‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 47 sur 151 · Q2 COMITES LIGURES · texte numérisé non relu

Q2 COMITES LIGURES

femme et celle-ci de s’écrier : « Et d’un! » Les voleurs se levèrent d’un même mouvement : « Qu’est-ceci, dit l’un? — ■ Un matagan, » fit l’autre! La chaleur, continuant à faire son effet, dégagea l’œil gauche : « Et de deux, » dit la voix! Sur le coup les voleurs détalèrent laissant leur argent et leur butin sur l’herbe. Pendant ce temps, la femme y voyant bien clair, descendit de l’arbre et apercevant l’or qui était éparpillé sur l’herbe, le ramassa, puis s’achemina vers la maison. Son mari était chez lui, assis près de l’àtre, il fumait sa pipe avec béatitude. Tout-à-coup : « Bartoumé !.... Ouvre, c’est moi ! — » Vaï aou Diaoul (Và-t’en au Diable) s’écria-t-il furieux, la voilà qui revient! Je croyais m’en être débarrassé. » Toutefois comme la femme frappait à coups redoublés, le mari ouvrit. « Voilà ce que je t’apporte, » ditelle, et elle montra les sacs d’or. Bartoumé la fit entrer et se mit à compter l’argent et à réfléchir : « Elle est idiote, elle dira bientôt à toute la ville l’histoire de la forêt ; il faut à tout prix que je rende sa langue inutile. » Il ferma la porte et sortit. Il faisait noir dans la rue, néanmoins il s’achemina vers une boutique où il acheta pour plus de dix kilogrammes de macaronis. Il rentra chez lui et envoya sa femme dormir. Pendant qu’elle dormait Bartoumé fit bouillir les macaronis; puis les éparpilla sur les arbres de son

Page 1