pied de la plus haute montagne, nous en venons. C'est trop loin poui tenant ; mais, demain, matin, en route, si vous voulez attendre? » Le lendemain elles le conduisent au pied de la plus

haute montagne. « Voici la plus haute montagne; c'est à vous maintenant à vous tirer d'affaire, adieu! » Il a monté, il a monté et puis il a trouvé le vieillard qui arrivait à sa rencontre et qui l'a conduit chez lui dans une vieille masure. Lorsqu'il est arrivé, il était déjà nuit et le vieillard fit venir ses trois filles pour qu'elles fissent le souper. Après souper, il lui dit : « Demain matin, à la pointe du jour, tu te lèveras et tu iras dans cette bruyère là-bas, tu couperas tous les arbres, tu laboureras, tu sèmeras le blé qui est dans l'ctahle, tu attendras qu'il ait poussé, qu'il ait produit, tu couperas le blé, tu Feras la farine et tu porteras le pain

voilà ton pendant I je faire pou si tu ne fai; était ainsi i hre et dire fille du viet

prer

t pourrais-

!er travail. »

, il pensait : ■<■

e tirer d'affaire? Celui-là te tue

qu'il t'a dit. » Au moment où il

tendît ouvrir la porte de la eham-

Se t'épouvante pas, va, je suis la

e viens t'apporter une boite avec

une poudre. Avec une prise de cette poudre tu pourras l'aire le travail que mon père t'a donné; sinon, si tu ne le fais, il te coupera la tête et tu ne sortiras plus d'ici ! Tu prendras une prise de la poudre et tu diras : « Par ordre de ma boite o que les pins soient coupés, que la terre soit " labourée, le grain semé, mûr, coupé, la farine « faite, le pain cuit pour être porté à la mai-

» son. « II arrive avec le pain et !e vieillard lui dû : « Es-tu sorcier? — Dieu m'en garde! » Ils soupèrent et, après souper, il lui donne une autre tlche : * Demain matin, de bonne heure, tu descendras à l'etable; en bas îl y a trois chevaux, s la selle de velours sur le cheval noir, s dessus et tu iras le promener dans ia campagne. » Il se coucha comme d'habitude ui. à minuit, il vit de nouveau la fille cadette du vieillard: «Tu te rappelleras que le cheval noir c'est mon père; tu saisiras la selle de velours et tu la selleras avec soin, la bride et tout ce i un bâton, et coups sur a bien fatigué, tu retournei dans l'etable, tu mettras viendras souper. >• Il lie du vieux et, après

qu'il faut, tu prendrf

Finie'. Quand Usera

ras et tu l'attachera

la selle où elle était e

lit ce que lui avait dit la fill.

qu'il fut monté pour soupci

, le vieillard lui dit

Ils soupèrent et, après souper, il lui donne une autre tâche : u Tu sais que, lorsque je suis venu de ton pays, j'ai passé un lac, j'y ai perdu un diamant que j'avais au doigt ; il faut que tu ailles me le chercher. Ce sera la dernière tache que je te donne, parce que je vois que je ne puis rien gagner avec toi. Je te donnerai une de mes filles en mariage, si tu fuis ce que je t'ai dit. »

i minuit la fille va encore le conseiller et elle lui dit ; « Demain matin, à la pointe du jour, tu iras dans cette chambre qui est ici derrière, lu trouveras une terrine et un sabre; nous partirons tous les deux et nous irons chercher le diamant. »

pour aller chercher le diamant. Quand ils furent au bord du lac, elle lui dit : » 11 faut que tu aies un grand courage, celui de me couper en morceaux dans la terrine; et, quand je serai dans la terrine, tu la prendras et la jetteras dans le lac; tu feras attention en me jetant dans le lac de ne point laisser tomber de mon sang a terre, sinon je ne pourrais plus ressusciter. » Il la coupa en morceaux, la jeta dans le lac et il attendit sa résurrection. En la jetant dans le lac il s'aperçut qu'une goutte de sang de la grosseur d'une tète d'épingle élait tombée à terre. Il attendit tout le jour jusqu'au soir, il ne la voyait point revenir et il avait décidé de s'enfuir. Au moment qu'il s'enfuyait il entendit crier : o Attends, attends car je suis ici ! n Alors il alla à sa rencontre et elle lui porta le diamant. Elle lui dit : « Vois, tu as versé une goutte de sang, c'est pour cela que je n'ai pu ressusciter de Suite; vois, il me manque le bout du

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