‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 145 sur 151 · MOUSTACHES DE CUIVRE 3ll · texte numérisé non relu

MOUSTACHES DE CUIVRE 3ll

pas découvrir un endroit habité : il aperçut une lumière, mais loin bien loin. Pour ne pas se tromper sur la direction à suivre, il jeta son chapeau du côté de la lumière, il descendit de l’arbre, retrouva le chapeau et avec ses compagnons, se dirigea vers la lumière lointaine. Ils marchèrent trois ou quatre heures, et enfin ils parvinrent à la porte d’un beau palais rempli de lumières. Ils frappèrent à la porte, ils appelèrent, personne ne répondit. Alors ils entrèrent dans le palais où ils trouvèrent une table bien servie, du feu dans la cheminée et des lits tout prêts à les recevoir, enfin tout ce qui leur fallait. Ne voyant personne. Moustaches de Cuivre, sans faire plus de compliments, s’assit à table et se mit à manger à quatre mâchoires. Ses compagnons, légèrement effrayés cependant, se mirent à en faire autant. Après avoir bien mangé et bien bu, ils se couchèrent et s’endormirent. Le lendemain matin nos trois compagnons sautèrent du lit et visitèrent la maison. Le vin dans la cave ne manquait pas, la chasse pouvait leur fournir le reste. En effet. Moustaches de Cuivre et Cœur de fer sortirent et se mirent en chasse, Divise-os resta à la maison. Il alluma le feu. En ce moment, une vieille femme se présenta et lui demanda l’aumône. Pendant qu’il se retournait pour prendre un morceau de pain, la vieille tira une baguette de fer de dessous son

tablier et se mit à le battre si fort qu’elle le laissa à moitié mort et s’enfuit. Lorsque les deux autres compagnons arrivèrent et le trouvèrent au lit, Divise-os, qui n’osait point avouer qu’il avait été roué de coups par une vieille femme, leur dit que l’air du château ne lui convenait pas et qu’il ne voulait pas rester seul. Cœur de fer lui répondit alors que le lendemain il resterait à sa place, pendant que lui, Divise-os, irait à la chasse avec Moustaches de Cuivre! Cœur de fer resta donc et la vieille vint lui demander la charité, puis le battre comme elle avait battu son sompagnon. Il comprit pourquoi l’air du château déplaisait à Divise-os et se dit : « Demain, Moustaches de Cuivre restera et nous verrons comment, lui, qui fait le bravache, se tirera d’affaire. — Tiens, à toi aussi l’air du château est défavorable, )) dirent les chasseurs en arrivant! « Demain je resterai, » dit Moustaches de Cuivre, « pour garder le château. » Le lendemain ceux qui avaient attrapé les coups partirent et l’autre resta. En marchant les deux camarades se disaient : « En ce moment Moustaches de Cuivre reçoit sa part, nous verrons bien si l’air du château lui est défavorable également. » Vers dix heures la vieille vint demander l’aumône à Moustaches de Cuivre. « Comment veux-tu que je te donne quelque chose, » dit le soldat, « je

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