PREFACE
S KQ# es contes suivants ont été recueillis gy^gj de la bouche des gens du pays. J'ai pris toutes les précautions pour n'avoir que des récits traditionnels. J'aurai voulu faire imprimer, en même temps, les textes originaux dans leur dialecte, mais le travail aurait été long, pénible et, après tout, d'un intérêt très restreint. J'ai cherché dans les traductions surtout la fidélité, ce qui expliquera quelques imperfections de style et même de fond. Je n'ai voulu ni ajouter ni retrancher, craignant de modifier la signification, et de perdre le cachet populaire qui constitue une garantie d'origine. Sous ce dernier rapport, j'ai été plus scrupuleux même que ne Ve, sotvX
parfois les conteurs, qui n'ont pas hésité à introduire une fée dans deux récits, quoiqu'il n'y en ait pas dans la superstition locale. Les contes mentionnes dans les notes sont plus ou moins analogues. L'index aidera à la comparaison.
Je me fais un plaisir de mentionner particulièrement ceux qui m'ont aidé dans le recueil: M. le professeur Gioan et M ilc Eugénie Carenso à Menton, MM. Dalbousc à Roquebrune, CarabalonaàSospel, A. Frontero à la Mortola di Ventimiglia, et Neri, bibliothécaire de l'Université de Gênes.
Les livres suivants seront cités : Basile G.-B., Il Pentamerone, Napoli 1674. — Bladéi. F., Contes d'Armagnac, Paris 1867; Contes populaires de la Gascogne, Paris 1886. — Campbell J. F., Taies of the West Highlands, Edinburgh 1860. — Carnoy E., Contes Français, Paris 1 885. — Carnoy E. H. et Nicolaides Jean, Traditions populaires de l'Asie Mineure, Paris 1889. — Compareiti D.,Novelline popolari italiane, Torino 1873. — Coronedi-Berti Carolina, Novelline popolari bolognese, Bolùgna 1 874.
— Cosquin E., Contes populaires de Lorraine, Paris 1887. — Folk Lore Review,
mdrcs. — Grimm Jand W., Household London 1884. — Hahn J. G.
, Griechîschc und aibanesische Mîerchen, Leipzig 1864. — Imbriani V., XII Conti Pomiglianesi, Napoli 1876, et La Novellaja Fioremina, Livorno 1877. — Jones H. H. and Kropf L. L., Folk Taies o!' the Magyars, London 1889. — Kingscote Miss G., Taies of the Sun, London [890. — Legrand E., Recueil de contes populaires grecs, Paris 1881. — Lu\el F. M., Contes populaires de la Basse-Bretagne, Paris 1SS7. — Ortoli J. B. F., Les Contes populaires de l'isle de Corse, Paris 1 883. — Pedroso Z. Consiglieri, Portuguese Folk- Taies, London, Folk Lore Society's publications. — Perrault, Popular taies edited by Andrew Lang, London 1S88. — Ralston W, H. S., Russian Folk-Taies, London 1 S 7 3 . — Sansovino, Cento Novelle, Venetia i6o3. — Sebillot P., Contes populaires de la Hautc-Breiagne, Paris 1880; Littérature Orale de la Haute-Bretagne, Paris 1 881 ; Conles des Provinces de France, Paris 1S84. — Steel F. A. and Temple R. C, Wide Awake stories, Bombay 1884. — Straparole, Les iacJiieuscs nuits, Paris 1882. — Yi'iisonS..
neveux rien, vous donnerez le bon jour à ma tante. » A!ors cet homme, étant arrive là-bas dît : i Catherine vous envoie le bon jour », et la tante lui donna une amande pour elle. Le père retourné à la maison, appela Catherine et lui dit : « Ta tante m'a donne une amande, que je t'apporte, u La fille écrasa l'amande et il y avait dedans une paire de pantoufles d'or. Le dimanche, elle s'habilla de nouveau et se mit ces pantoufles et la robe de soie et s'en fut à la messe. Arrivée dans l'église, le fils du roi plaça des soldats à la porte pour se saisir de Catherine. Mais elle avait mis des sous dans sa poche et quand elle arriva et que les soldats allaient la saisir, elle prit une poignée de sous et les leur jeta dans les yeux. Puis elle s'enfuit, et en s'enfuyant elle perdit une pantoufle. Alors le fils du roi dit : a Je prendrai pour ma femme celle à qui cette pantoufle ira bien. » Et il alla dans toutes les rues essayer la pantoufle à toutes les filles. Elle était trop grande aux unes et trop étroite aux autres. Quand il arriva dans la maison de Catherine, il dit : « Avez-vous des filles?» Alors la mère répondit: n Oui, ['en ai deux », Mais la pantoufle n'a pu aller à aucune des deux. Alors le fils du roi lui dit : «. N'en avez-vous pas d'autre? » La mère lui répondit : ■ Oui, j'en ai encore une, mais elle est sale et je n'ose point vous la faire voir, a Le fils du roi