I. Locution exprimant une grande ardeur de travail
47* les trois pileuses
‘ moi et je verrai si c’est vrai. » Il l’emmena dans son palais, l’enferma dans une chambre où il y avait des vêtements de toute sorte, des pendants d’oreille et des bagues. Il lui laisse un rup * de lin à filer dans la journée et lui fixa l’heure. Elle ne pensait aucunement au lin, mais aux bijoux qu’elle se mit à essayer devant la glace pourvoir si cela lui allait bien. A la fin, comme il ne manquait plus que quelques minutes à I l’heure fixée, elle se mit à pleurer et à se laî menter. En ce moment, elle vit un paquet de chiffons tomber dans l’âtre et une vieille femme en sortir. Cette vieille femme lui dit : « Ne t’effraie pas, car je suis venue pour ton bien : je file et toi fais l’écheveau. » Au quart d’heure tout le lin était bel et bien filé. Pendant le travail le nez de la vieille s’allongeait. Alors la I jeune fille dit à la vieille : « Gomment ferai-je pour vous récompenser? — Moi, je ne veux ! rien autre chose qu’une invitation au dîner du j fils du roi, quand il t’épousera. Il suffit que tu appelles Coloumbina et je viendrai ; mais n’ou- I blie pas mon nom, car tu serais perdue ! » Au i bout d’un instant le fils du roi arriva, il trouva ; le lin filé et, tout à fait content, il dit : « Bien, demain tu en fileras deux rups. » Le lendemain, au lieu de filer, elle fit ce qu’elle avait fait le