CORPS SANS AME
dit à Giouanin : « Regarde quels beaux poissons ! » Et pendant qu'il regardait, d'une poussée de la main, il le jeta à l'eau ; puis il dit à la princesse : « Tu vois qu'il est perdu et noyé ; je veux que tu dises que c'est nous qui t'avons délivrée ou ta fin est résolue. » Quoique de mauvais gré, elle promit ce qu'on voulait. Arrivés au palais, le roi ordonna un grand festin pour célébrer le mariage de sa fille avec un des pêcheurs; mais Giouanin, après avoir bien nagé, avait mis les pieds hors de l'eau, avait fait sécher la plume de l'aigle, se l'était mise et enfin était venu se poser sur une des fenêtres du palais. Il apparut dans la salle du festin. A peine la princesse, qui était aux côtés du pêcheur, l' eut-elle vu qu'elle lui sauta au cou en s'écriant : «C'est; lui qui m'a délivrée; celui-là J'a jeté à l'eau pour le noyer et voulait me tuer si je te le disais! » Le roi fit aussitôt pendre les [pêcheurs et donna sa fille à Giouanin. Il fut fait lin grand repas de noce; quant à moi, ils m'ont Jeté un os que j'ai encore au genou.
D'Arçene, collection A. Froyitevo.
Comparer: Cosquin, i5, ôo. — Sébillot, I, 9; II, p. 126. — Luzel, I, p, 427. — Webster, p. 77 et ^Vinson, 1 7. — Grimm, 1 97 . — Basile, IV, 3. — Com-
pafetti, 32, 55. — Imbriani, N. F. 1. — Visentini, 37.
— Ralston, 17.
LES TROIS FILEUSES
Il y avait une pauvre femme qui avait une fille de quinze à seize ans qui était quelque chose de beau à voir, mais qui passait toutes ses journées à la toilette et à la fenêtre pour voir les passants quand, au contraire, sa mère avait besoin de son travail. Ayant essayé de tous les moyens, et les avertissements restant sans effet, un beau jour, la mère prit un bâton et elle frappa et frappa jusqu'à en être lasse. Pendant qu'elle battait sa fille, le fils du roi vint à passer. Il demanda à cette femme pourquoi elle battait ainsi sa fille. « Parce qu'elle travaille tant qu'elle Rie jusqu'à la laine des brebis 'l — S'il en est ainsi, » dit le fils du roi, o donnez-la
moi et je verrai si c'est vrai. » Il l'emmena dans
sud palais, l'enferma dans une chambre où il y
avait des vêtements de toute si
d'oreille et des bagues
lin à filer dans la journée s
Elle ne pensait aucunement
bijou* qu'elle si
pourvoir si cela lui il ne manquait plu;
le, des pendants ii laisse un rup ' de : lui fixa l'heure, au lin, mais aux ayer devant la glace t tien.Ala fin, comme e quelques minutes à t à pleurer et à se la- , elle vit un paquet de chiffons tomber dans l'âtre et une vieille femme en sortir. Cette vieille femme lui dit : e Ne t'effraie pas, car je suis venue pour ton bien : je file et toi fais l'écheveau. » Au quart d'heure tout le lin était bel et bien filé. Pendant le travail le nez de la vieille s'allongeait. Alors la jeune fille dit à la vieille : « Comment ferai-je pour vous récompenser? — Moi, je ne veux rien autre chose qu'une invitation au diner du fils du roi, quand il t'épousera. Il suffit que tu appelles Coloumbina et je viendrai; mais n'oublie pas mon nom, car tu serais perdue! » Au bout d'un instant le fils du roi arriva, il trouva le lin filé et, tout a fait content, il dit : « Bien, demain tu en fileras deux rups. u Le lendemain, au lieu de filer, elle rit ce qu'elle avait fait le
i. Huit kilograi
B tel
long r
e petite table ronde, r placer un plat où tes trois ensemble, de
sont ces vieilles fait rire, je te prie de 1( fils du roi, content d'avoir pu faire femme, commanda la fête pour lelendei pour avoir occasion de rire, fit inviter vieilles. De fait, elles vinrent, mais ellt mises à part autour d :
assez grande à peine [ elles pouvaient manger manière que les nez se rencontraient et se battaient l'un contre l'autre de façon à faire crever de rire. A la fin, le fils du roi leur demanda ce qui avait pu leur procurer un aussi long nez. Coloumbina répondit : « Pour moi, c'est parce que j'ai filé un rup de lin en un quart d'heure. — Pour moi, » dît Coloumbara, « je l'ai deux fois plus long, parce que j'ai filé deux fois plus dans le même temps. — Et moi, » ajouta Coioumboun, « je l'ai trois fois plus long, parce que j'ai filé trois fois plus de lin aussi dans un quart d'heure. C'est nous qui avons filé le lin que vous aviez donné à votre femme. Si elle l'avait filé elle aurait maintenant un nez aus trois ner réunis. » Le fils du n choses, dit aux trois vieilles :
instruments à filer? — Oui, i toujours avec nous. — Bien, i il les fit brûler aussitôt, parce que, si Hier liiit Ûr le nez long, personne ne doit le faire.
;i long que nos >i, apprenant ces ■ Avez-vous vos ious les portons
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Quant à moi, je pense que le nez ne devient long qu'à ceux qui cherchent à tromper les autres et qui sont eux-mêmes trompés. En somme il fut fait une noce à tout casser : il y avait trois plats : un poisson frit, une immense omelette, un chat salé; et moi, jai fini de conter.
De Ciotti, collection A . Frontero.
Comparer : 4, 23,
la bonne façon. Il advint que La Ramée gra fumeur mourut et alla frapper à la porte t Paradis. Dieu dit à saint Pierre t « Regarde qui est là. o Saint Pierre regarda et dit fou de La Ramée grand fumeur qui, au lieu de me demander le salut de son âme, m'a demandé que tout fut forcé d'entrer dans son sac à son commandement; je l'ai renvoyé. » La Ramée s'en alla frapper aux portes du Purgatoire d'où on le renvoya comme inconnu. Il s'en alla frapper aux portes de l'Enfer, un diablotin vint lui ouvrir; mais il fut aperçu par le Diable qui si bien le connaissait et qui cria tout effrayé ; « N'ouvre pas, n'ouvre pas; il nous ferait tous massacrer. Vous avez tous vu comme il m'a bien arrangé, dans la forge; barrez bien !a porte qu'il n'entre pas, par charité ; qu'il s'en aille où il veut! o Diable et diablotins étayèrent la porte et se gardèrent bien de le plaisanter. La Ramée grand fumeur disait : « Où donc vais-je aller si
personne ne me veut I mais attends un peu •
Il s'en alla alors frapper de nouveau à la porte du paradis. Saint Pierre ouvrit pour regarder qui c'était et allait le renvoyer encore, mais La Raniée lui dit : « Si vous ne me voulez point, au moins laissez-moi mettre mon sac derrière la porte. » Saint Pierre lui accorda sa demande et La Ramée dit alors : e Et moi dans le sac! u Aussitôt le voilà dans le sac. Il est probable