LE PRÉDESTINÉ
Il y avait une fois un paysan à qui un fils naquit. Cet homme s'en vînt sur la porte de sa cabane contempler les étoiles. Pendant qu'il était là, le roi d'Espagne vint à passer avec sa suite et demanda au paysan ce qu'il faisait. Il dit ; « Je contemple les étoiles parce qu'il m'est né un fils et je cherche à savoir ce que deviendra mon fils en ce monde. « Le roi se mit à rire et dit : 11 Selon vous, que doit devenir votre fils? » Le paysan lui répondit : « Selon les étoiles, mon fils doit devenir roi d'Espagne. ■■ Alors le roi, entendant cela, dit au paysan : « Donnez-le moi, cet enfant, afin que je lui fasse recevoir l'instruction nécessaire. » Elle paysan répondit : « Si je vous donne mon iils, que voulez-vous en faire? Ce que Dieu lui promet
sera quand même, » Et il lui donna son fils.
Alors le roi dit à son serviteur : « Prends cet enfant, porte-le dans le bois et tue-le; tâche de bien faire ce que je te dis. » Ce domestique alla dans le bois, mit l'enfant sous un arbuste iîeuri et dit : « Quelque bête le dévorera, car je n'ai pas le courage de le mettre à mort. » Puis il retourna chez le rot et dit qu'il avait fait ce «qui lui avait été ordonné. Le bois appartenait •à un seigneur qui allait toujours à la chasse le matin, de bonne heure, avec ses chiens. Il «'approcha de cet arbuste et, entendant crier, «dit : e O Dieu, ce matin au lieu de chasser les ■enimaux je fais la chasse au chrétien! » il prit l'enfant, revint chez lui et comme il n'avait pas «d'enfants il dit à sa femme : « Tiens, voïlà ce «que j'ai trouvé ce matin sous un arbuste en fleurs, gardons-le. » Ils le firent baptiser et lui donnèrent le nom de Fiorindo, parce qu'il avait «été trouvé sous des fleurs. Il devint grand et reçut l'instruction nécessaire; il croyait être avec son père et sa mère. Mais un jour, se disputant à l'école, un élève lui dit : a Tais-toi, car tu es un bâtard; si tu t'appelles Fiorindo c'est parce qu'on t'a trouvé sous des fleurs, » Alors il revint à la maison, ne mangea plus et se mit dans la tète d'aller trouver son père et sa mère. Toutes les raisons du monde ne lui tirent point changer d'idée. Alors on lui donna