LA FILLE DU DIABLE 1 5r
us ne pourrons pas marcher; mieux vaut prendre celui-ci. » Il choisit un assez bon cheval. Sa femme l'attendait dehors : « Malheureux, » lui dit-elle, « pourquoi n'as-tu pas pris le plus mauvais; mais parlons quand même. •• inuït, le diable s'aperçoit, que sa (ille et son pendre ont déguerpi et il part à leur poursuite. » Je les rattraperai vite, n se dit-il, o ils m'ont laissé mon vieux cheval. » Il enfourche l'animal, pique des deux et part. Quand la fille s'aperçoit son père les poursuit, elle dit : « J'ai trois dons, utilisons-les. Que le cheval devienne cha-
>lu. aussitôt fait. Le diable, en passant devant la chapelle, demande au curé s'il n'a pas vu passer un homme et une femme sur un cheval : n Dominas vobiscum « dit le prêtre, à la fin il finit par lui dire qu'il n'a rien vu. Le diable retourne *lors chez lui et rend compte de son voyage > sa femme. « Malheureux, » lui dit celie-ci, n il fallait prendre le curé, c'était ton gendre et le Servant ta fille, pars et atteins-les. » Le diable P Br ';mais pendant le temps écoulé le gendre e ' la fille avaient filé avec leur monture. Quand 1= diable fut encore près d'eux : •> Que le chev « soit un rosier, que tu sois un chasseur « que je sois un oiseau, » dit la fille. Le dia- °ie arrive et demande au chasseur s'il n'a rien ■*■ * Non, « dit celui-ci. Le diable i
sa femme lui dit encore que le chasseur étai 1 son gendre. Le diable reprend sa rouie, quant il approche des enfants : » Que le cheval soi 1 rivière, » dit la fille, o que je sois anguille et qut s pécheur, h Le diable s'informe encore auprès du pêcheur qui répond qu'il n'a rien vu. Et le diable retourne; sa femme le lui explique ■ Cette fois, » dit le diable, « je prend; t Et il part. Pendant ce temps la fille diii Mes trois dons sont épuisés, si mon père nous atteint, nous sommes perdus, u Déjà ils approchaient de la limite de; frontières du royaume du diable, quand soudair. ils entendent ce dernier derrière eux; ils près-
sent
leur
cheval, et, au
i le diable
allait
les
saisir, la moiti
i du cheva
1 avait dé-
passé
les
limites du roya
urne. Celu
i-ci ne pul
avoir
que la moitié de si
\a cheval :
les jeunes
gens
ient sauvés. Ils
arrivent à
la maison
du pèche grâce à i
urqui désespérait de voir son fils, et, de ce jour, ils furent tous heureuï, a fille du diable.
PETOUMELETOU
Il était une fois une femme qui vendait des lentilles, une autre femme vint à passer devant la boutique et lui dit : « Donnez-moi une lentille. — Je n'en ai qu'une. — Donnez-m'en deux. — Je n'en ai que deux. — Donnez-m'en trois. — Je n'en ai que trois. » Elles continuent de même jusqu'à douze. «. Que, toutes ces lentilles deviennent des enfants, » dit la femme à la marchande. Aussitôt dit, aussitôt fait;* les douze lentilles se changent en douze enfants. La marchande furieuse prend ces douze enfants, met leur tête dans un mortier et les écrase. Mais un moment après elle se dit : « Malheureuse que je suis, je n'en ai pas même gardé un
i. Le conte n° 35 a été supprimé après l'impression.
a CONTES LIGURES
pour l'envoyer porter le dîner a son pcre. p' Le plus rusé des enfants, Petoumeletoit, était parvenu à échapper à la mort en se cachant dans la caisse de figues. En entendant la marchande se lamenter il s'écrie : n J'y suis encore, moi, j'y suis encore! — Viens, mon enfant, u dît la marchande. — Non, car vous me rueriez. — Non, je ne te tuerai pas, viens, et tu porteras le dîner à ton père. « Alors Petoumeletou arrive. « Voilà un panier, u dit la mère, « le pain blanc, le vin blanc, le raisin blanc, tout cela est pour ton père; quant au pain noir, au vin noir, au raisin noir, c'est pour toi. •• 11 part et arrive à la campagne, il appelle son père et lui dit de venir diner. a Tout le pain noir, le vin
noir est à vous : le pain blanc est pour
moi. » Le père, le croyant sur parole, mange le pain noir. Quand ils eurent mangé, la pluie se met à tomber. Le père dit à son fils : « Va-t-en vite, sinon tu te mouilleras. » Tandis qu'il cheminait la pluie se mit â tomber à verse. Petoumeletou alors se cacha sous une feuille de figuier. Un boeuf vint à passer qui avait faim, il mangea cette feuille et avec elle PetoumeUtou. Comme l'eau tombait toujours, la mère était désespérée et appelait continuellement : « Petoumcletou! Petoumeletou! » Celui-ci lui répond: (i Oh! je suis dans le ventre du bteul iù il ne pleut ni ne fait jour, quand le boeuf