LA FEMME EMPLUMÉE
IL y avait un homme qui avait douze enfants;
il arriva que pour le treizième il n’osa plus aller chercher un parrain et une . marraine ; alors sa femme lui dit : « Vas-y pendant la nuit, de manière que personne ne te connaisse. » Il trouva un homme âgé tout déchiré qui l’appela par son nom et lui demanda ce qu’il avait pour être si triste. Alors il lui dit qu’il avait treize enfants et qu’il n’avait pas grand chose à leur donner à manger et qu’il était triste pour cela et parce qu’il cherchait un parrain et une marraine. Alors ce vieillard lui dit qu’il était un des mieux partagés du monde puisqu’il avait douze enfants, et il lui a dit qu’il y avait de grands seigneurs riches qui auraient payé des
milliards pour avoir un enfant; alors en même temps il lui dit s’il voulait qu’il fût parrain. Alors l’homme se retourna et dit qu’il n’avait aucune difficulté à l’accepter comme parrain ; mais qu’il s’était aperçu qu’il était pauvre comme lui. Alors il lui dit : « Marche un peu plus loin, tu trouveras un grand seigneur. » Quand il fut un peu plus loin, il vit ce seigneur à cheval qui l’appela par son nom. Il lui dit ce qu’il avait à être si triste. Alors le seigneur lui dit : « Ne sois pas si chagrin, je ne fais aucune difficulté pour être le parrain, mais, moi, dans l’église je ne puis aller; obtiens que je le sois par procuration, car je t’envoie des domestiques, ils te porteront du pain, des vermicelles, de la viande, de l’argent et de tout, jusqu’à ce que ton fils ait sept ans et trois jours. » Quand il eut dit cela il dit encore : « Ce n’est pas le tout, il faut que tu me le donnes lorsqu’il aura sept ans et trois jours. » Alors ce pauvre homme s’en vint tout chagrin à la maison et dit à sa femme : « Tip m’as mal conseillé, tu m’as fait sortir la nuit et je suis malheureux parce qu’il m’a demandé qu’après sept ans et trois jours mon fils devienne le sien. » Alors sa femme lui dit ; « Ne sois pas si triste et, lorsque tu rencontreras ton compère, tu lui diras que l’enfant ce n’est pas toi qui l’a fait, que c’est moi qui l’ai fait, et tu lui diras comme ceci, que, s’il