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LES SEPT FRÈRES

gesse et en beauté, elle ne pouvait se tenir de lui reprocher de les avoir perdus. La fille, devenue grande, finit par se lasser de cette vie malheureuse et abandonna sa mère pour se mettre à la recherche de ses frères. Elle marcha longtemps demandant à tout le monde si on savait ce qu’étaient devenus ses frères, se disant d’ailleurs que, s’ils étaient réellement aussi gros et grands que le disait sa mère, elle finirait par les découvrir entre mille. Après avoir ainsi cherché longtemps, elle rencontra sur un petit pont une femme qui se berçait dans une coquille de noisette. Elle s’approcha d’elle et lui dit : « Voisine, belle voisine, ne sauriez-vous me dire ce que sont devenus mes frères qui sont grands et gros comme une ville? » Elle lui répondit : « Enlève mes épingles à cheveux et relève mes petites paupières que je voie qui tu es. » La fille fit ce qui lui était demandé et la voisine la regarda bien, de la tête aux pieds, puis, lui dit : « De tes frères, je ne puis rien te dire; mais adresse-toi à mon compère le Soleil, lui, qui va partout, saura bien te dire quelque chose. D’ailleurs, voilà un sac de noisettes elles te serviront sous peu. » La jeune fille la remercia vivement et se dirigea vers le palais du Soleil qui était resplendissant d’or et de pierres précieuses. Une belle jeune fille habillée de blanc vint lui ouvrir et lui dit : « Belle fille, où

es-tu venue? tu ne sais donc pas que le Soleil, à peine arrivé, te mangera ? — Ayez patience, » répond la visiteuse, « c’est une vieille se berçant dans une coquille de noisette qui m’a envoyée ici demander des nouvelles de mes frères qui sont grands et gros comme une ville. N’en savezvous rien? — Il faut attendre le retour du Soleil qui mange ceux qu’il rencontre ici; cependant, je lui donnerai à manger, à son arrivée, et bien à boire, mais je ne réponds de rien. — On m’a donné ce sac de noisettes, je les remets en vos mains. — Alors, ne craignez plus, je réponds de tout. Entrez et allez vous cacher dans la chambre la plus éloignée du palais. » Vers le soir le Soleil retourna, et tout le palais parut s’incendier; les perles et l’or brillaient comme des étoiles, une musique charmante l’accompagnait. Il entra, la belle jeune fille s’avança vers lui, le soleil l’admira quelque temps, le portail se referma, la musique et les chants cessèrent. Le Soleil se mit à table avec sa compagne, il mangea et but et puis se reposa. Alors sa compagne lui dit : « Voici des noisettes qu’envoie ta commère, en veux-tu? — J’ai bien mangé,

mais si elles sont belles . Elle apporta le sac

de noisettes et il les mangea toutes. Alors sa compagne lui demanda ; « Ne mangerais-tu pas quelque chose encore? — Non ! — Vraiment, plus rien? Non! — Alors il faut que je te dise :

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