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LE ROI d’aNGLETERRE

avoir dit cela au père, le vieillard s’en alla. Alors le père et la mère élevèrent l’enfant et le mirent à /école, et voyant qu’il apprenait bien, lorsqu’il eut quinze ans, ils lui donnèrent la lettre. Sur cette lettre ily avait écrit que l’enfant devait aller trouver son parrain qui était le roi d’Angleterre et que, dans le voyage qu’il ferait, il aurait à se garder d’un bossu, d’un boiteux et d’un teigneux. Le garçon après avoir lu cette lettre dit : « Mon père, je pars et je vais trouver mon parrain. » Et son père lui donna de l’argent et un cheval. Le jeune homme partit; il fit trois ou quatre journées de chemin et rencontra un homme qui lui dit : « Beau jeune homme, où allez-vous? — Je vais en Angleterre. — Et moi aussi, nous nous tiendrons compagnie. » Lorsqu’ils eurent cheminé ensemble pendant quelque temps, le jeune homme s’aperçut que, de temps à autre son compagnon clignait de l’œil ; alors il l’abandonna, pensant que c’était le bossu ' dont on lui avait dit de se garder. Il continua sa route et, après deux ou trois journées de chemin, il rencontra un autre homme, et lui dit la même chose qu’à l’autre; mais s’étant aperçu qu’il était boiteux, il le laissa. Il fit encore une même quantité de chemin et rencontra un au-

I. Il y a ici apparemment confusion de deux personnages, un louche et un bossu, causée probablement par deux variantes du cojite.

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tre homme qui était teigneux; mais il avait la perruque si bien arrangée qu’il ne pût s’en apercevoir. Et il l’accepta pour compagnon. Ils arrivèrent le soir à une auberge, ils mangèrent et ils burent, et puis ils demandèrent à être logés ensemble. Le jeune homme qui était à cheval, remit tout son argent à l’aubergiste pour qu’il le gardât jusqu’au lendemain. Dans la nuit, le teigneux se leva et s’en fut chez l’aubergiste et lui dit : « Mon maître a dit que vous me donniez l’argent et le cheval », et il s’en alla. Le jeune homme, le matin, se leva et alla chez la patronne pour se faire rendre l’argent et le cheval. La patronne lui dit : « Votre domestique, cette nuit, est venu; il a tout pris et il est parti. » Et le jeune homme se mit à pleurer et se dit : « Le teigneux m’a joué ! » et il partit à pied. En route il vit son cheval attaché à un arbre et il alla pour le prendre. En ce moment le teigneux parut armé d’un grand pistolet. « Il faut que tu me serves de domestique et que tu fasses ce que je veux, sinon je te tue et tu ne pourras me faire reconnaître que trois jours après ta mort h » Et ils partent, le maître à pied et le teigneux à cheval, et ils arrivent en Angleterre. Le teigneux se fit passer pour le filleul et l’autre pour son domestique. Il fit placer le

r. Détail incomplet, manquant la suite.

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