‹ Contes ligures, traditions de la RivièreChapitre 55 sur 151 · la main parlante io · texte numérisé non relu

la main parlante io

eussent lieu pour fêter le retour de la princesse, et fit proclamer que l’homme assez habile pour faire à la princesse une couronne, sans prendre mesure, deviendrait son époux. Mais par contre si la couronne présentée n’allait pas à la princesse, le malheureux aurait la tête tranchée. C’est pourquoi personne ne se hasardait à essayer l’épreuve. Tandis que la princesse ne songeait qu’à son bonheur, son sauveur, qui continuait à errer ça et là, finit par arriver aussi dans le pays qui appartenait au roi. « Je SUIS sûr de ma réussite », se dit-il, en apprenant cette ordonnance. Il acheta un sac de noix et alla s’enfermer dans une boutique inoccupée. Il passa toute la nuit à casser des noix afin de faire croire qu’il travaillait. Le lendemain matin, il se rendit au palais et demanda à parler au roi : « Sire, dit-il, voici la couronne. — Allons l’essayer, dit le roi, si elle ne va pas à ma fille c’en est fait de vous ! » Et ils se rendirent chez la princesse. Là on sortit la couronne de sa boîte; c’était la cage où l’oiseau avait été enfermé et qui n’était autre chose que l’ancienne couronne de la princesse. On la lui mit sur la tête, elle lui allait à ravir. Alors le roi dit ; « Puisque, sans prendre mesure, vous avez réussi à fabriquer la couronne, je vous donne la main de ma hile. » Alors la princesse dit au hls de l’aubergiste : « Il ne tient qu’à

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moi de vous faire trancher la tête en disant au roi que cette couronne n’est autre chose que ma cage et que vous l’avez trompé en prétendant que c’était votre ouvrage; mais vous m’avez sauvée et je veux vous sauver, à mon tour. Pourquoi m’avez vous laissée seule le jour des noces de votre parent N’auriez-vous pas pu m’emmener? C’est pourquoi, pour vous punir, je me suis envolée. » Sur quoi, le jeune homme lui demanda humblement pardon de l’avoir laissée seule. Quelques heures plus tard le mariage fut célébré, et les deux époux vécurent de longues années entourés de nombreux enfants.

Conté par Maria Aprosio dite La Bastiera.

Comparer : Cosquin, II, p, 1 3g, iqS. — Grimm, 46. — Imbriani, N. F. 72. — Visentini, 39. — Hahn,

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