I. Consomptif
"2. Êtres surnaturels, en géiie'ral.
l3. LE POT DE TERRE
dans son pays; mais elle ne voulut point partir avant trois jours pour faire deux opérations. Elle alla chez l’épouse avec de l’eau bénite, elle lui lava l’anneau qui était plein d’une espèce de poussière; et puis, chez la vieille dame à qui elle trouva un morceau de peau sur la pointe du cœur. Elle les guérit toutes deux. Le seigneur la fit transporter au pays. Quand elle fut arrivée, on fit un grand repas et une bonne noce, et elle fit savoir que la sœur de sa mère allait la nuit avec les matagous, les coiissé et les mauvais esprits; mauvaises gens qui abandonnent leur âme au démon!
Conté par Angeline Laurenti dite La Loiila.
Comparer ; 26.
IL était autrefois un homme qui avait trois Hiles. Et il y avait un jeune homme qui, le jour, était crapaud, mais beau garçon la nuit, et qui voulait en épouser une. Une de ces trois Hiles lui dit ; « D’un crapaud je ne veux point pour époux. » Le lendemain, la deuxième lui dit aussi qu’elle ne le voulait pas parce qu’il n’était qu’un crapaud; le surlendemain, la dernière des sœurs y fut le voir et l’accepta. Alors il lui dit comme ceci : « Bien, alors nous nous marions, ma pénitence est faite; mais ne dis rien à tes soîurs. » Elle ne tint pas parole, et il lui dit : « Tu as parlé à tes sœurs et on m’a doublé ma pénitence ; et toi, aide-moi à la faire pour que je termine plus vite. » Alors elle lui dit : « Que faut-il que je fasse? » Il lui dit : « Ici, tu as un diamant et, si tu trouves quelqu’un qui
pleure ou 'qui a quelque chose, tu lui diras : .« Par la vertu du diamant que cela te passe! et ’cela lui passera. » Alors elle rencontre un enfant ;qui pleure et elle dit : « Donnez-le moi un peu.
I — Vous êtes bien bonne, car il y a tout aujourjd’hui qu’il pleure. » Alors elle lui dit : « Que ipar la vertu du diamant il se taise, qu’il danse et qu’il saute, » et il le fit. Elle alla chez une femme à qui elle dit de la prendre pour domeshique : « Eh, il n’y en a même pas pour nous! — Allez, vous ne vous en repentirez point! » Le lendemain, elle se mit à faire le pain et dit : p( De par la vertu du diamant que tous viennent jacheter dans la boutique ! » Le soir on refit de jnouveau le pain et, de par la vertu du diamant, lils vendaient tout et qui entrait et qui sortait. Il ly avait trois jeunes gens qui se sont e'namourés ide cette femme. Alors ils lui dirent d’aller dormir avec eux. Elle leur dit que oui. Alors ils lui demandèrent le prix. L’un offrit deux mille francs; l’autre, mille et le dernier mille aussi. Un soir, le premier y fut, celui des deux mille francs. Il lui compta ses deux mille francs. Alors elle brassait le pain et remettait le levain et elle lui dit de tamiser cette petite quantité de farine et que, de par la vertu du- diamant, il
Ï continuât à tamiser jusqu’au lendemain. Le lendemain vint l’autre; il lui compta ses mille francs et elle lui dit de souffler un peu le feu et
que, de par la vertu du diamant, il soufflât jusqu’au lendemain matin! Il devint gonfle à force de souffler. Le lendemain, elle le chassa lui disant que ce n’était pas la manière de se conduire I Le soir, l’autre y alla, celui des mille francs aussi : « Dis, te voici? — Dis, oui ! » Il lui compta son argent. « Tenez, faites une chose, je refais le levain, moi; vous, fermez un peu la porte. » Par la vertu du diamant qu’il ferme et qu’il ouvre jusqu’à demain matin. Et, le matin, elle le chassa aussi. Alors ces trois hommes se sont mis d’accord tous les trois et ils voulaient la faire appeler. Ils allèrent chez l’empereur qui envoya quatre ou cinq femmes pour la prendre. Alors ces femmes lui dirent : « Belle femme, venez, l’empereur vous appelle. » Alors elle leur dit « Commencez à aller, par la vertu du diamant qu’elles courent, qu’elles se relèvent les jupons et quelles se tapent sur le cul ! » C’était un scandale dans toute la ville. Alors, on lui envoya quatre hommes. Ces hommes lui dirent : « Belle femme, venez avec nous chez l’empereur. » Elle alors, leur dit : « De par la vertu du diamant qu’ils se mettent à jouer à saut de mouton et qu’ils courent l’un après l’autre se sautant sur le dos. » Alors elle alla chez la boutiquière et lui dit : « Vous savez, je m’en vais parce que j’ai fini maintenant et cela peut mal tourner! — Voyez, cela
me fait de la^peine de vous voir partir! » Mais elle ne voulut rien entendre et elle s’en fut avec ses mille francs auprès de son mari le crapaud qui lui dit : « La pénitence est faite et je ne suis plus crapaud! » Alors, quelle fête! Et ses sœurs étaient jalouses de ne l’avoir pas pris comme mari.
Conté par Madame Irène Gêna.
Comparer : 21. — Cosquin, II, p. 27. — Sébillot, I, 16. — Campbell, 3, 12. — Grimm, 88, notes; II, p. 5 14. — Basile, II, 9. — Imbriani, C. P. p. i58. — Hahn, 73, 100. — Steel, 43.
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