LA PLUIE DE MACARONIS q
jardin. Le lendemain sa femme s'éveillant se mit à la fenêtre. « Oh, Bartoumé, viens donc voir! Il a plu des macaronis ! » Le mari répond :
« Tu m'en contes! Ah, par exemple!
tiens c'est vrai! » A quelque temps de là,
comme il l'avait bien pensé, sa femme raconta à tous que son mari ne la battait plus parce qu'elle lui avait apporté des sacs pleins de pièces d'or. Le juge ayant entendu parler de l'affaire envoya chercher le mari qui dut paraître devant le tribunal ; sa femme étant appelée comme témoin. « Vous êtes accusé de receler de l'argent qui ne vous appartient pas ! — Moi ! Chou Giugé *, je suis un pauvre homme qui travaille !» Et sa femme de s'écrier : « Tu sais bien que c'est vrai! je t'ai apporté moi-même, cet argent que j'ai trouvé dans la forêt! — Allons mon brave homme, avouez, dit le juge.
— Et quand me l'as-tu apporté, exclama le mari furieux, je vous jure que ma femme est folle ! — Et tu sais bien, le jour qu'il a plu des macaronis ! — Chou Giugé, dit le mari, avezvous jamais vu pleuvoir des macaronis ! — Non, mon ami, dit le juge en riant; allons, allons, je vois bien que votre femme est folle. Vous êtes acquitté. » Bartoumé se retira en emmenant sa femme. Il n'y eut plus de dispute