‹ Contes ligures, traditions de la Rivière (volume 2)Chapitre 55 sur 77 · LE MONSTRE A SEPT · texte numérisé non relu

LE MONSTRE A SEPT

Il vivait autrefois, dans la ville de Constant!nople, une veuve, mère d'un fils unique du nom de Giuuanin, jeune homme beau, fort et fameux dans !e maniement de la lance et de l'épée. Arrivé à l'âge de vingt et un ans, amoureux de belles entreprises et faits d'armes qu'il entendait raconter partant de chevaliers, il dit un jour à sa mère : « Mère, tu vois que je suis homme fait; que je sais me tenir à cheval et tenir l'épée à la main, permets que j'aille courir le monde. " Sa mère lui répondit : « Si telle est ton intention, va, que Dieu te donne bonne fortune et à moi assez de jours à vivre pour que je puisse te voir de retour! » Giouanin, tout heureux, embrassa sa mère, sauta à cheval et partit. Après plusieurs jours de marche, il

arriva dans une i

y entra et le long des rues on ne voyait âme qui vive. U s'en alla à une auberge et, pendant qu'il mangeait, il demanda à l'hôte pourquoi la ville était tapissée de noir. L'hote lui répondit que dans un château, situé à prés de deux heures de marche, habitait un monstre à sept tètes et que de la ville, tous les matins, on était obligé de lui envoyer une jeune fille à manger, sinon la ville aurait été détruite; l'hôte ajouta que, le lendemain matin, c'était le tour de la fille du roi. Le lendemain matin, la fille du roi, les cheveux sur les épaules, toute habillée de noïr, accompagnée de quelques personnes, allait au château du monstre; elle s'en allait en avant, pleurant doucement. Giouanin, qui était monté à cheval après les autres, rencontrant l'escorte qui était de retour, éperonna son cheval et rejoignit la fille du roi à qui il demanda ce qu'elle avait et pourquoi elle pleurait. Elle lui dit qu'elle allait être mangée par le monstre et elle le supplia de s'en retourner s'il ne voulait subir le même sort. Giouanin l'encouragea, la mit sur son cheval et lui dit : « Tenez-vous pour dit que k monstre ne mangera ni vous, ni moi, ni aucun autre, si ma bonne épéc ne me trahit point, a Quand ils furent arrivés près du château ils aperçurent le monstre qui leur fit : n Ah, ce niatin j'ai les morceaux doubles, j'en suis vrai-

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ment satisfait. » Giouanin lui répondit : « IL faut les gagner auparavant; or donc prends ton sabre et avance avec tes sept têtes! » Puis il dit à la tille du roi ; « Tiens-toi tranquille derrière bel et bien perdu ! » Le t lui répondit : o Qui crois-tu être, toi qui viens me défier; mais allons, je ne veux pas le mécontenter, viens ! » Giouanin l'assaillit et du premier coup d'épée lui coupa trois têtes. Le monstre demanda un moment de répit, se remit les têtes et se retourna Furieux sur Giouanin. 11 agit ainsi trois fois, mais à la quatrième Giouanin ne lui accorda point de trêve et d'un second coup d'épée lui coupa les quatre autres têtes. La fille du roi, toute heureuse, lui dît : « Venez maintenant chez mon père recevoir le prix que vous avez mérité. » Giouanin coupa les sept langues du monstre, les mit dans sa poche et dit à la fille du roi : « Je ne puis vous suivre maintenant. Attendezmoi un an et un jour; si je ne suis pas de retour dans cet espace de temps, je serai mort. » Ils s'étreignirent !a main et chacun s'en alla de son côté. Sur sa route la fille du roi rencontra quelques charbonniers qui l'arrêtèrent et se fif-ent raconter comment il se faisait qu'elle s'en retournait au lieu d'aller chez le monstre qui, par conséquent, viendrait détruire tout le pays. Quand ils apprirent que le monstre était mort,

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