‹ Contes ligures, traditions de la Rivière (volume 2)Chapitre 28 sur 77 · LA MAIN PARLANTE · texte numérisé non relu

LA MAIN PARLANTE

vous le promets », répondit l'autre; et le fils partit avec le voyageur qui l'emmena très loin de là. « Voilà notre demeure », dit enfin le sorcier, en montrant un magnifique palais entouré de grands jardins; « tu seras heureux ici ».

Quelque temps s'était écoulé lorsqu'un jour le sorcier dit : « Je vais faire un voyage de quelque durée. Prends soin en mon absence de tous mes animaux, et surtout des volières. »

Puis, sortant une main coupée de sa poche, il ajouta : « Il faut que tu la manges pendant mon absence. » Sur quoi il partit. Le fils de l'aubergiste se conforma aux ordres qu'il avait reçus, sauf en ce qui concernait la main. Ne pouvant se résoudre à la manger, il alla la jeter dans l'étang du jardin. Quand le sorcier fut de retour, « Eh bien, tout est-il en ordre ? » demanda-t-il. — « Oui, maître, » répondit l'enfant, « venez faire le tour des jardins et vous jugerez vous-même. » En effet, tout était propre et en bon ordre. « Et la main, l'as-tu mangée? — Oui, depuis longtemps déjà ! » Mais une voix rauque se fit entendre : « Non, » disait-elle, « il m'a jetée au fond de l'étang. — C'est ainsi que tu dis la vérité, » s'écria le sorcier furieux, « va me la chercher. » Le malheureux revint, portant la main qu'il posa sur la table. « Maintenant viens avec moi ! » Et il le conduisit dans une chambre souterraine où il lui montra des

:lous.

morceaux de viande suspendus à des clous, • Voila ce que lu vas devenir », lui dit-il; a il le suspendit à un crochet. Quelque temps après, le sorcier se remit on route pour aller l'aubergiste. ■ Et mon (ils! u s'écria le père. ii Votre (ils se trouve si bien chez moi qu'il

frèn

veut plus prie de lai

change! Cependant je

liage et qu'il vous

r passer quelques

non enfant ne veut

père ! il est donc bien

veux rien lui refuser.

Va, ■> dît-il à son second fils, « trouver ton frère; mais souviens-toi de revenir et ne sois pas ingrat comme lui. »

« Où est mon frère », dit le second fils de l'auhergiste en arrivant chez le sorcier, •• je ne le vois pas? — Tranquillîse-tui, mon enfant, je l'ai envoyé' en tournée; dans quelques semaines il sera de retour. En attendant, amuse-toi, je te donne entière liberté! » Un jour le sorcier, comme il l'avait fait pour son frère, lui dit : n Je vais en voyage, garde bien le palais. « Et, après lui avoir donné la main, en lui signifiant qu'il devait la manger, il s'éloigna. Les jours se passaient et la main était toujours intacte; enfin, le jeune garçon alla l'enterrer au pied d'un arbre. Le maître revint. Après avoir tout visité il dit ; n Et la main, l'as-iu mangée? — Oui, i> fut la réponse; mais au même instant

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