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LES SEPT FRÈRES 3oj

belle jeune fille, finit par s’éprendre d’elle et par demander la permission de l’épouser. La mère qui ne voulait pas que son fils épousât une fille de basse condition, fit tout ce qui est possible de faire pour l’en empêcher; mais il fit tant et tant qu’il réussit à l’obtenir. Le mariage se fit; mais le prince fut bientôt obligé d’aller à la guerre. La belle-mère, méchante et orgueilleuse, profita de son absence pour se venger. Elle fit prendre un grand baquet de lait et elle y fit mettre les sept frères qui furent changés en sept cochons; puis elle fit prendre la jeune femme qui allait accoucher et la fit jeter dans la mer où elle fut avalée par un espadon. De retour de la guerre le roi demanda immédiatement des nouvelles de sa femme et sa mère lui dit: «Ta femme est morte et ses frères m’ont plantée là pour aller on ne sait où. » Le roi, malheureux et triste, ne savait que faire et penser, spécialement quand elle lui disait : « Pourquoi gardons-nous ici ces porcs; tuons-les ils ne nous donnerons pas tant d’ennui. » Mais le roi ne se décidait point parceque les porcs se montraient heureux d’être près de lui et bondissaient autour. En attendant dans les environs les personnes entendaient ces lamentations : « Sœur, belle sœur, l’eau s’échauffe et les couteaux s’apprêtent à être plongés dans notre cœur! » Et une voix répondait : « Frères, beaux

frères, faites des gentillesses au roi qui ne vous fera point tuer! » La chose ayant été rapportée au roi, il voulut s’assurer du fait. En effet, à peine fut-il aux écoutes qu’il entendit : « Sœur, belle sœur, l’eau s’échauffe et les couteaux s’apprêtent à être plongés dans notre cœur! » Et la voix habituelle répondit : « Frères, beaux frères, il m’est né un petit enfant, je ne sais comment le mettre dans des langes ; je suis dans l’estomac de l’espadon! » Le roi, alors, furieux et sachant de quoi sa mère était capable, alla vers elle et lui dit : « Ou vous me rendrez ma femme, mon fils et les sept frères, ou je vous tue! » Quoique de bien mauvais gré, elle fit aussitôt prendre les sept cochons et les fit redevenir hommes; puis elle se fit apporter l’espadon, le fit ouvrir et l’on trouva dans son estomac la femme du roi et le petit enfant qui allaient mourir suffoqués. Alors le roi fit prendre sa mère, la fit conduire sur la grande place après l’avoir fait revêtir d’une chemise de goudron, et la fit brûler.

Cotité par Gemma Giannetti.

Comparer : 19, 37, 5i. — Scbillot, I, 26; II, p. 1 5 1 . — Webster, p. 187. — Grimm, 9. — Basile, IV, 8. — Comparetti, 47. — Visentini, 16. — Hahn, 96.

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