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LES SEPT FRÈRES

il y a ici une jeune fille qui voudrait te demander des nouvelles de ses frères. — Fais-la monter. » La jeune fille est appelée et le Soleil lui fit raconter son histoire. Attendri il lui dit enfin : « Demain à midi, va-t-en sur la grande place tu les verras tous les sept. » En effet, le lendemain, à midi juste, la jeune fille vit arriver sept géants qui allèrent se coucher et dormir sur la grande place. Ils étaient en haillons et sales. Après avoir dormi, six d’entre eux se levèrent et partirent, laissant le septième continuer son somme. La jeune fille s’approcha, le deshabilla entièrement, se mit à recoudre les boutons et à laver les vêtements de son frère; puis après les avoir fait sécher, elle les lui remit. Lorsque le frère se réveilla, il fut tout étonné de se trouver aussi propre. En arrivant chez lui, il jouit de l’étonnement de ses frères et l’un d’eux dit : « Demain, je resterai et nous verrons s’il m’en arrivera autant. » Il fit comme il l’avait dit et eut la même chance. Chacun des frères eut son tour; mais le dernier plus avisé que les autres et se demandant qui pouvait agir ainsi, fit semblant de dormir et vit tout ce qui se passait. Lorsque, après l’avoir revêtu de ses vêtements mis en ordre, la jeune fille voulut s’en aller, il la retint par son cotillon et lui demanda qui elle était. La jeune fille avoua qu’elle était sa sœur et le géant, content d’avoir une pareille

sœur, l’emmena chez ses frères. Ceux-ci furent heureux d’avoir une ménagère et il la chargèrent des affaires de la maison, lui recommandant surtout de ne pas laisser éteindre le feu pour ne pas avoir besoin de la voisine. Elle fut fort attentive et le feu était conservé ; mais un jour, en entrant dans sa cuisine, elle trouva le feu éteint. Elle ne voulut point le dire à ses frères et elle s’en fut chez la voisine qui lui donna très gracieusement ce qui fallait pour rallumer son feu éteint, à la condition que, tous les matins, elle viendrait lui donner son petit doigt à sucer à travers du trou de la serrure. Au bout de quelque temps les frères s’aperçurent que leur sœur dépérissait et devenait maigre, pâle et maladive; ils l’interrogèrent et apprirent ce qui était arrivé. Aussi ils montèrent chez la voisine et lui dirent : « Ou vous rendrez à notre sœur tout le sang que vous lui avez enlevé, ou nous vous rouons de coups. » La sorcière prise de peur consentit et chaque matin la jeune fille allait mettre son petit doigt dans le trou de la serrure et la sorcière lui rendait, petit à petit, le sang qu’elle lui avait enlevé. Bientôt la jeune fille revint à la santé et ses joues redevinrent roses comme auparavant. Alors les frères, pour éviter le péril, changèrent de demeure et vinrent habiter en face du palais royal. Le fils du roi, voyant chaque jour cette

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