TRIBORD-AMURE
moment où il disait cela, on soulève encore la trappe en haut; le jeune homme descend et voit que le dragon était malade et il finit de Tassommer; puis il dit à la fille du roi : «Ce n’est pas le tout, il faut que je te conduise à ton père ; allons à la garde de Dieu, je ne sais si nous pourrons y arriver parce que j’ai un bien petit bateau. » Ils partent et font du chemin ; le temps n’était guère favorable. Ils finirent par découvrir un navire, mais bien loin. Il s’enleva la chemise et la mit au bout d’un bâton. La fille du roi lui fit présent d’un anneau, une alliance avec un diamant qu’elle avait. Il se trouve que ce bateau était le même qui avait abandonné Tribord-amure, avec le même capitaine. Et voilà que le capitaine reconnaît Tribord-amure et il les fait monter à bord avec beaucoup de bonnes manières. Ils étaient déjà bien près du pays où ils devaient aborder. On fit boire ce pauvre diable et on le fit enivrer. Ce capitaine alors dit à la fille du roi : « Il faut que vous me fassiez le plaisir de dire à votre père que c’est moi qui vous ai sauvée et non pas cet ivrogne. » La fille du roi dit qu’elle ne pouvait dire ni oui ni non. En entendant cela le capitaine fut fâché et trouva le moyen d’avoir quelque chose à reprocher à Tribord-amure. Il le fit mettre de nouveau dans le petit bateau pour le perdre; puis.
il file droit et arrive vite au pays; mais voilà que Tribord-amure dans son petit bateau arrive au même port tout couvert d’algues. Quand ils furent arrivés au port une grande bande de musiciens étaient là pour attendre la fille du 1 roi. Le capitaine prit le bras de cette fille du roi pour l’accompagner sur la planche; et Tri- j
bord-amure fit le tour de la planche et alla i
passer devant la fille du roi. Le capitaine re- ' connut Tribord-amure et se dit : « Je suis perdu, mais quand même, perdu pour perdu, !
allons de l’avant. » Le roi, content que le ca- i
pitaine lui eut ramené sa fille, lui dit : « J’ai dit que celui qui me ramènerait ma fille devien- , drait son époux; capitaine, je vous donne ma fille. » Content d’un côté il était triste de l’autre. On donna un grand repas à l’occasion du mariage de la fille du roi. Ce Tribord-amure s’habilla en vitrier et s’en vint passer devant la cuisine du roi. Il s’y trouvait une vitre cassée, La cuisinière voulut la faire mettre immédiatement, de manière que le roi ne s’en aperçût point. Elle fait entrer ce vitrier pour placer la vitre. On reconnut la bague avec le diamant et on l’invite à monter devant le roi pour s’assurer qu’il était ce qu’il paraissait être. Le ^
dîner était presque terminé et le capitaine ra- -il
contait ce qu’il avait fait pour sauver la fille du \
roi. Tribord-amure se met lui aussi à raconter