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LE POT DE TERRE

Variante I.

UNE vieille sorcière avait un fils qui s’était marié. Tous les soirs, à la même heure, la vieille mère quittait ses enfants, pour aller ils ne savaient où. A la fin, la belle-fille se dit : « Il y a là un mystère que je veux découvrir », et elle se mit à épier sa belle-mère. Un soir, elle l’entendit qui murmurait :

« Ougné, Oiigné pignatan « Pouarta me donna é aontré san ! ' »

Dès qu’elle entendit ces paroles elle accourut dans la chambre de sa belle-mère et ne trouva personne. « Elle a disparu! » s’écria-t-elle, « disons comme elle, et voyons si je disparaîtrai :

t. Oint, oint pot de terre, porte-moi où les autres sont. ,

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« Oiigné, O ligné pignatan « Poiiarta me soubré donna é aoutvé san ! ' »

Soudain elle fut transportée sur un noyer audessous duquel des sorciers et des sorcières tenaient leur sabbat; sa belle-mère se trouvait parmi eux. Elle se tint bien tranquille et écouta ce qui se disait. Après avoir tenu conseil le sorcier en chef s’adressa à la vieille sorcière et lui dit : « Demain matin tu te changeras en une grosse racine et tu te placeras sur le chemin de ton fils lorsqu’il se rendra à la campagne; la mule fera un faux pas et son maître se cassera le cou. )) La vieille sorcière ne répondit rien, obligée qu’elle était de faire tout ce qui lui était ordonné. Le sorcier dit encore : « Je veux que le fils du roi meure d’une maladie de langueur, et que dès cet instant ses forces commencent à décliner. — ■ Mais, » dit une des sorcières, « si l’une de nous voulait le guérir, que faudrait-il faire? — Cela ne sera pas, » répondit le maître.

« Pourtant je vais vous indiquer le seul remède. » Il énuméra alors une foule d’herbes qui devaient composer ce remède souverain. Un silence se lit. « La séance est levée », cria tout à coup le sorcier et tous de disparaître. La belle-fille restée sur l’arbre se hâta de murmurer les paroles

I. Oint, oint, pot de terre, porte-moi au-dessus de l’endroit où sont les autres.

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